Gérer la solitude au Canada

Bonjour à tous et à toutes,

Une expatriation au Canada est une expérience enrichissante, mais qui peut aussi s'accompagner de moments de solitude.

Quels sont les facteurs potentiels de solitude lors d'une expatriation au Canada ?

Comment s'y préparer et comment contrer ce sentiment ?

Quels sont vos conseils pour briser la solitude et bien s'intégrer dans votre nouvel environnement ? Est-il facile de faire de nouvelles connaissances, existe-t-il des activités ou événements pour rencontrer du monde ?

Racontez-nous si vous avez fait face à ce sentiment lors de votre expatriation et comment cela s'est passé pour vous.

Merci de partager votre expérience,

Priscilla

Émigration, immigration, intégration
Le terme immigration est l’aboutissement d’un choix ou d’une imposition de vie qui se décompose en plusieurs phases : émigration, déracinement, insertion et intégration.
Si je suis entièrement d’accord sur l’objectif commun désiré, soit l’intégration par tous, dans le processus d’immigration. Je crois qu’il est important de comprendre et surtout d’accepter, par toutes les parties, que cela doit passer par ces quatre étapes.
Je vais essayer de me servir de mon parcours, complété par différents témoignages de personnes rencontrées, pour expliquer les différentes phases que nous avons traversées.
Et je précise bien que ce soit par choix, ou dans toutes autres situations, l’accueil, l’écoute, la compréhension, la tolérance, l’acceptation, le partage, et ce réciproquement, sont les
sentiments obligés pour une intégration réussie dans un autre pays, une autre culture, et parfois une autre langue.

L’émigration
L’émigration impose de faire un choix de rupture dans différents domaines de notre vie : abandon des origines, abandon du lieu de vie, de la famille, des amis, des souvenirs,
etc.

Le déracinement
Il oblige l’abandon des : codes de vie, de nourriture, parfois de tenues vestimentaires, des repères quotidiens, de langue, etc.

L’insertion ou intégration
Après 30 années de vie au Québec, et témoin également de l’immigration paternelle dans mon enfance, je reste convaincue qu’une bonne intégration ne peut se faire que dans la compréhension, l’écoute et l’acceptation, réciproques, des nouveaux arrivants et de la population
autochtone. Si l’arrivant doit apprendre à connaître et respecter son nouveau pays, il est aussi nécessaire que la population d’accueil accepte de découvrir les mentalités, les habitudes et réactions du nouvel arrivant. Qu’elle s’intéresse très simplement aux données culturelles et parfois religieuses de l’immigrant, sans pour autant se sentir obligée de les partager ou se les faire imposer. Juste
apprendre à se connaître réciproquement.

L’immigration
Pour résumer, l’immigration entraîne obligatoirement un choc culturel, et contraint l’arrivant à découvrir : un nouvel espace, un nouvel environnement, parfois une nouvelle langue, avec ses différents accents. L’immigrant se doit de changer ses façons de penser, ses mœurs et
coutumes dans un lieu public, il doit également accepter les valeurs morales du pays d’accueil. Mais l’immigration a aussi pour conséquences un isolement et souvent une grande solitude cachée derrière de la fierté.
Il y a aussi des conséquences autres, quand l’immigration, et donc l’intégration, se fait dans un contexte familial. Les différentes étapes s’imposent également au ou à la conjoint(e) et aux enfants s’il y en a. Cette situation peut parfois être plus difficile pour eux, si l’un d’eux a choisi de s’expatrier pour raison professionnelle. La personne mutée professionnellement aura la chance de bénéficier de relations et donc d’échanges au quotidien dans son milieu de travail, ce qui ne sera pas le cas de sa conjointe (ou inversement).
Dans une immigration, imposée ou non, le manque de communication peut retarder, voire bloquer l’intégration, et donc entraîner ce sentiment d’isolement. La solitude et le manque de communication peuvent conduire à des situations d’isolement social, voire d’exclusion pouvant être la cause de graves réactions psychologiques et émotionnelles, pouvant, hélas, mener jusqu’au suicide.

À SUIVRE....

Bonjour,

Les facteurs potentiels de solitude lors d'une expatriation au Canada, s’expliquent simplement par le fait d’arriver tout seul dans son nouveau pays d’expatriation, et ne pas avoir des proches ou connaissances qui y vivent.

Il faut aussi noter que le « sentiment » d’être seul peut se manifester même en étant accompagné avec des membres de la famille (conjoints/enfants/parents) : pour certains expatriés avoir une vision, un style de vie ou une façon de vivre,… différentes de ce que son entourage vit, nous pousse à sentir que nous sommes seuls dans notre quête de nouvelle vie, dans ce nouveau territoire, même en étant entouré d’amis/familles.

Mais disons que ceci fait partie de la vie d’expatriation et justement il faut le prendre en conséquence pour mieux s’y préparer. Se dire que « je m’expatrie et je n’aurais pas grand monde sur qui je pourrais compter » aide grandement à affronter cette solitude.
De plus cela nous pousse à exceller dans ce que j’appellerai l’art du débrouillardisme, cette capacité à se sortir d'affaire et d’innover dans la façon comment on cherche des solutions.

Une des choses que l’immigration m’a apprise ces 14 dernières années, c’est cette attitude de se débrouiller et faire une rétrospection sur moi-même dans tout les aléas de la vie d’immigrant, dans ce beau pays le Canada.

Nous pouvons contrer ce sentiment en cherchant à créer des réseaux (social, culturel, professionnel, sportif…), à participer à des évènements et activités dans sa ville. J’ai eu l’occasion de participer dans:

-    Le cercle des lecteurs de la bibliothèque de notre  quartier : « les mots partagés ». Cela m’a permis de communiquer avec des gens de différents horizons;
-    Les activités de discussions de l’université Concordia/McGill « l’université autrement » où j’ai pu débattre sur différents topic de la vie quotidienne et même avoir mon tout premier job à travers le contact assidue avec certaines personne du groupe;
-    Les associations d’aide aux immigrants, me permettant ainsi d’être constamment en contact avec les nouvelles des communautés et des activités socio-culturelles;
-    Bien sure le bénévolat !!

Voici tant de conseils pour briser la solitude et bien s'intégrer dans notre nouvel environnement.

Je ne cache pas que faire de nouvelles connaissances n’est pas facile (je ne dis pas non plus qu’il est difficile)  mais j’insiste sur le fait suivant :

Il ne faut pas trop s’attarder « à donner » parcequ’à un certain moment il faut « recevoir ». Je m’explique :

J’ai constaté que le nouvel arrivant se fait souvent dire de faire du bénévolat, qu’il doit se faire connaitre, qu’il doit faire des sacrifices, qu’il doit s’ajuster, s’acclimater, s’intégrer…. tout cela est bien beau, mais passé un certain laps de temps si les choses ne vont pas dans le sens pour lequel nous avons sacrifier beaucoup de notre temps, d’argents et pleins d’autres choses, il faut revoir ce qu’on fait. Soit que nous ne le faisons pas correctement, ou pas dans le bons moments, ou soit que nous ne le faisons pas dans la bonne place, ou  pas avec les bonnes personnes.

L’idée est de cibler ces efforts, choisir la bonne façon, le bon timing, la bonne place, les bonnes personnes et ne pas hésiter à changer de cap si cela ne donne pas grand-chose. Certains expatriés ont changé de champ de travail et se sont trouvés d’autre vocations; d’autres ont changé de villes, et même de provinces, pour se voir ouvrir des portes qui restaient constamment fermées là où ils vivaient avant; d’autre encore ont recommencé des études pour rebondir bien comme il faut….

Un peu comme l’idée de faire un petit pas en arrière pour sauter en avant et atterrir fermement à la bonne place.

Bonne chance

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