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Belize : entre défis et belle vie

  • Vivre au Belize
    © Kristin Harling
Interview
Publié le mois dernier

Kristin a vécu entre la Caroline du Nord et du Sud avant de s'envoler, en 2015, pour le Belize : un pays dont elle s’était éprise lors d'un semestre d’études à l’étranger. C'est avec sa famille qu'elle décide d'y poser ses valises, avec un projet en tête. Même si les choses ne se sont pas passées comme prévu, elle n'a jamais baissé les bras et fait de sa vie au Bélize une nouvelle expérience chaque jour.

Bonjour Kristin, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de ton parcours ?

J'ai grandi en Caroline du Sud, mais j'ai aussi vécu dans l'Indiana, le Colorado et la Caroline du Nord. Ma carrière se définit en plusieurs étapes : assistance aux personnes âgées, rédactrice freelance, etc. J'ai aussi participé à la mise en place d'une école démocratique et, avant de déménager au Belize, j’étais à la tête d'un service de couches en tissu en Caroline du Sud.

Je me suis installée au Belize en 2015, mais j'y avais déjà passé un semestre durant mes études. Ce fût une expérience extraordinaire sur tous les plans et c'est d'ailleurs ce qui m'a motivé à venir vivre ici. Cependant, je n'avais jamais eu le courage de le faire avant. Avec ma famille, nous vivons dans le petit village de Monkey River Town. Nous avons pour projet de créer au moins une entreprise après avoir obtenu notre résidence permanente. Il est plutôt difficile d'obtenir un permis de travail ici, ce qui m'encourage à travailler à distance pour l'instant. Je suis donc rédactrice et dirige, parallèlement, une entreprise qui encourage les familles aux États-Unis, au Canada et en Australie, à se tourner vers les panneaux solaires.

Quelles étaient les formalités à remplir pour que tu puisses t'installer au Belize ?

Il faut un visa, mais dans la plupart des cas, un visa de touriste valable 30 jours maximum suffit. Après, cela dépend des gens et de leur intention. Certaines personnes arrivent avec toutes leurs affaires et d'autres avec deux valises seulement. Nous sommes arrivés avec très peu de choses comme nous avions choisi de déménager nos affaires par voie maritime. Les douanes beliziennes sont un véritable casse-tête. La taxe sur l'importation est également très élevée. Nous devions nous rendre à l'immigration tous les 30 jours. Pour les six premiers mois, nous avons payé 25 $US et pour le reste c'est 50 $US par mois. Une fois que l'on obtient la résidence permanente, il n'y a plus besoin de payer, mais les procédures prennent généralement trois à quatre ans.

Parles-nous de ce que tu aimes le plus et le moins au Belize.

J'aime vraiment la variété des écosystèmes, avec des montagnes, des bois de pin et forêts tropicales, les mangliers et les rivières, l’océan, sans oublier les îles et les récifs coralliens. J'aime aussi la culture et le style de vie décontractés. L'on est jamais pressé et il y a moins de stress. On arrive ainsi à accepter les choses comme elles sont.

Ce que j'aime le moins, en revanche, ce sont les ordures. C'est vraiment atroce. Les gens ont tendance à jeter leurs déchets par la fenêtre et cela me met dans tous mes états. Il est vrai que les choses commencent à s'améliorer, mais ce n'est jamais assez. L'homophobie est aussi très présente ici, et c'est vraiment dommage. Bien que certaines lois soient en train d’être amendées, j’attends de voir que la mentalité suive.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à ton arrivée au Belize ?

Ce qui m'a le plus surpris c'est la difficulté avec laquelle je me suis installée ici et j'en parle d'ailleurs sur mon blog. J'ai été séduite par le Belize il y a bien des années et j'avais toujours eu l'impression qu'il serait facile de vivre ici. Il faut dire le contraire. J'aime bien ce pays, mais ce n'est pas toujours évident. Je dirai même que c'est un véritable défi.

Qu'est-ce qui caractérise le marché du travail belizien ? Est-il facile pour un expatrié d'y être embauché ?

Il est pratiquement impossible de travailler ici en raison du taux élevé de chômage. Pour vous recruter, une entreprise doit être en mesure de prouver que les compétences recherchées ne sont pas disponibles localement. Les frais pour l’émission d'un permis d'un travail sont de 1 000 $US. Les expatriés peuvent toutefois créer une entreprise ou tout simplement travailler à distance. Une fois le permis de résident en poche, on peut alors travailler comme tout le monde.

Est-il difficile de trouver un logement au Belize ? Quels sont les types de logements disponibles ?

Le Belize est plutôt une destination touristique : il y a donc un vaste choix de logements. La plupart des expatriés louent des maisons modernes dotées de facilités telles que la climatisation, etc. Comme les terres résidentielles sont plutôt abordables, tout comme la main-d’œuvre, de nombreux expatriés préfèrent construire leur propre maison. Les Beliziens, pour leur part, vivent dans de simples petites maisons en bardeau. Certains expatriés vivent aussi dans des maisons d'une ou deux chambres.

Quels sont les festivals les plus populaires et les principaux codes culturels au Belize ?

Septembre est un mois particulièrement festif. Ça commence par la commémoration de la bataille de St. George's Caye le 10 septembre, suivie de la fête de l'indépendance le 19 et les célébrations s’étendent sur plusieurs semaines. Noël est également l'un des moments les plus festifs de toute l’année, même si c'est différent des États-Unis. Il s'agit plus de bien manger, faire la fête et passer du temps en famille que d'offrir des cadeaux aux enfants. Pâques est plus ou moins similaire, avec des festins bien arrosés et des courses de bateaux. Le jour de l’Établissement Garifuna, on célèbre avec ferveur l’arrivée du peuple Garifuna au Belize.

Que penses-tu du mode de vie belizien ? A quoi ressemble le quotidien d'une expatriée au Belize ?

La vie est vraiment calme et paisible ici. Les Beliziens ont un mode de vie décontracté, ce qui fait que tout se passe au rythme belizien, et cela me convient parfaitement. Nous travaillons à domicile et, comme nos enfants ne sont pas scolarisés, nous avons un quotidien plutôt flexible. On se lève quand on en a envie, en gardant tout de même un certain équilibre entre notre vie privée et professionnelle. On passe beaucoup de temps avec les enfants, à faire la cuisine et à l'entretien de la maison. Comme nous vivons dans un petit village, à l'embouchure de la rivière des singes, nous allons une fois par semaine en ville pour faire nos courses. Nous avons non seulement une rivière et la mer à proximité mais aussi une jungle où nous faisons une petite randonnée dès que nous en avons l'occasion.

Quels sont les moyens de transport disponibles au Belize ? Comment te déplaces-tu ?

Il y a un peu de tout ici. Les bus sont fiables et réguliers, mais souvent bondés et inconfortables. La plupart des routes sont dans un piteux état. On trouve également des taxis un peu partout, lamentables mais peu chers la plupart du temps. On a de petites pistes d'atterrissage desservies par des transporteurs locaux fiables, sans oublier les bateaux-taxis allant jusqu'aux cayes. En revanche, faites attention à vos affaires en montant à bord.

As-tu eu des difficultés à t'adapter à ton nouvel environnement et à la société belizienne ?

Je pense qu'on s'est plus ou moins adaptés. Je me sens d'ailleurs plus intégrée au Belize que dans n'importe quel autre endroit. Nous sommes rentrés aux États-Unis pour les vacances en décembre dernier, et cela a été plutôt dur. Nous étions comme des étrangers dans notre propre pays. Je pense que nous avons adopté, en quelque sorte, la mentalité et la manière de faire des Beliziens, mais cela n'a pas été si gênant en fin de compte. J'aime bien la chaleur et l’humidité et je suis à présent immunisée contre la plupart des insectes.

Que fais-tu de ton temps libre ? Y a-t-il au Belize des activités nocturnes pour les fêtards ?

Comme nous avons des enfants, nous passons une bonne partie de notre temps à l’extérieur. Le Belize possède d'innombrables richesses allant des récifs coralliens et des belles plages aux rivières, cascades, montagnes, caves et anciennes ruines. Nous aimons aussi nous baigner à la rivière ou la mer.

Il y a, bien sûr, une vie nocturne, mais les Beliziens se couchent généralement tôt et, donc, tout est fermé aux alentours de 23h. Les lieux touristiques restent parfois ouvert un peu plus tard que d'habitude.

Quelles nouvelles habitudes as-tu adoptées au Belize ? Quelles vieilles habitudes as-tu laissé tomber ?

Nous mangeons plus sain à présent. Il n'y a pas une seule chaîne de restauration rapide ici. Le Bélize est peut-être le seul pays au monde où il n'y a pas de McDo ! On consomme généralement des produits locaux. C'est vraiment dommage de ne pas avoir d'avocats quand c'est la saison, mais c'est aussi rassurant de savoir que ce que l'on consomme est produit localement.

Je suis moins stressée depuis que je vis ici. Aux États-Unis, on se précipitait constamment. Ici, mes journées sont plus relax.

Quel est ton avis sur le coût de la vie au Belize ?

La vie est certainement moins chère lorsque l'on est prêt à vivre comme un local, bien que plus chère que dans certains des pays voisins. Si vous venez d'Europe, du Canada ou des États-Unis et que vous souhaitez préserver votre style de vie, il faut être prêt à payer le prix.

Y a-t-il quelque chose que tu voudrais faire au Belize mais dont tu n'as pas encore eu l'occasion ?

Jusqu’à présent, je ne suis jamais allée au guichet automatique, ce qui est absolument ridicule ! N'est-ce pas ? Je dois y aller un de ces jours. Et puis, je n'ai encore jamais fait de plongée ici, même si j'ai mon brevet. J'ai tout de même eu l'occasion de faire, une fois, de la plongée en apnée. Je me demande si on n'est pas pauvres, ou alors, vraiment pauvres !

Quel est ton meilleur souvenir du Belize ?

La première chose qui me vient à l'esprit c'est une randonnée jusqu'au sommet du 1000 Foot Falls pour contempler le lever du soleil. C’était lors de mon premier séjour à Belize. J'ai, bien sûr, plein de bons souvenirs, mais ça reste l'une de mes expériences les plus mémorables.

Si tu pouvais repartir à zéro à Belize, que ferais-tu différemment ?

J'aurai opté pour le travail à distance, ce qui m'aurait permis d’être plus stable sur le plan professionnel. Je pense qu'il s'agit de l'aspect le plus important d'une expatriation. Il ne faut jamais croire qu'il sera facile de trouver un emploi ou créer une entreprise.

Que penses-tu de la cuisine locale ? Quelles sont tes spécialités préférées ?

J'adore la cuisine locale ! Les garnaches sont idéales à n'importe quel moment de la journée. Mes enfants pourraient en manger tous les jours ! Le ragoût de poulet est également délicieux, comme les alevins avec des œufs et les haricots frits. On en prend souvent au petit déjeuner. En revanche, j'ai été très surprise par la queue de cochon. C'est la première fois que je vois ça et c'est vraiment incroyable !

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ?

Mes parents et mon fils ! Une bonne connexion internet aussi !

Es-tu déjà arrivée à un point de vouloir quitter le Belize ?

Tant de fois ! Avant de déménager au Belize, nous avions un projet en tête et nous sommes arrivés avec un plan d'affaires bien établi. Nous avons ainsi présenté une offre incluant 17 000 $US sur un compte bloqué (10%, comme c'est la pratique courante ici). Nous n'avons cependant pas pu compléter cet achat et, donc, nous avons perdu toute la somme. Nous étions totalement dévastés ! Avec un peu de recul, nous avons pu remonter la pente graduellement. Nous avons, par la suite, eu d'autres idées, mais le manque de financement était un obstacle de taille. C'est assez frustrant, mais je préfère toujours être ici qu'ailleurs.

Qu'est-ce qui t'a motivé à écrire ton blog « Solar Super Mom » ?

Comme je l'ai mentionné au début, c’était surtout un moyen pour moi de promouvoir mes activités professionnelles. Par la suite, je me suis rendue compte que ce qui m’intéressait vraiment c’était de partager mon expérience de vie à l’étranger, avec mes enfants, et de donner des conseils à ceux et celles qui souhaiteraient franchir le cap de l'expatriation et venir s'installer au Belize.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs expatriés au Belize ?

Mettez un peu d'argent de côté avant de déménager.

N'envisagez même pas l'achat d'un terrain avant d'y avoir vécu au moins une année.

Prenez le temps d'analyser et de comprendre les différences culturelles avant de vous installer au Belize.

N'essayez même pas de comparer le Belize à votre pays d'origine.

Soyez patient et acceptez le fait que le rythme soit plus lent et calme.

Apprenez à comprendre et apprécier la culture et la langue : le « Kriol ». L'apprendre est un plus !

Développez un réseau local pour rechercher de nouvelles idées et opportunités d'affaires. Il n'y a rien de mieux que de se faire aider par un local.

Adoptez l'huile de coco ! C'est utile dans à peu près tout !

Y a-t-il une chose que tu souhaiterais ramener avec toi en quittant le Belize ?

Je ne me vois pas vraiment vivre ailleurs qu'au Belize. Où que je sois, je compte bien préserver ce style de vie décontracté : me déplacer, respirer et manger lentement.

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