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Enfants franco-thaïs : la peur du farang

Bonjour,

Ma fille a presque un an, et j'observe qu'elle a apparemment peur des farangs qui représentent l'exception dans son milieu naturel de vie. Cela va dans le sens d'observations scientifiques sérieuses selon lesquelles les enfants sont naturellement "racistes", et cela ne me semble pas très grave - l'éducation corrigera le tir.

Je suis inclus dans ses angoisses (et je raconte le détail de mon expérience sur mon blog  : Joies, doutes et terreurs à la ferme ).

Quand la mère est là, ma fille joue avec moi, elle se laisse prendre dans les bras, il n'y a pas de problème. Quand la mère disparaît, c'est très vite des pleurs. Je suis certain que c'est temporaire, et dans 3 ou 4 mois, les choses auront bien changé. Mais évidemment, ce n'est pas très agréable - et carrément pas pratique car sa mère peut difficilement me la confier quand elle est occupée.

J'aurais souhaité avoir vos expériences sur le sujet - je me doute que les enfants sont très différents les uns des autres. Merci d'avance.

Bonjour,
Je n'ai en ce qui me concerne que ma seule expérience d'occidental barbu. Que ce soit en Afrique ou en Asie ou la barbe est l'exception, les enfants ont pour le moins des regards interrogateurs à mon encontre. Dans le pire des cas, ils prennent leurs jambes à leur cou pour aller se réfugier derrière un adulte.
Je pense que dans mon cas c'est plus la barbe que le fait d'être occidental qui créé cet impact là.
Dans la pouponnière de M'bour au sud Sénégal où je me rendais souvent, les enfants étaient habitués à ma présence et ne n'avais aucun souci pour donner un biberon ou une bouillie. Tout se passait très bien.

neutrinou :

Quand la mère est là, ma fille joue avec moi, elle se laisse prendre dans les bras, il n'y a pas de problème. Quand la mère disparaît, c'est très vite des pleurs. Je suis certain que c'est temporaire, et dans 3 ou 4 mois, les choses auront bien changé. Mais évidemment, ce n'est pas très agréable - et carrément pas pratique car sa mère peut difficilement me la confier quand elle est occupée

Je n'ai pas d'enfants mais je pense que ta fille a un fort attachement maternel rien à voir avec farang ou pas farang et encore moins avec du racisme...

Dès qu’il commence à communiquer, vers 6-9 mois, l’enfant est amené à interagir avec les autres. Cela peut être avec un enfant ou un adulte. Quand il est encore très petit, l’enfant a beaucoup de mal à gérer ses émotions, il peut donc facilement se mettre à pleurer. Au parent alors de le rassurer et de lui apporter la satisfaction qu’il recherche. Ces pleurs là passent en général assez vite, car les besoins de l’enfant sont très basiques à ce stade de développement.

Source: http://www.famille-epanouie.fr/enfant-qui-pleure
http://www.psychologies.com/Famille/Etr … e-est-inne

Merci de vos réponses !

Peut-être n'ai-je pas assez insisté sur le fait que les pleurs ne commencent que si je suis seul avec ma fille. Sinon, je peux la nourrir, blaguer, etc. elle réagit très bien, et d'ailleurs, prend l'initiative et attire mon attention pour que je joue avec elle.

Le problème n'est pas qu'elle pleure trop. Ayant déjà eu 4 enfants auparavant (avec des occidentales), je vois que ma fille n'est pas particulièrement pignouse mais qu'elle réagit différemment. Par exemple si elle voit un autre farang, elle devient beaucoup plus craintive. Cela semble vraiment lié à notre présentation extérieure.

Alors qu'elle n'a pas de problème pour aller (sans sa mère) chez une voisine, chez sa grand-mère,et qu'elle se promène avec son grand-père ou son oncle sans difficulté. L'attachement à la mère est fort, mais ce n'est pas une dépendance totale (et pas du tout pathologique).

Tamerlan, je ne vois qu'une solution pour sortir de l'incertitude : que tu fasses un comparatif avec deux cohortes d'enfants randomisés, avant et après que tu ne te sois coupé la barbe. Ben oui, la Science exige parfois des petits sacrifices... (j'espère que ce post ne sera pas censuré au motif que j'envisage de randomiser les enfants).

Noooooooooooooooooooooooooooooooon, personne ne touche à ma barbe.
Et là encore elle est courte. Lorsque j'étais en Afrique elle m'arrivait au milieu de la poitrine, se j'ai souvent été pris pour un prêtre ou un missionnaire.
Par plaisanterie beaucoup m'appelaient Jésus jusqu'à un certain jour de septembre 2001 où les africains ont préféré me donner le prénom Oussama, allez savoir pourquoi ?
Et pour ce qui est de ta fille, je ne vois pas ce en quoi la présence d'un caucasien pourrait la perturber, puisqu'elle en côtoie un au quotidien.

Justement, c'est ça qui ME perturbe, c'est qu'elle soit perturbée par le fait d'être seule avec moi. Comme je l'ai dit, elle va volontiers vers moi quand sa mère est présente. Mais parfois, elle me regarde comme si elle était interloquée, elle me scrute - ce qu'elle fait aussi avec mon voisin australien, mais jamais avec les thaïs du coin.
Si j'ai lancé ce post, c'est en pensant que d'autres avaient peut-être fait la même observation. J'espérais en savoir plus. Manifestement, c'est un flop. De toute manière, je pense que d'ici 6 mois, ce sera oublié.

Alors confidence pour confidence, mon cher Oussama, alors que j'ai toujours eu le menton glabre comme le cul d'une grenouille, on m'a appelé Barbe-Bleue pendant des années sur mon lieu de travail. Il est vrai que j'avais tué la bagatelle de six secrétaires (tué au travail, s'entend, au point de les faire partir). La septième a résisté, et je n'ai eu d'autre choix que de l'épouser...

Je pense que c'est avant tout un problème de symbiose mère / fille. Ensuite vient la différence de langage. Votre fille retrouve les sonorités de sa maman chez sa tante, voisins ou grands-parents, pas encore chez vous. Habituez-là, il n'y a qu'en passant quotidiennement du temps avec elle que la différence s'estompera.
Ne pas hésiter à "couper le cordon", emmenez votre fille dans vos bras et promenez la, elle va brailler 2 minutes puis ensuite ça devrait se calmer. Mais vous avez peut-être déjà essayé. Il faut aussi que la maman laisse faire cet "éloignement", pas évident avec les thaïs.

neutrinou :

parfois, elle me regarde comme si elle était interloquée, elle me scrute - ce qu'elle fait aussi avec mon voisin australien, mais jamais avec les thaïs du coin

Ok je saisi ce que tu veux évoquer, j'ai vécu la même chose avec d'autres enfants thaïlandais mais le pourquoi du comment je ne saurais répondre !

Merci, Farang Mart, je me sens moins seul ! J'ai beau me raisonner et me dire que ça ne durera que quelques mois, c'est toujours un peu pénible.
C'est vrai que la symbiose mère-fille est particulièrement nette - mais je n'étais pas là pour l'observer avec mes autres enfants, car j'étais au travail, et quelques mois après l'accouchement, la mère retournait aussi au travail, ce qui n'est pas le cas ici.
L'idée des tonalités du langage est aussi une bonne piste.
Et effectivement, quand je prends ma fille dans mes bras et que je marche, ça la calme tout de suite. Je l'emmène aussi à moto avec moi toute seule, et ça se passe plutôt bien.
Ce qui coince : je joue avec elle dans le salon où se trouve sa mère qui se lève et disparait dans la cuisine en fermant la porte - et là, c'est la sirène !

Multipliez ces sorties, allongez-en la durée, la petite se sent donc bien avec vous. Et tant pis si ça implique de prendre la moto avec elle, inutile d'aller bien loin, au bord d'une rivière, prenez quelques jouets et elle ne pensera plus à sa maman. Le principal problème, je maintiens, découle de l'attitude de la maman, totalement involontaire de sa part bien sûr, mais qui a pour conséquence que la petite est tout le temps collée à elle si elle est là. Même si elle vous approche, il y a une dépendance en présence de la maman. Je ne vois pas de "racisme" pavlovien, je précise que cette notion ne me choque en rien, parfois un visage peut tout simplement déplaire à un enfant sans qu'intervienne la notion d'origine. Imaginez que Tamerlan avec ses gros bras velus saisisse la petite alors qu'elle tète tranquillement, croyez-vous qu'elle va rigoler en voyant sa barbe venir lui chatouiller le cou? Et n'importe quel bébé européen aurait la même réaction. (Excuse-moi Tamerlan je ne sais pas ce que j'ai contre toi :D ça doit être pavlovien)
J'ai connu ce genre d'attitudes avec mes enfants qui, en présence de leur maman, ne profitent plus de leur environnement comme par exemple s'ils sont sur la plage. Ils restent collés à elle car elle les rassure, leur donne a boire, a manger, des gâteaux, de l'amour bien sûr mais pour se construire, l'enfant a aussi besoin qu'on le libère de cela si ça devient un frein à son ouverture sur le monde.
Il faudra faire des efforts de communication pour faire comprendre ces notions à la maman, ce n'est pas gagné d'avance mais si elle voit que la petite est bien avec vous et que vous ne faites pas cela pour la détourner de l'affection envers sa maman, elle finira par comprendre.

Chodron :

Je ne vois pas de "racisme" pavlovien, je précise que cette notion ne me choque en rien, parfois un visage peut tout simplement déplaire à un enfant sans qu'intervienne la notion d'origine

Bonne analyse  ;)

Hello,
J'ai profité du week-end pour réfléchir à vos remarques.

Je vais me faire l'avocat du diable. Admettons l'hypothèse d'un lien mère-fille très fort. Je peux me sentir exclus, mais où est le mal pour ma fille ? Ma compagne a une excellente relation avec sa mère, et cette relation servira sans doute de sécurité sociale quand elle deviendra invalide. Je peux trouver qu'elles sont un peu trop collées, mais l'éclatement des familles en occident est-il un modèle si enviable ? Je me demande de quel droit je pourrais m'autoriser à aller contre des fonctionnements culturels thaïs. S'il y a encore symbiose dans 5 ans et que ma fille refuse d'aller à l'école pour rester avec sa mère, là, je m'inquiéterai. Mais à ma connaissance, ce n'est pas un problème qu'on rencontre en Thaïlande plus qu'en France.

De plus, ma fille a une relation forte avec sa mère, mais elle est très ouverte aux autres thaïs. Comme je l'ai dit, elle passe du temps avec son grand-père, son oncle, sa grand-mère, et aussi une voisine connue depuis toute petite. Et quand elle est avec cette voisine, j'ai pu observer que sa mère n'avait plus grande importance, et pouvait partir sans déclencher même un regard.

Ce n'est pas le cas que décrit Chodron  ce qu'il raconte de la plage est vraiment parlant et même frappant. Je comprends bien sa réaction et je partage son analyse, un moment, il faut que les enfants puissent prendre de la distance.

[Juste une précision. Je préfèrerais qu'on ne confonde pas
- ce qui est pavlovien et relève d'une activité qui n'implique pas les hémisphères cérébraux, mais d'un circuit qui emprunte des voies plus anciennes, directes et rudimentaires "sous-tentorielles"),
- avec la création de circuits d'évitement dans les lobes antérieurs dans les premières semaines, grâce à un "pré-cablage" neurologique
Ce n'est pas pour étaler ma science, même si c'est ma spécialité, mais pour éviter qu'on simplifie et qu'on puisse imaginer un jour que j'aie pu imaginer qu'il existait un "racisme pavlovien". Les mots ont leur importance. Les observations faites par les scientifiques nord-américains que j'évoque ne renvoient en aucun cas aux travaux du russe.]

Alors comment interpréter les observations que je fais du retrait que toute la famille observe dans les réactions de ma fille non seulement avec moi (quand sa mère n'est pas là), mais avec deux autres farangs, alors qu'on n'a jamais observé ces réactions avec des thaïs ? Que je fasse un délit de sale gueule, pourquoi pas, mais tous les trois, ce n'est pas vraisemblable, on ne forme pas un club Quasimodo...  ;)

Je voudrais remercier sincèrement tous ceux qui ont participé à ce fil, et dont les conseils ont pu m'être précieux, et certainement apaiser mon inquiétude.
La situation a basculé en quelques jours, de manière assez surprenante. Ma fille n'a plus du tout peur de moi. Mais elle conserve une petite peur du farang en général.
La question de l'attachement à la mère est une question qui reste ouverte, question toute aussi culturelle que psychologique à laquelle je suis bien incapable de répondre.
En attendant les prochains motifs d'inquiétude (va-t-elle apprendre le français d'ici son entrée à l'école ?) tout va bien.
Bonne continuation à tous, merci encore et à bientôt sur le forum.

Merci pour le retour. Pour la langue pas d'inquiétude, parlez-lui uniquement en français, elle comprendra vite, mettra du temps avant de le parler mais ingurgitera tous les mots et les comprendra.
Dans le cerveau de l'enfant, c'est très clair, il y a la langue de papa et la langue de maman, ils ne fait aucune confusion.
Vous pourrez vous dire que vous aurez réussi le jour où votre fille vous cassera les oreilles à trop parler !

:D

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