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Une nouvelle vie au Québec

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Interview
Publié il y a 2 mois

Jeune couple français, Célia et Michael sont originaires d'Alsace et de Normandie. En 2015, ils décident de mettre le cap sur le Canada, un permis de travail en poche pour Michael et un PVT pour Célia. Depuis, ils ont décidé de fonder leur famille au Québec ! En attendant un heureux événement, ils reviennent sur leur expatriation et en parlent à Expat.com.

celia et michael

celia et michael

Bonjour, nous sommes un couple alsacien accompagné de notre chat cannelle. Nous sommes tous les trois venus vivre une aventure au Québec.

Bonjour Célia et Michael, pouvez-vous vous présenter brièvement et nous parler de votre parcours ?

Nous sommes un jeune couple français d’origine alsacienne et normande, âgé de 28 ans et 30 ans et accompagné de notre chat Cannelle. Nous avons fait nos études dans la communication et l'art plastique. Le Canada, c’était une envie de longue date, une idée que nous avions en tête, mais que nous n'avons peut-être pas eu le courage et l’opportunité d’accomplir à ce moment-là. C’est aussi le manque de travail en France qui nous a poussé à aller voir ailleurs. Nous avons donc voulu nous donner une nouvelle impulsion dans la vie, dans un nouvel environnement. A présent, nous vivons au Québec.

Qu'est-ce qui vous a attirés vers le Québec ?

Avant de nous lancer dans ce projet, nous avions décidé de faire un voyage de prospection. Notre choix s’était arrêté sur la région du Québec, pour la proximité de la langue, la beauté des paysages, sans oublier les différentes saisons. Nous sommes aussi partis pour envisager un futur pour notre couple, fonder une famille toute en tranquillité et en sécurité. Nous sommes alors venus un été pour y passer quelques semaines de vacances. Ce fut un véritable plaisir ! À notre retour en France, nous n’avions qu’une pensée en tête : c'était d'y retourner au plus vite ! Cela fait maintenant deux ans que nous vivons au Québec. Nous n'avons aucun regret et nous avançons tranquillement.

Quelles étaient les formalités à remplir pour que vous puissiez vous installer au Québec ?

Pour s'expatrier au Québec, on devait obtenir des permis de travail. Michaël avait obtenu une promesse d’embauche d’un employeur pour 1 an. Son métier devait faire partie d'une certaine catégorie. Il a donc pu venir au Québec, avec un permis Jeunes Professionnels. Je dois vous signaler que son permis était rattaché à son employeur et qu'il ne pouvait, en aucun cas, travailler pour quelqu'un d'autre. Pour ma part, j'ai réussi à obtenir un Permis Vacances Travail (PVT) avec une durée de 2 ans. Avec ce permis, l'on peut entrer au Canada sans avoir un poste au préalable et chercher un emploi sur place. Entre temps, nous avions engagé des démarches pour obtenir le CSQ (Certificat de Sélection du Québec). A présent, après 2 ans et demi de procédures, nous vivons au Québec en tant que résidents permanents ! Toutes ces formalités nous ont demandées beaucoup d’efforts, de temps et d’argent, mais cela en vaut la peine.

Parlez-nous de ce que vous aimez le plus et le moins au Québec.

L’une des choses qu'on aime le plus au Québec, c'est la tranquillité. La vie y est moins stressante, l'on vit dans une atmosphère qui est faite pour que l'on se sente bien, les gens se parlent, sourient, se saluent. C’est plus simple, moins tortueux et pesant que la vie en France. Comme nous étions en train de redémarrer un peu tout, le fait d’être seuls (ou en couple) et de ne connaître personne, nous a aidé à devenir autonomes.

Ce que nous aimons le moins, c'est que se nourrir est assez cher. Ensuite, nos deux langues, qui sont de la même origine, sont en réalité extrêmement différentes : c’est parfois très dur à comprendre et à se faire comprendre. Mais lorsque vous sortez de la ville, et que celle-ci laisse place à la nature, la vie devient vraiment agréable !

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Pouvez-vous nous décrire le Québec en une phrase ?

« Je m’en souviendrais ! »

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris à votre arrivée au Québec ?

Lors de notre arrivée, nous avons été impressionnés par les gros pick-ups et tout le côté américain du Québec. La beauté et la grandeur du fleuve Saint-Laurent nous a surpris et on ne se lasse pas de le contempler à chaque saison ! Et puis, la langue québécoise, ainsi que les petits us et coutumes d’ici nous étonnent toujours.

Est-il difficile de trouver un logement au Québec ? Quels sont les types de logements disponibles pour les expatriés ?

Nous n’avons eu aucune difficulté à trouver un logement à notre arrivée au Québec. Les propriétaires déposent des annonces sur des sites spécialisés ou devant les appartements. Nous avons trouvé notre premier appartement en marchant dans la rue. Un simple appel nous a permis de visiter notre nouveau lieu de vie. Pour louer un appartement ou une maison au Québec, aucune caution n’est demandée, mais il faut que vos papiers soient en règle. Vous devez donc avoir un permis de travail, un numéro d’assurance sociale, ainsi qu'un compte en banque. Les expatriés peuvent louer tous types de logement. A présent, nous vivons dans une petite maison. Il y en a pour tous les goûts mais cela dépend du budget de chacun. Dans la ville de Québec, les loyers des logements démarrent autour des 400 $. Pour un appartement sympathique, avec deux chambres, proche de toutes les facilités et avec chauffage inclus, il faut compter entre 800 et 1 000 $ par mois.

Quels sont les festivals les plus populaires et les principaux codes culturels au Québec ?

Pour les festivals, c’est, bien sûr, le Festival d’été de Québec. Mais d'une manière générale, il y a vraiment beaucoup d’offres de festivals, de fêtes de ville, d’événements artistiques, sportifs et culturels. L'on ne s’ennuie pas, en été comme en hiver. Bien sûr, c’est dans les principales villes comme Montréal, Québec, Gatineau et Trois Rivières que l’offre est la plus grande, mais il y a d’autres villes « en campagne » qui organisent leurs propres festivals, souvent atypiques et vraiment sympathiques.

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Que pensez-vous du mode de vie au Québec ?

C’est un mode de vie détendu et l'on ne se prend pas trop la tête. Chacun fait attention à ce qu’il fait, mais ce n'est pas si grave s'il arrive que l'on commette des erreurs de temps en temps. Le mode de vie nord-américain est plutôt dépaysant pour les Européens. Pour ceux qui seront ravis et pour ceux à qui cela déplaiera, le football (le soccer en québécois) est quasiment inexistant. Le sport national ici c'est le hockey qui est encore plus fun !

Quels sont les moyens de transport disponibles au Québec ? Comment vous déplacez-vous ?

Le Québec possède tous les moyens de transport que peuvent offrir les métropoles et grandes villes d’aujourd’hui. A Montréal, par exemple, il y a le bus, le taxi et le métro. En revanche, le réseau ferroviaire et aérien n’est pas aussi développé qu’en France, à notre avis. La voiture reste le moyen de transport le plus utilisé, même pour les longues distances.

Avez-vous eu des difficultés à vous adapter à votre nouvel environnement et à la société québécoise ?

Au début de notre aventure, ce fut un peu le désordre dans nos habitudes (alimentaire, financière, de vie...), mais cette expatriation nous a aussi permis de découvrir de nouvelles choses. Il a fallu, bien sûr, retrouver un nouveau rythme et s’adapter à certains aspects de la vie québécoise comme les limitations de vitesse, le salaire par quinzaine, les impôts prélevés à la source, l’offre des restaurants qui paraît élémentaire (burger, hot-dog, pizza), mais que nous aimons bien maintenant. Pour certaines choses, nous sommes restés fidèles à nous-mêmes : nous continuons à manger le soir aux alentours de 20 h, du pain sur la table, en regardant les bulletins d’informations à la télévision !

À quoi ressemble votre quotidien d'expatriés au Québec ?

Mon quotidien était celui d’une vendeuse en boutique, donc le travail la semaine et les sorties et découvertes de la région le week-end. Je suis à présent en congé maternité et j'ai plus de temps pour m’occuper de notre blog, Un, deux, trois, Québec et de suivre d’autres expatriés comme nous, sur les réseaux sociaux. Pour Michaël, c’est aussi le travail qui prend le plus de temps : il travaille comme monteur de chapiteaux pour des événements dans la région de Québec. C’est donc, pour lui, le temps de découvrir des villes, les festivals dans un rayon de 150 km autour de la ville de Québec. C’est aussi une occasion pour lui d'échanger avec ses collègues québécois pour mieux connaître leurs habitudes et coutumes.

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Que faites-vous durant votre temps libre ?

Durant notre temps libre, on sort, même si ce n’est que dans les environs proches : le parc des plaines d'Abraham, les galeries commerciales, l'île d'Orléans. Quand le sol est verglacé, on se détend à la maison après une semaine de travail. Quand on a un peu plus de temps et que la température est favorable, on essaie de voyager plus loin en improvisant des week-ends de 3 jours. Le Québec est si grand et puis les États-Unis ne sont pas très loin. On prend aussi un peu de temps pour s'occuper de notre blog et faire du sport.

Y a-t-il au Québec des activités nocturnes pour les fêtards ?

A Québec, il n’y a pas beaucoup de boîtes de nuit, mais il y a de nombreux bars. Les Québécois mangent généralement à 18h et après cela ils partent à la salle de sport, aux galeries commerciales, aux pubs ou aux salles de billard qui sont ouverts. Ici, c’est plus des soirées où l'on prend une brassée (on consomme sans modération) de bière entre amis plutôt que d’aller dans une boîte de nuit pour danser.

Quelles nouvelles habitudes avez-vous adoptées au Québec ? Quelles vieilles habitudes avez-vous abandonnées ?

Vivre ici nous a rendu plus sociables. Nous avons pris l’habitude de moins nous enfermer. Nous aimons sortir et profiter du moment présent. Lorsque l'on vit longtemps dans une même ville, l'on se crée une routine très pesante. Cela fait deux ans que nous avons posé nos valises au Québec et pourtant, nous avons encore le sentiment de faire des découvertes tous les jours. Ce que nous avons malheureusement dû abandonner, ou plutôt fortement limiter en raison de leur coût élevé, sont les fromages, le vin et les autres boissons alcoolisées.

Quel est votre avis sur le coût de la vie au Québec ? Combien coûtent un trajet en bus, une bière, ou encore, un bon pain ?

Par rapport à la France, certaines choses nous semblent chères et d’autres vraiment pas. Le loyer demeure un coût important dans son budget, mais l’électricité ne coûte presque rien (dans notre ancien appartement, on payait 30 $, soit 20 € par mois). L’essence, c'est vraiment pas cher et équivaut en moyenne à 0.70 centimes d’euros par litre, mais il faut payer, chaque année, pour le renouvellement de son permis de conduire et la plaque d’immatriculation de sa voiture. Cela fait environ 260 $ par personne juste pour avoir le droit de rouler sur les routes. Un trajet en bus coûte 3.50 $ à Québec, une bière entre 5 et 10 $ en bar et pour une bonne baguette ou un petit pain vous devriez dépenser environ 3 $. Certes, l’herbe n'est pas plus verte ailleurs, mais il vaut mieux payer un peu plus cher son pain qu'avoir à gérer son stress tous les jours au quotidien.

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Y a-t-il quelque chose que vous voudriez faire au Québec, mais dont vous n'avez pas encore eu l'occasion ?

Le Québec est vraiment grand. Nous avons un peu visité la Gaspésie et on voudrait bien y retourner. La région de la côte nord nous attire aussi. En hiver, dans les environs de Québec, nous aimerions faire des sorties en ski de fond et en chien de traîneau.

Quel est votre meilleur souvenir du Québec ?

Toutes nos dernières vacances : à chaque fois que nous prenons la route, peu importe la direction, que ce soit vers la Gaspésie, Tadoussac ou Montréal, cela reste mémorable. Nous aimons les voyages improvisés. On sort une carte et on prend la route. Nous aimons nous laisser surprendre par différents lieux et faire de nouvelles rencontres. Les Québecois sont des personnes aimables et souriantes. La Gaspésie en été reste l'un des meilleurs souvenirs d’escapade.

Si vous pouviez repartir à zéro au Québec, que feriez-vous différemment ?

Si nous devions revenir en arrière, nous chercherions davantage à connaître les taux horaires des salaires au Québec. C'est un aspect à prendre en compte afin que le premier emploi que l'on trouve (et qui peut servir, au début, à dépanner) ne devienne pas permanent. La deuxième chose serait de mieux préparer ses documents avant le départ. Il vaut mieux avoir tous les originaux en sa possession. L'on pourrait en avoir besoin un jour, qui sait !

Que pensez-vous de la cuisine québécoise ? Quelles sont vos spécialités préférées ?

On aime bien la cuisine québécoise car, encore une fois, elle s’accompagne souvent de sorties et de moments agréables : burger au restaurant, hot-dog/pogo aux matchs de base-ball, pizza/maïs soufflé pour le hockey, cabane à sucre à l’arrivée du printemps, les poutines pour une pose bien méritée au travail. Nos spécialités préférées sont les déjeuners et les brunchs (œufs bénédictine/rôtis/sirop d’érable).

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Qu'est-ce qui vous manque le plus par rapport à votre pays d'origine ?

Bien que nous aimions la cuisine québécoise et nord-américaine, la cuisine française, l’art de manger à table en famille, en discutant en français de France, représente un grand manque. L'absence de la famille et toute la richesse patrimoniale de son pays d’origine laissent certes un grand vide.

Êtes-vous déjà arrivés à un point de vouloir quitter le Québec ? Comment avez-vous surmonté cette épreuve ?

Non, nous n'y avons pas pensé une seule fois. L’épreuve la plus dure c'est de vivre tous les jours avec cette pensée que vous vivez ici et votre famille en France. Vivre loin des siens, être absent à des événements, à leurs anniversaires, au premier pas de votre neveu... Mais il faut assumer son choix ! Cette nouvelle vie nous a aussi poussés à nous ouvrir, à nous dépasser, à franchir des étapes, à faire de nouvelles rencontres merveilleuses (nous avons des amis brésiliens, français, québécois…). Tant que nous n'aurons pas eu le sentiment d’avoir fait le tour de toutes les choses intéressantes du Québec, nous ne partirons pas.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs expatriés au Québec ?

De bien prendre le temps de réfléchir avant de partir, mais pas trop non plus car sinon vous ne partirez jamais ! Il faut aussi bien préparer son expatriation. Du côté administratif, il faudrait avoir une copie certifiée conforme de tous ses documents et ne jamais donner ses documents originaux. Pensez aussi à vous informer sur les différents sites et blogs et à faire suffisamment d'économies avant de partir. Pour ceux qui ont pour projet de rester à long terme, vous pouvez, soit venir juste avec une valise et tout acheter sur place (mais attention : il faut prévoir assez d’argent car le mobilier est assez dispendieux) ou bien faire venir un container avec ses affaires (apportez le moins possible d’appareils électriques européens, mais ne prenez aucun appareil électrique avec un moteur, comme les robots de cuisine). On vous prévient aussi que la langue est différente, mais l'on s'y habitue à la longue. Pour les gourmands, mangez le plus possible de raclettes, de bœuf bourguignon et de toutes les spécialités que vous aimez et buvez sans modération de bons vins avant le départ ! Vous aurez du mal à en trouver sur place pour pas cher.

Quelles seraient, selon vous, les 5 choses à emmener dans sa valise au Québec ?

Pour les Français, au risque de se répéter et que cela soit un peu stéréotypé : il faut un saucisson, une bouteille de vin, une baguette de pain, une pochette avec tous ses documents important (du baccalauréat au papier de la sécurité sociale) et un objet fétiche ou un souvenir de son pays. Pour le reste, vous trouverez tout ce qu'il faut sur place.

Vos projets d'avenir ?

Après quelques années de démarches, nous avons obtenu récemment notre carte de résident permanent. La prochaine étape sera donc d'obtenir la citoyenneté. Et surtout, la naissance de notre 1er enfant, un petit québécois, va transformer toute notre vie ! Tout ça pour dire que nous sommes bien ici et qu'on compte bien profiter encore de ces paysages du Québec, de voyager au Canada et aux États-Unis pendant les 5 prochaines années. Par la suite, on verra bien. Nous souhaitons aussi perfectionner notre anglais et peut-être qu’une étape vers la Colombie Britannique pourrait nous plaire.

Y a-t-il une chose que vous souhaiteriez ramener avec vous en quittant le Québec ?

Les nouvelles amitiés que l'on s'est faites et de la neige !

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