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harztIV En Allemagne, des conditions draconiennes

http://s-www.dna.fr/images/EB68A57B-397A-47C8-A759-E370C27A9DA6/DNA_03/gerhard-schroder-afp-1454974727.jpg 



En Allemagne, le RSA est appelé Hartz 4, du nom de Peter Hartz, l’ancien DRH de Volkswagen, débauché par Gerhard Schröder pour réformer le marché du travail dans le cadre de l’Agenda 2010.

Cette réforme, entrée en vigueur en 2005 – au moment où Merkel remplaçait Schröder – encadre strictement les allocations sociales. Les prestations chômage sont versées pendant douze mois au maximum pour les chômeurs de mois de 50 ans. Entre 50 et 55 ans, elles sont payées pendant quinze mois, entre 55 et 58 ans pendant 18 mois et au-delà de 58 ans pendant deux ans.

Avant la quatrième réforme Hartz, la durée d’indemnisation du chômage était de 26 mois pour tout le monde. Le chômeur qui ne touche plus d’allocation passe ensuite sous statut Hartz 4, qui est une prestation sociale de dernier recours. Son montant mensuel est de 404 euros par mois pour une personne seule (contre 524 euros pour le RSA socle français). Attention : on ne peut être éligible à Hartz 4 que si l’on n’a plus aucune économie.
Tant qu’il reste de l’argent sur le compte épargne du chômeur en fin de droit, il ne touche rien. Et la condition est applicable à l’ensemble de la famille vivant sous un même toit : si l’un des deux conjoints est chômeur en fin de droit mais si l’autre dispose d’un revenu ou d’un compte épargne permettant de faire face aux besoins du couple, l’État ne versera rien.

L’application de la réforme Hartz a provoqué en 2004 et 2005 des manifestations monstre en Allemagne. Mais alors que le chômage, au début des années 2000, tournait autour de 9 à 10 % en Allemagne comme en France, il n’est plus que de 5 % aujourd’hui..  http://www.dna.fr/politique/2016/02/09/ … aconiennes         


PS :maintenant vous comprenez ,pourquoi les allemands se débrouille pour  retrouver un boulot rapidement .  des travailleurs oui ,des tires  au flans non .  pensez vous que la France en fait trop ,ou l'Allemagne pas assez ?  jean Luc  ;)

jean luc :

PS :maintenant vous comprenez ,pourquoi les allemands se débrouille pour  retrouver un boulot rapidement .  des travailleurs oui ,des tires  au flans non .  pensez vous que la France en fait trop ,ou l'Allemagne pas assez ?  jean Luc  ;)

Je ne pense pas que la France en fasse trop,  je pense surtout qu'il n'y a pas assez de contrôles...
Aidez ces citoyens qui ont une mauvaise passe car "maladie, perte d'emploi, difficulté à en trouver etc..." OUI.
Donnez le RSA à ceux qui magouillent à coté NON.
Et c'est simple de savoir, juste contrôler le train de vie... 
Laurence  :)

Bonjour,

Oui, moi je trouve qu il y en a tropen France, surtout pour n importe quoi!!

Une aide sociale pour une mauvaise passe, je suis d accord! Plus de controle aussi et surtout..

.mais quand ca devient un revenu permanent la je ne suis pas d accord!! Car c est un non respect pour ceux qui bossent et et payent des impots et leurs factures....eux ne sont pas responsables de la situation dans laquelle se sont mis certains, meme inconsciemment et a leur insu. Un coup de pouce c est tres bien, mais pas dans la duree.
Il y a des cas qui me font bondir de rage!! Car certaines aides dues par le droit, servent a autre chose..et ca ca me met hors de moi...il y a une injustice flagrante de repartition en France.

Moi je trouve qu il y a des aides injustes et qui ne devraient pas exister.

Ps : j ai repondu a ton post JL sur le forum France a ce sujet ;). Biensur ce n est que mon opinion, ma libre pensee.....

les aides sociales sont payer par le contribuable ,aussi les dirigeants allemand ont le soucis  ,de le dépenser de façon parcimonieuse,pas d'aides comme la prime de rentrée scolaire,ou de noël pour les chômeur ,qui ne servent qu'a remplir le tiroir caisse des magasins de hifi  .ici le chômage ,n'est pas un du ,mais une aide,aussi il y a des contres parties ,comme être actif dans la recherche d'emplois, de respecter les règles car les sanctions tombent vite.  obligation après   trois refus, de prendre ce que l'on vous propose .  mais en contre partie ,vous pouvez avoir une formation ,si votre situation l'impose , par ex une reconversion professionnelle ,300 000 chômeurs ont profitent chaque année .   jean  Luc ;)

Discussion politique qui n'a rien a faire ici !
L'info est bonne a donner,par contre :
La question : " pensez vous que la France en fait trop ,ou l'Allemagne pas assez ?"
N'a pas sa place ici !!
OPINIONS :
Expat.com propose un forum dédié à l’expatriation : ce n’est ainsi pas l’espace adapté pour aborder des sujets liés à la politique ou à la religion.

il s'agit de comparer deux systèmes sociaux entre eux  ,sur le forum Allemagne   on est cool  . on peut aborder certains sujet sans se battre . alors ou est le problème ? jean  Luc ;)

C'est une décision POLITIQUE,sur laquelle ni toi,ni moi,ne pouvons avoir
d'influence....Donc cette discussion n'a rien a faire sur le forum !
Ici,il ne s'agit pas de faire des comparaisons entre un pays ou un autre,MAIS,
de renseigner ceux qui en ont besoin ! Point !!

Bonjour tout le monde,

Sil vous plaît essayons de nous calmer :)

A noter que certains sujets, s'ils sont d'ordre constructif pour les expats, peuvent être abordés sur le forum.

Cependant, il faut faire attention à ce que la discussion ne soit pas trop politique ou alors ne se transforme pas un débat politique sil vous plait.
Car sinon se sera contraire à nos lois. :(

Merci

Priscilla  :cheers:

Priscilla :

Bonjour tout le monde,

Sil vous plaît essayons de nous calmer :)

A noter que certains sujets, s'ils sont d'ordre constructif pour les expats, peuvent être abordés sur le forum.

Cependant, il faut faire attention à ce que la discussion ne soit pas trop politique ou alors ne se transforme pas un débat politique sil vous plait.
Car sinon se sera contraire à nos lois. :(

Merci

Priscilla  :cheers:

Bonsoir Priscilla,
l'info est intéressante,mais....
pensez vous que le PS : "maintenant vous comprenez ,pourquoi les allemands se débrouille pour  retrouver un boulot rapidement .  des travailleurs oui ,des tires  au flans non .  pensez vous que la France en fait trop ,ou l'Allemagne pas assez ?".....(Ce qui sous entend que les Français sont des tires au flanc....)
Soit "constructif" ?? :/

il est des fois nécessaire de faire des comparaisons entre deux système différent pour comprendre.
quand tu as moins d'aide  et moins longtemps ,tu te débrouille pour trouver du travail plus rapidement ,ici tout est fait pour dégouter les gens de rester inactif. ,ici le harzt IV est synonyme de relégation sociale ,Alors on se débrouille pour travailler . ici on a pas toutes les alloc pour rester á la maison .En plus quand tu est dans le harzt IV,si l'arbeitamt a besoin de gens pour travailler dans des organisation caritative ,tu doit y aller ,même pour 2€ de l'heure . Au harztIV c'est l'arbeitamt qui a  ton destin dans sa mains . la France a 3 500 000 chômeurs officielle + 3 000 000 non inscrit ,en Allemagne on a 2 900 000 chômeurs + 2 000 000 de travailleur pauvres  qui bénéficient d'aides sociale , en France le taux de pauvreté en 2014 étais de 15,4 %,en Allemagne il est de 16,1%. cette situation relève d'une décision politique prise en l'an 2000 par l'Allemagne .La France a moins de pauvreté ,mais plus de chômeurs ,l'Allemagne le contraire ,car elle considère  aussi que les travailleurs pauvres ,travaillent et rapporte de l'argent ,donc celas lui coute moins chères  ici on veut pas du modèle français. alliboron tu est pas en Allemagne ,mais en Espagne ou Tunisie laisse ceux qui habite en Allemagne dirent ce qu'ils veulent . quand á l’éditoriale du forum c'est á l'animateur de décider .  ici on peut parler de tout ,sans se bouffer le nez ,pas comme sur le forum Tunisie donc tu est un solide participant  .  jean Luc  ;)

Qui a écrit cela ??
http://www.expat.com/forum/viewtopic.ph … 12#3086577

Hartz IV, la clef controversée du miracle allemand
Dix ans après son entrée en vigueur, la « quatrième loi de modernisation du marché de l'emploi » fait encore débat outre-Rhin. Les uns y voient le secret de la réussite allemande. Les autres une réforme brutale, favorisant les emplois précaires.

Pour Tanja Wiebusch, c'est un peu le printemps qui commence. Cette jeune Berlinoise de trente ans entame ce lundi une formation de gestion de bureau. A la clef, un poste quasi assuré d'assistante. Et surtout, l'espoir de ne plus dépendre de Hartz IV, cette allocation sociale introduite en Allemagne le 1er janvier 2005, dans le cadre des réformes de l'Agenda 2010. Mais, avant de suivre cette formation de vingt-quatre mois, son conseiller au « Jobcentre » de Friedrichshain-Kreuzberg, à Berlin, la prévient : « Une fois que vous avez commencé, vous ne pouvez plus abandonner, sauf en cas de force majeure », dit Gregor Avianus. Sinon, Tanja Wiebusch, qui préfère ne pas voir son vrai nom dans le journal, devra rembourser 30 % du cours, soit 5.300 euros.

Le jeu en vaut la chandelle. Pendant deux ans, cette célibataire continuera à percevoir ses allocations - 399 euros par mois plus l'équivalent en aide au logement et frais de chauffage - et espère ensuite décrocher un emploi rémunéré plus de 950 euros net. «  Assez pour, enfin, ne plus mettre les pieds au "Jobcenter" », se réjouit-elle cette matinée de janvier. La fin d'un cauchemar de près de dix ans, durant lesquels Hartz IV ne l'a jamais vraiment quittée. Même l'année dernière, lorsqu'elle était serveuse dans un café berlinois, mais aussi quand elle oeuvrait à temps plein comme vendeuse de boulangerie, entre 2005 et 2009, pour seulement 750 euros net par mois. Pour couvrir ses besoins essentiels, elle recevait en plus 150 euros de l'Etat. Elle était ce qu'on appelle un « Aufstocker », comme ce 1,3 million de personnes qui perçoit les allocations sociales en complément de salaire.
Changement radical

Dix ans après l'entrée en vigueur de la « quatrième loi de modernisation des services sur le marché de l'emploi », celle-ci reste un sujet de controverse aussi bien en Allemagne qu'à l'étranger, où elle fait figure soit d'épouvantail, soit de modèle. Pour leurs avocats, les quatre lois Hartz, du nom de l'ancien directeur des ressources humaines de Volkswagen, sont à l'origine du « miracle allemand ». Selon les chiffres publiés jeudi, l'Allemagne comptait 3 millions de chômeurs en janvier - son niveau le plus bas depuis la réunification. Frank-Jürgen Weise, le patron de l'Agence fédérale pour l'emploi, estime que, sans les réformes de l'Agenda 2010, l'Allemagne en compterait de 800.000 à 1 million de plus. Le taux de chômage (5 %, selon Eurostat) est un des plus faibles d'Europe. Ses détracteurs ne le voient pas du même oeil. Pour eux, « Hartz IV est la pauvreté instituée par la loi ».

Une chose est sûre, cette série de réformes a été la rupture la plus profonde de l'assurance-chômage allemande depuis sa création en 1927. En l'occurrence, la quatrième d'entre elles prévoit alors un changement radical, à savoir une réduction de l'indemnisation du chômage de 26 à 12 mois et la fusion de l'allocation chômage de longue durée avec l'aide sociale. Autrement dit, une personne au chômage depuis plus d'un an ne touche plus 53 % de son salaire de référence, comme avant, mais reçoit l'aide sociale. Parmi les conditions : ne pas disposer d'un patrimoine trop important et, surtout, respecter des règles et un contrôle stricts. Sinon, les sanctions tombent. Tanja Wiebusch en a fait l'expérience. «  Je voulais changer de voie et mener une formation, mais mon ancien agent du "Jobcenter" voulait que je sois candidate dans une boulangerie, dit-elle. J'ai refusé et mes allocations ont été réduites de 30 % pendant trois mois. »

Le résultat pratique d'une philosophie - « inciter et exiger » - affichée par le chancelier social-démocrate (SPD) Gerhard Schröder, qui avait ouvert le débat en 2001 avec cette déclaration tonitruante : «  Il n'y a pas de droit à la paresse. » «  L'approche politique n'était pas d'économiser mais d'activer les chômeurs, les placer devant leur responsabilité pour qu'ils cherchent un travail », souligne Kay Senius, directeur de l'Agence pour l'emploi de Saxe-Anhalt, qui a piloté la mise en oeuvre de la loi au niveau national. L'Allemagne, qui comptait alors 5 millions de chômeurs et une croissance en berne, était perçue comme « l'homme malade de l'Europe ». Mais, dès son vote au Parlement, en décembre 2003, la loi est controversée, notamment pour son caractère rigide. Puis c'est à l'été 2004 que la colère s'enflamme. Tous les lundis, des manifestations ont lieu, surtout dans les Länder de l'Est, confrontés au chômage de masse, mais aussi à l'Ouest. Au SPD, qui reconnaît entre-temps avoir mal accompagné le projet, la révolte a laissé des traces. «  L'Agenda 2010 a failli déchirer le parti », dont une frange a créé une liste alternative désormais fusionnée avec le parti de gauche radicale Die Linke, juge la députée Elvira Drobinski-Weiß. Avant cela, jamais cette élue n'avait reçu autant de lettres et de visites d'électeurs inquiets ou en colère. « La pr otestation était très forte aussi dans ma circonscription, dit-elle. Nous avons d'ailleurs perdu les élections en 2005. »

Les aspects purement techniques n'ont pas aidé à mener la réforme. « N ous n'avons pas seulement créé un nouveau système social, mais aussi une nouvelle organisation avec la coopération inédite entre les communes, jusqu'ici chargées des aides sociales, et l'Agence pour l'emploi », insiste Kay Senius. Pour rendre les choses encore plus compliquées, les collectivités locales ne savaient pas exactement combien elles comptaient de bénéficiaires des aides sociales. «  Le départ a été plutôt sportif, se souvient Stephan Felisiak, directeur du « Jobcenter » de Friedrichshain-Kreuzberg. Nous n'avions que 250 salariés, contre 700 actuellement, et ils devaient travailler avec un nouveau logiciel. » Autant d'éléments auxquels les équipes ont dû s'adapter, sans compter le choc culturel. Suivant les recommandations du cabinet de conseil McKinsey, elles ont en effet dû appliquer un concept d'accompagnement fondé sur la culture du résultat. Objectif : activer les « clients », autrement dit remettre les chômeurs au travail. «  Pour les employés des "Jobcenter" aussi, le confort est révolu », glisse un agent, dont l'équipe est composée pour moitié de CDD.

Gregor Avianus, queue-de-cheval et barbe de trois jours, reconnaît néanmoins des vertus au système. «  Avant, il y avait une queue de 10 mètres devant mon bureau et je passais sept minutes avec chaque allocataire », raconte-t-il. Maintenant, chaque rendez-vous dure trois quarts d'heure et il dispose de moyens d'accompagnement sans commune mesure. «  J'ai un pot plein d'argent pour des mesures de qualification », annonce-t-il plein d'enthousiasme à Thomas Müller, un jeune chômeur de vingt-sept ans, qui peine à percer dans l'éclairage de scène et pour qui Hartz IV «  n'est pas aussi mauvais que son image ». En comptant ses allocations et son aide au logement, celui-ci dit pouvoir vivre, même s'il doit faire attention à ses dépenses. Selon une étude de l'institut de conjoncture IW de Cologne, proche du patronat, la part des ménages dans le besoin qui ont profité du dispositif est supérieure à celle de ceux qui ont vu leurs revenus baisser. En gros, les anciens bénéficiaires des aides sociales, dont le montant était inférieur (290 euros), ont gagné au change tandis que les chômeurs de longue durée ont perdu.
lire le rste de l'article
jean  luc  ;)
    jean  luc  ;)

Depuis plus de deux décennies, dans la plupart des pays européens, d’importantes restructurations de la protection sociale conduisent à de nouveaux modes d’action dans le champ social. En échange d’une assistance, des mécanismes de contrepartie sont mis en place comme autant de droits et devoirs pour les individus, que l’on soit dans des modèles individualisés (prestations accordées à l’individu) ou « familialisés » (prestations accordées au ménage). Des politiques généralement dites « d’activation » conduisent à privilégier l’accès et le maintien dans l’emploi « dans une logique où le travail est vu comme l’élément fondamental de la citoyenneté et de l’intégration sociale, indépendamment de la situation familiale de la personne » (Grivel et al., 2007, p. 23). Ainsi, l’accompagnement des chômeurs se développe avec un double objectif : rendre un service plus efficace au chômeur en l’aidant en fonction de ses besoins individuels à retrouver un emploi ; responsabiliser le chômeur vis-à-vis de son coût pour la collectivité et le sanctionner si les démarches vers l’emploi sont jugées insuffisantes (ibid, p. 4).


Des réflexions visant à évaluer les types d’accompagnement proposés selon les pays [1]
[1] – Comme le font remarquer Nicolas Grivel et al., le...
ont été menées : un rapport du Centre d’études de l’emploi (CEE), sur les prestations et services d’accompagnement des demandeurs d’emploi (Grivel et al., 2007), ainsi qu’une note du Centre d’analyse stratégique (CAS), intitulée « L’accompagnement des demandeurs d’emploi : bilan d’une politique active du marché du travail en Europe et enseignements pour la France » (Guézennec, 2011). Nous nous appuierons sur ces deux sources pour identifier les évolutions communes à bon nombre de pays.
Une individualisation de la relation entre le conseiller et le chômeur


Depuis les années 1990, la personnalisation de la prise en charge des demandeurs d’emploi s’est renforcée. Elle s’est traduite par la contractualisation [2]
[2] – Au Royaume-Uni, il faut prouver que l’on a effectué...
, le suivi régulier par un référent unique et la construction d’un projet personnalisé. Certains pays (Allemagne, Grande-Bretagne) ont même mobilisé des techniques statistiques dites de « profilage » en vue d’inscrire le demandeur d’emploi dans le parcours le mieux adapté à ses caractéristiques individuelles (Grivel et al., 2007). Toutefois, le CAS souligne que cette personnalisation de l’accompagnement est le plus souvent partielle : le projet n’est, la plupart du temps, que la transcription d’un parcours type prédéfini, le demandeur d’emploi étant associé à un public cible. Certains pays recourent à des outils tendant à individualiser le plus possible l’accompagnement. Lors des entretiens personnalisés aux Pays-Bas, les conseillers font passer une série de tests de motivation et de compétence. Au Royaume-Uni, le conseiller dispose d’un simulateur informatique de l’évolution de l’ensemble des revenus du chômeur si celui-ci accepte de reprendre un emploi. En Allemagne, il n’existe plus, depuis 2009, de parcours type d’accompagnement ; les conseillers sont libres de déterminer la fréquence et la durée des entretiens. Ils disposent d’un logiciel, Arbeitsmarktmonitor (moniteur du marché du travail), qui donne un vaste panel d’informations : vacances d’emploi par secteur, comparaison locale des taux de chômage, etc. (Guézennec, 2011).
Un recul du recours à la formation longue


Depuis le début des années 2000, les formations longues ne font plus recette, en raison notamment d’un ensemble d’évaluations micronométriques, menées ces dernières années, qui concluent à des effets médiocres, voire nuls, de la formation sur les taux de retour à l’emploi (Grivel et al., 2007, p. 29). Sont ainsi plutôt privilégiées les formations courtes et à vocation professionnelle, y compris en Suède où la formation était l’un des dispositifs traditionnels mis à la disposition des chômeurs. A contrario, les pratiques de coaching se développent, d’autant plus qu’elles invitent à une recherche active d’emploi et répondent dès lors aux exigences de la contractualisation sur l’accompagnement.
Une autonomie de plus en plus grande à l’échelon local


Dans un souci d’offrir les réponses les plus adéquates aux besoins d’un territoire – mais également pour des questions de rationalisation budgétaire –, l’autonomie de l’échelon local dans les actions proposées aux demandeurs d’emploi est de plus en plus marquée. Cette tendance touche aussi bien des États traditionnellement décentralisés (Allemagne, Suède) que la France. L’échelon local est amené à choisir ses types et modalités d’action en fonction des caractéristiques de sa population, de sa situation économique ainsi que de ses choix politiques. C’est pourquoi, dès que ce mouvement a été impulsé, il a donné lieu à des interrogations et des critiques quant à la possibilité d’une rupture de l’égalité de traitement entre citoyens, comme ce fut le cas, dès la fin des années 1990, au Danemark.
Un renforcement de la sous-traitance aux acteurs privés


Un certain nombre de réformes proposant une réorganisation des acteurs de l’accompagnement ont conduit à une libéralisation du marché du placement des chômeurs. La multiplication du nombre d’opérateurs faciliterait le développement de l’accompagnement et leur spécialisation permettrait une meilleure efficacité (Guézennec, 2011).


En revanche, le type d’opérateurs et le nombre de chômeurs concernés varient fortement d’un pays à l’autre. Aux Pays-Bas, les opérateurs privés ont 75 % des parts du marché (Grivel, 2007, p. 16). Le CAS (Guézennec, 2011) met l’accent sur un élément structurant de cette soustraitance, à savoir la construction de partenariats renforcés entre les acteurs. Cependant, il apparaît assez difficile d’évaluer l’efficacité de l’accompagnement conduit par ces différents opérateurs (et, partant, la responsabilité de chacun).


Si l’obligation d’accompagnement vers l’emploi est une pratique qui se généralise en Europe, peu de pays poursuivent l’accompagnement dans l’emploi. Il existe un suivi pendant les six premiers mois après l’embauche en Suède, tandis qu’au Royaume-Uni le suivi des bénéficiaires se poursuit pendant deux ans. L’objectif de ce suivi prolongé est de développer une démarche préventive, par la possibilité donnée au bénéficiaire d’évoquer d’éventuelles difficultés afin de s’assurer d’une sortie durable du chômage. Globalement, l’effet sur l’emploi des bénéficiaires est mitigé et les critiques portent sur la multiplication d’emplois à bas salaires et à temps partiel. En outre, comme le fait justement remarquer Jean-Claude Barbier (2011), le sens et le vécu de cet accompagnement pour les personnes n’ont pas fait l’objet d’évaluations comparatives entre pays.

Le développement de l’accompagnement des chômeurs conduit à mesurer son efficacité et, de fait, à évaluer le travail des accompagnateurs. Ces évolutions ont notamment entraîné une « dé-psychologisation » de la relation entre accompagnateur et accompagné. Le processus de rationalisation, mis en évidence par l’auteure, semble pouvoir aller jusqu’à un remplacement de l’humain par la technologie.


Depuis que le chômage de masse s’est progressivement installé en France, de très nombreuses mesures publiques ont été mises en œuvre pour agir sur les comportements des demandeurs d’emploi plutôt que sur ceux des offreurs d’emploi (Castra, 2003). Les pouvoirs publics ne s’en sont toutefois pas entièrement remis aux individus et à leur volonté/capacité de mobilisation. Arguant du fait que la recherche d’emploi est une activité complexe, éprouvante et codifiée, ils ont mis en place divers dispositifs d’accompagnement destinés à apporter un soutien matériel, technique et personnel aux chômeurs.


Ces dispositifs relèvent d’un encadrement des personnes privées d’emploi qu’il s’agit de maintenir en état de demandeurs d’emploi actifs et d’adapter aux conditions du marché du travail. Cette adaptation repose sur la construction d’un projet professionnel « réaliste et réalisable » [1]
[1] - Selon l’expression répandue à l’ANPE puis à Pôle...
conduisant à l’acceptation des offres d’emploi et des types de contrat de travail proposés par les employeurs, même s’ils sont désavantageux, c’est-à-dire précaires, mal rémunérés et à temps partiel. La justification de tels principes est fondée sur une logique dominante selon laquelle il vaut mieux être en emploi, même de mauvaise qualité, plutôt que sans emploi. L’émergence et le développement d’un tel mode d’accompagnement se sont produits progressivement au cours du temps, à partir de la fin des années 1970, en dehors d’une programmation générale et organisée, mais non sans être animés par un processus sous-jacent de rationalisation continue allant vers une mise en ordre et un contrôle croissant des pratiques et des comportements non seulement des « accompagnés » mais aussi des « accompagnateurs ».


Ce processus de rationalisation s’est déployé jusqu’à présent en au moins trois phases qui se sont succédées dans le temps sans que l’apparition de l’une ne fasse totalement disparaître la précédente, laissant ainsi co- exister des modes différents d’encadrement des chômeurs. Nous verrons tout d’abord que le début des années 1980 a été marqué par l’instauration progressive d’activités de conseil spécialisées dans l’aide à la recherche d’emploi s’inspirant de l’approche psychologisante des travailleurs sociaux. La fin des années 1990 a vu s’amorcer un tournant notamment sous l’influence des politiques de l’emploi européennes de plus en plus axées sur l’activation des chômeurs. De façon a priori inattendue, des telles orientations ont eu autant, si ce n’est davantage, d’effets sur les accompagnateurs que sur les accompagnés, dont l’efficacité a fait l’objet d’une attention croissante. Enfin, un troisième registre de rationalisation semble faire son apparition à travers des méthodes et instruments d’accompagnement qui tendent à réduire la place (et le coût) des accompagnateurs et à instaurer un encadrement auto-administré des chômeurs.
Années 1980 - 1990 : une aide à la recherche d’emploi fondée sur une forte dimension relationnelle et psychologisante


La montée du chômage a touché de nombreuses institutions dont les objectifs et le fonctionnement ont été remis en question : organismes de placement (ANPE), centres de formation, écoles, universités, cabinets de recrutement, associations – telles que l’Apec [2]
[2] - Association pour l’emploi des cadres.
, structures d’insertion ou de réinsertion professionnelle (entre autres Missions locales) ont dû ajouter ou développer dans leur offre de services des dispositifs destinés à augmenter les chances d’embauche de leur public, relevant, comme on l’a indiqué plus haut, de l’amélioration de l’employabilité des chercheurs d’emploi. Ces derniers ont dû apprendre à « se vendre » et à jouer au mieux leur rôle de candidat lors des entretiens d’embauche, c’est-à-dire à appliquer les règles propres à une interaction dissymétrique où ils occupent une position dominée (Divay, 1999). Dans le cadre d’ateliers dits de « techniques de recherche d’emploi », les (futurs) chercheurs d’emploi mènent tout d’abord une réflexion introspective dans le but d’établir un bilan personnel et de construire leur projet professionnel dans lequel ils puisent les éléments indispensables à la réalisation d’un curriculum vitæ (CV), la rédaction de lettres de candidature et à leur présentation face aux recruteurs. Le conseiller, qu’il soit formateur, spécialiste de l’insertion professionnelle ou encore consultant, facilite l’organisation de la recherche d’emploi de son interlocuteur en lui offrant une écoute attentive, non directive et dénuée de jugements de valeur. Ce positionnement distancié obéit à un principe certes non directif, mais qui s’appuie sur l’application d’un « travail sur soi » passant par une mise en récit biographique qui finalement repose sur une régulation de soi et une activité narrative encadrées en douceur par une approche psychologisante. Selon Vrancken et Macquet (2006), l’accompagnement des individus vulnérabilisés, comme les chômeurs, handicapés, malades mentaux, personnes âgées dépendantes, etc., vise non pas l’assistance mais la « capacitation ou la capabilité des individus » que l’on aide à redevenir acteurs de leur parcours. Ils seront ainsi à même de se prendre en main, et surtout d’être responsables de leurs choix, de leurs réussites comme de leurs échecs.


Cette injonction à la responsabilisation a été critiquée par certains chercheurs en psychologie sociale (Beauvois et Le Poultier, 1985) qui y voient une pression à l’internalité qui conduit les personnes à privilégier une forme de « contrôle interne » (c’est de ma faute), tout en éludant parallèlement le poids des structures sociales. L’occultation de l’environnement du chômeur est aisément adoptée par les conseillers qui n’ont que peu de prise sur le marché du travail et les exigences des employeurs.


Responsabilisation est alors susceptible de rimer avec culpabilisation laquelle dédouane ainsi des professionnels parfois chargés d’une mission impossible d’insertion professionnelle de chômeurs dits « inemployables » dont les entreprises, qu’un marché du travail tendu rend très exigeantes, ne veulent pas.


Au cours des années 1980 et 1990, se sont donc développées des pratiques d’accompagnement des chômeurs qui présentent deux caractéristiques principales. Elles ont, d’une part, eu comme effet d’organiser, de rationaliser une activité de recherche d’emploi en pleine expansion à la fois sous l’effet du chômage et de la loi. C’est en effet en 1979 qu’est introduite cette nouvelle exigence dans le Code du travail (article L. 351-1) : « En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les travailleurs involontairement privés d’emploi ont droit à un revenu de remplacement, sous réserve d’être à la recherche d’un emploi » (souligné par l’auteure).


D’autre part, elles ont fourni aux chômeurs des lieux d’écoute à double tranchant, où les accompagnateurs étaient certes susceptibles d’exercer un pouvoir normatif et culpabilisateur, mais également en mesure d’offrir un soutien moral, une approche compréhensive et rassurante ou encore une rupture avec l’isolement social que génère bien souvent l’épreuve du chômage. Ce type d’accompagnement, caractérisé par une dimension relationnelle psychologisante (Divay, 2001), requiert notamment une disponibilité temporelle de la part du conseiller qui a été réduite vers la fin des années 1990 avec l’introduction d’une nouvelle définition de l’accompagnement dit « renforcé », donnant la priorité à un « retour rapide en emploi durable ».
Derrière l’accompagnement, l’activation


Comme l’ont souligné certains auteurs (Dubois, 2006 ; Daniel et Tuschszirer, 1999), un cap a été franchi au cours des années 1990 qui s’est traduit par un durcissement des mesures concernant les chômeurs. Ces orientations s’inscrivent dans la thématique de l’« activation », néologisme apparu depuis plusieurs années dans le vocabulaire des organisations internationales (Cerc, 2005). Par extension, on parle désormais couramment de l’activation des chômeurs. Activation et retour rapide en emploi représentent les objectifs prioritaires de la Stratégie européenne de l’emploi mise en place à partir de 1997. Dès 1998, la Commission européenne a initié une « marketisation » de l’accompagnement des chômeurs (Perez et Personnaz, 2008) en affirmant la nécessité de confier la délivrance d’une partie des services de placement au secteur privé. En France, ces orientations produisent leurs effets à travers la promulgation, en janvier 2005, de la loi de programmation de la cohésion sociale qui ouvre officiellement le marché du placement et de l’accompagnement aux opérateurs du secteur marchand (Rousseau, 2005).


L’efficacité de l’accompagnement des chômeurs a fait l’objet d’une attention particulière. Les conventions entre financeurs et opérateurs (privés ou publics) ont renforcé les conditions de suivi et instauré une évaluation plus stricte des résultats de l’action des accompagnateurs à travers la fixation de taux de placement des chômeurs. Le temps est devenu un critère central. Pour résumer, il s’est agi d’appliquer les principes de l’activation et de pousser les chômeurs à retrouver le plus rapidement possible un emploi, en centrant leur suivi sur la recherche d’emploi : les accompagnateurs ont eu beaucoup moins de temps à consacrer à l’écoute des problèmes personnels de leurs publics. Parallèlement, leur activité a été encadrée par un ensemble d’outils de mesure des résultats de leurs actions comptant le nombre de personnes reçues en une journée, le nombre d’offres d’emploi recueillies en une semaine, le nombre de chômeurs placés après trois mois de suivi, le type de contrats signés par ces chômeurs, avec l’obligation, à l’instar des commerciaux, d’atteindre des objectifs pré-définis. Cette intensification de l’accompagnement a eu pour effet de dépsychologiser la relation entre accompagnateur et accompagné (comment écouter, comment parler quand le temps est compté ?) ; de façon concomitante, s’est produite une rationalisation de l’activité de travail des accompagnateurs qui ont été de plus en plus soumis à des instruments de contrôle parfois appliqués en temps réel (par exemple via l’intranet de leur société). Ces derniers ont donc fait l’objet d’une surveillance accrue de leurs « performances » ; une telle pression les a notamment conduits à accorder moins d’importance à l’autonomisation des chômeurs et à faire à leur place certaines démarches afin d’accélérer le cours de la recherche d’emploi, par exemple en entrant eux-mêmes en contact téléphonique avec les employeurs ou en rédigeant les CV.


Après la rationalisation de l’activité de recherche d’emploi et la formalisation de l’encadrement des chômeurs, la rationalisation de l’activité professionnelle des accompagnateurs a été instaurée et a eu comme effet de dépsychologiser la nature de la relation d’accompagnement. Ces évolutions ne signifient pas qu’un mode d’accompagnement a totalement remplacé l’autre, mais que tendanciellement l’efficacité, voire l’efficience, de l’intervention des accompagnateurs prend une importance croissante aux yeux des financeurs et des décideurs des politiques publiques de l’emploi. Est-on arrivé au terme de ce processus de rationalisation ?
Vers un accompagnement sans accompagnateur « humain » ?


Il semble que la rationalisation de l’accompagnement des chômeurs ou futurs chercheurs d’emploi connaisse des prolongements : à titre d’exemple, on se référera à un nouveau dispositif récemment inauguré dans une dizaine d’universités françaises. Le Pec (portefeuille d’expériences et de compétences) est proposé depuis deux ans à un échantillon d’environ 10 000 étudiants [3]
[3] - Les informations livrées ici sur le Pec émanent entre...
. Il s’agit d’un outil numérique disponible en ligne qui donne accès aux visiteurs à de nombreuses informations utiles à la construction de leur parcours d’étudiant et à la préparation de leur insertion professionnelle. Ils peuvent y trouver une aide à l’orientation ou à la réorientation à travers des renseignements sur les études courtes, en alternance, les concours ou encore les contrats de professionnalisation. Des informations sont délivrées sur les métiers, les secteurs d’activité ou les « environnements professionnels » [4]
[4] - Toutes les expressions placées entre guillemets sont...
. Des dossiers sont consacrés à l’identification et la valorisation des compétences, à la réalisation d’un bilan, d’un « CV revalorisé », et autres techniques de recherche d’emploi. Les étudiants ont également la possibilité d’élaborer à l’aide de guides méthodologiques leur projet personnel et professionnel.


Selon le programme défini par les concepteurs de cet outil, est prévue, pour commencer, une phase de sensibilisation à l’outil. Des accompagnateurs volontaires (enseignants, personnels d’orientation, voire administratifs) dispensent des « TD Pec » de quelques heures (actuellement comprises entre trois et dix heures selon les sites) afin de faire découvrir aux étudiants les potentialités de cet outil auquel ils ont librement accès.


L’accompagnement « humain » se limite de fait à ces séances qui sont censées amener les étudiants familiarisés avec l’outil vers « l’autonomie de l’utilisateur ». « Initiation, intégration, autonomie » sont les trois phases qui mèneront à un accompagnement numérique mis en libre-service. Selon les concepteurs du Pec, l’outil « répond aux attentes de nos étudiants et permet le “traitement” de masse auquel nous contraignent nos effectifs et les volumes horaires concédés dans nos maquettes au projet d’orientation ou [projet] professionnel, au suivi des “décrochages” et à l’insertion de nos étudiants » [5]
[5] - Idem, citation de l’appel à projets.
.


Cette citation comporte deux points intéressants. L’auteur justifie l’utilité de l’outil par sa nature numérique censée convenir à un public de jeunes gens rompus à l’usage de ces technologies. Cette familiarité avec l’outil numérique apparaît ainsi comme susceptible de compenser, au moins en partie, un accompagnement « humain ». Plus concrètement, il stipule que seul un accompagnement numérique est économiquement envisageable auprès d’un aussi grand nombre de destinataires ou encore dans le cadre d’un « traitement de masse ».


On rejoint là les préoccupations des financeurs de l’accompagnement des chômeurs qui ont entre autres fait appel à des opérateurs privés de placement et qui, dans un souci de contrôle des dépenses, ont imposé aux conseillers une surveillance des résultats de leur activité évalués au regard d’objectifs prédéfinis dans le cahier des charges.


L’exemple du Pec est riche d’enseignement car il donne à voir plus que l’avènement d’un simple outil numérique. Il renferme une nouvelle formule d’aide à l’insertion professionnelle caractérisée par un degré supplémentaire de rationalisation de l’accompagnement. Si l’activité de recherche d’emploi tend toujours à être formalisée, organisée, ordonnée, notamment à travers un travail sur soi réalisé en termes de compétences à valoriser, l’activité des accompagnateurs quant à elle est rationalisée à l’extrême puisque presque totalement remplacée par un accompagnement numérique bien moins onéreux.


Ce type d’accompagnement poursuit cependant les mêmes objectifs que l’accompagnement « humain », c’est-à-dire l’intériorisation de normes de comportements propres au bon chercheur d’emploi, avec toutefois l’offre d’une disponibilité temporelle totale puisque l’accompagné peut recourir à tout moment et librement aux informations et conseils qu’il recherche sans que leur consultation n’occasionne un coût d’accès au service proposé. En ces temps de réformes de l’enseignement supérieur, et notamment du niveau Licence, qui valorisent la professionnalisation et donc l’appui à l’insertion professionnelle, il est probable que ce type d’accompagnement numérique et économique puisse intéresser les financeurs et décideurs des instances ministérielles.


La notion d’accompagnement semble convenir aux différents concepteurs et financeurs de dispositifs d’encadrement des chercheurs d’emploi de statuts variés (demandeurs d’emploi indemnisés, chômeurs en fin de droits ou sans droits, stagiaires, étudiants, élèves, etc.). Cette notion subsume un ensemble de termes de provenances diverses : celui d’« aide à la recherche d’emploi » apparenté aux techniques de recherche d’emploi ; celui de « suivi » répandu dans la sphère du placement : ou encore, celui d’« activation » issu de la rhétorique politique européenne. Chacun de ces termes est porteur de connotations plus ou moins idéologiquement dérangeantes ; soit trop proche du travail social pour le premier [6]
[6] - Certains opérateurs privés de placement récusent...
, soit trop bureaucratique pour le deuxième, soit encore trop technocratique et brutal pour le troisième. Seule la notion d’« accompagnement » estompe ces aspérités langagières, offrant ainsi une facilité d’usage qui fait d’emblée consensus. Qui pourrait s’opposer à l’idée d’accompagnement qui, par définition, ne peut correspondre qu’à des actions bienveillantes pour les « bénéficiaires » ciblés. De là à affirmer que l’« accompagnement » n’est qu’un mot, il n’y a qu’un pas, mais cependant un mot bien commode. En l’occurrence, dans le domaine de l’emploi, il sert à désigner des dispositifs différents en permettant à chaque fois d’en masquer les aspects polémiques.


L’accompagnement, in fine, s’avère toujours synonyme d’une forme de normalisation et de contrôle social dont il s’agit de trouver les modes d’application les plus prégnants mais aussi les moins onéreux. En soi, l’auto-administration du contrôle, via un accompagnement numérique, répond sans doute à ces deux objectifs.


Cette tendance à la dématérialisation de l’accompagnement s’appliquera probablement plus facilement aux publics les mieux dotés, notamment en capital culturel. Les personnes les plus défavorisées se verront certainement encore réserver un suivi de proximité d’ordre psychologique. S’agit-il pour autant de la mise en place d’un accompagnement à deux vitesses ? Ce n’est pas si sûr.


En effet, l’accompagnement social orienté vers l’emploi, comme celui proposé aux destinataires du Revenu de solidarité active (RSA), se révèle également être le lieu d’une rationalisation. Un article récent, paru dans la revue Santé & Travail, rend compte des conditions de travail des assistantes sociales des Conseils régionaux et des Caf. Elles aussi font l’objet d’un contrôle gestionnaire croissant de leur activité qui les contraint à accompagner leurs allocataires plus rapidement et plus « efficacement » : « L’exigence de lisibilité s’accompagne d’une informatisation croissante du travail. Ainsi, dans les Caf comme dans de nombreux Conseils généraux, le système tend à modéliser l’entretien, réduit à une liste d’items sur lesquels il faut cliquer. À la Caf, les objectifs d’entretien sont ainsi synthétisés par 54 codages (“trouver un mode de garde”, “s’inscrire à un cours d’alpha- bétisation”…) Tout doit être quantifiable » (Cotentin, 2001, p. 16). De façon généralisée donc, les accompagnateurs sont des « rationalisateurs » de l’aide à la recherche d’emploi dont l’activité est de plus en plus rationalisée. Ils subissent le poids d’une double contrainte, celle du contrôle qu’ils doivent exercer sur les victimes du chômage et celle d’exercer ce contrôle tout en étant placés sous le joug du contrôle d’outils gestionnaires, et ce, peut-être, avant d’être remplacés par des outils informatiques dits efficients et insen-sibles au vécu des individus.

Sandrine Dauphin,rédactrice en chef d’Informations sociales,et Sophie Divay Sociologue

Douze millions de pauvres : l’échec du « modèle allemand » ?

Le « modèle allemand » est souvent présenté comme un idéal à suivre : faible taux de chômage, exportations records, plus gros PIB européen…mais que cache vraiment ce « modèle » ? Selon une association allemande d’aide sociale, la barre record des douze millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté vient d’être franchie. Pauvreté, inégalités, bas salaires, services publiques atrophiés, de nombreux allemands sont obligés de cumuler deux emplois pour boucler leurs fins de mois. Explications.

Une pauvreté galopante

D’après un rapport de l’organisation d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband (1), la pauvreté a atteint un niveau historique en Allemagne. Le rapport indique qu’environ 12,5 millions de personnes étaient touchées par la pauvreté en 2013, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2012. Si les écarts de richesse entre riches et pauvres ont augmenté, on apprend que les inégalités entre régions ont aussi explosé. Les personnes les plus exposées sont les mères célibataires : plus de 40 % d’entre elles ont basculé dans la pauvreté. Une autre catégorie est touchée de plein fouet : les retraités. Conséquence de la baisse du niveau des retraites et du déclin démographique de l’Allemagne, le nombre de pauvres dans ce groupe de la population a augmenté de 48 % depuis 2006.

C’est le paradoxe de l’Allemagne : si le taux de chômage baisse depuis des années, un fait largement médiatisé et montré comme exemplaire, la pauvreté, elle, se multiplie dans toute la population. Une réalité beaucoup moins médiatisée et pourtant très importante à connaitre, qui découle des mesures néolibérales brutales mises en place depuis Gerhard Schröder et poursuivies par Angela Merkel : austérité généralisée, baisse des salaires, généralisation des mini-emplois, coupes budgétaires dans les services publiques, baisses des allocations chômage et des cotisations sociales, etc.

Toutes ces mesures furent mises en place en 1998 afin de favoriser la sacro-sainte « compétitivité » et les exportations, sur lesquelles est aujourd’hui basée l’économie allemande. Si les exportations augmentèrent significativement, force est de constater que cette « politique de l’offre » agressive se fit au détriment de la demande interne, mais aussi des classes moyennes et populaires, des salariés, des retraités, des collectivités et des infrastructures publiques. En effet, dans l’ensemble, les exportations ne bénéficient pas aux travailleurs allemands, mais aux détenteurs de capitaux, qui s’empressent de placer leurs bénéfices à l’étranger au lieu de les redistribuer dans les salaires ou les investir dans la recherche ou l’économie allemande.

Résultat : depuis 2005, le nombre de personnes devenues pauvres en Allemagne est dix fois plus important qu’en France, pour un total de 20% de la population contre 17% en France, incluant les personnes « sous le seuil de risque de pauvreté » ou « en privation matérielle sévère » (chiffres Eurostats). « Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté. La pauvreté est un problème bien de chez nous. L’Allemagne a clairement un problème croissant de distribution de la richesse », estime Ulrich Schneider, directeur général de Paritätischer Gesamtverband.

Le poison allemand

Mais le modèle allemand ne pose pas des problèmes qu’à l’intérieur de ses frontières. Il est également nocif à l’extérieur, ce que M. Mélenchon (député européen français) nomme Le poison allemand. En effet, en tant que leader économique et politique de l’UE, l’Allemagne d’Angela Merkel pèse de tout son poids dans les mesures d’austérité dictées par la troïka aux pays européens en difficulté, notamment à la Grèce : privatisations, baisses des salaires et des pensions, coupes dans le social, la santé et l’éducation, etc. Des mesures qui ont eu des conséquences dramatiques, faisant exploser la pauvreté (35% de la population), les suicides, le chômage, les maladies et…la dette, alors qu’elles étaient censé la réduire. Les grandes gagnantes de ces mesures sont les banques françaises et allemandes, qui ont « prêté » de l’argent à la Grèce et jouissent des intérêts très rentables de ces placements, appelés abusivement « aides » par les néolibéraux.

D’autres effets néfastes de ce modèle économique découlent des exportations (2). En misant tout sur la baisse des couts de production, les produits allemands peuvent perturber très fortement l’économie dans les pays qui les importent à bas prix, notamment en Europe. L’un des exemples les plus parlant est la viande. Troisième plus gros producteur de porcs au monde, l’Allemagne possède de véritables usines à animaux qui peuvent concentrer plusieurs dizaines de milliers de cochons, pour un volume total de 60 millions de bêtes abattues chaque année .

De tels « résultats » ne se font pas sans casse : outre les conditions de vie effroyables des porcs (castration à vif, maladies, promiscuité, fractures, cannibalisme…), les salariés travaillant dans cette industrie, souvent recrutés dans les pays de l’Est, sont sous-payés et travaillent dans des conditions souvent difficiles. Au final, cette viande à bas prix – et de faible qualité – exportée en Europe cause d’énormes difficultés aux éleveurs français (entre autres), qui n’ont d’autres choix, pour essayer de rivaliser, que de tirer vers le bas les normes sanitaires et environnementales, les salaires et les conditions de vie des animaux.

Une « course vers le bas » dictée par la compétitivité qui ne semble jamais s’arrêter et qui concerne évidemment de nombreux autres secteurs, alors que l’heure devrait logiquement être à la qualité, à la solidarité, aux solutions durables, propres et équitables, non pas à la fuite en avant industrielle. Ainsi, pour reprendre notre exemple, les éleveurs français qui s’en sortent le mieux sont les producteurs de viande biologique. Moins endettés, moins mécanisés et moins dépendants des prix du marché européen, ces producteurs privilégient généralement les circuits courts ou semi-courts pour distribuer leurs produits, s’assurant ainsi un juste revenu et évitant la pression extrême des grandes surfaces tout en respectant leur environnement (pas d’intrants chimiques, peu d’antibiotiques, nourriture bio locale…).

A quand un changement de modèle ?

Il faut aussi voir le problème de façon global : toutes les mesures antisociales adoptées en Allemagne inspirent les dirigeants européens, qui s’empressent de faire de même pour paraitre « bon élève » aux yeux de l’Allemagne et de la Commission Européenne. En 2007, le gouvernement d’Angela Merkel augmenta de trois points la TVA et porta l’âge de la retraite de 65 à 67 ans. Matraquant généreusement les consommateurs allemands, les commerces de proximité, les classes populaires et les seniors. Les citoyens français ou belges reconnaitront sans mal ce type de mesure appliquée par mimétisme par leurs dirigeants politiques.

On assiste au final à une étonnante course à la régression sociale. Un jeu macabre dans lequel chaque pays joue à celui qui tirera le plus bas possible les salaires, les acquis sociaux et les dépenses publiques vitales, toujours au nom des intouchables : compétitivité et croissance. Mais qui gagne vraiment à ce petit jeu ? Certainement pas les salariés, ni les consommateurs, ni les commerçants, ni les précaires, ni les seniors, ni même la collectivité.

Sans trop hésiter, on peut affirmer que ce sont les dirigeants des grandes entreprises, les banques, les actionnaires de multinationales et les personnes les plus riches qui en profitent. Jamais depuis l’après-guerre l’écart de revenu entre salariés et PDG n’a été aussi important. Jamais le nombre de millionnaires et milliardaires n’a été aussi grand. Jamais la finance n’a autant vampirisé la richesse produite par les travailleurs.

Des solutions existent pourtant. Revoir les indicateurs de richesse pourrait être un début. Que signifie le PIB s’il est mal redistribué ? Que signifie la croissance si les inégalités augmentent ? Que signifie le taux de chômage si les salariés sont payés 600€ ? Raisonnons par l’absurde  : un monde faisant travailler 100% d’esclaves n’aurait pas de chômage. Serait-ce le meilleur des mondes ? Prendre en compte les conditions de travail, les écarts de salaires, le taux de logements décents, la qualité du système de santé ou des transports en commun, le niveau de pauvreté, le nombre d’élèves par classe ou encore le niveau de la recherche permettraient d’avoir des indicateurs bien plus fiables de la réussite réelle d’un système économique.

Die Linke, transition énergétique : des raisons d’espérer ?

En Allemagne, l’espoir pourrait venir de la formation Die Linke créée en 2007, seul parti progressiste et anti-austérité allemand. Minoritaire au niveau fédéral, il a remporté pour la première fois un Land (Thuringe, Est de l’Allemagne) en Décembre dernier (4). Parmi les objectifs de M. Ramelow, chef du gouvernement du Thuringe et ancien syndicaliste : l’embauche annuelle de 500 professeurs, la gratuité de la première année en crèche ou encore l’autosuffisance énergétique sur base d’énergies renouvelables.

Au niveau national, Die Linke a soutenu la candidature et la victoire d’Alexis Tsipras en Grèce (leader de Syriza), et se montre très critique envers la politique étrangère de Mme Merkel : la députée allemande Sahra Wagenknecht, vice-présidente de Die Linke, a récemment critiqué l’alignement de l’Allemagne sur les intérêts de l’OTAN et des États-Unis. Elle se montre également très sévère envers les négociations sur le Grand Marché Transatlantique (GMT / TAFTA), qu’elle considère comme contraire à la démocratie. Enfin, elle rappelle que les banques et entreprises allemandes se sont enrichies sur le dos du peuple grec.

La compétitivité allemande? 20% de travailleurs pauvres

Une société à deux vitesses. Pour renforcer sa compétitivité et exporter, l'Allemagne à libéralisé son marché du travail et précipité une part croissante des salariés dans la précarité: absence de salaire minimum, travail à temps partiel, "mini jobs" sans assurance maladie ou petit boulots payés 1 euro de l'heure. Aujourd’hui, près d’un travailleur allemands sur cinq est « pauvre ».

L’économie sociale de marché: Bismarck en avait jeté les premières bases, Konrad Adenauer l’avait institutionnalisé et Gerhard Schröder a cherché à l’adapter… Jusqu’à la tuer ? La "Sozial Markt Wirtschaft", basée sur le principe de cogestion, un syndicalisme de concertation, un système de hauts salaires et une redistribution forte des ressources a longtemps été un facteur d’intégration professionnelle et sociale en Allemagne.

Son empreinte est encore présente, en témoigne les 1,5 millions d’emplois sauvés lors de la récession de 2009. Au plus fort de la crise, l’Etat, les entreprises et les salariés avaient joints leurs efforts pour instaurer le système de chômage partiel et permettre ainsi à l’Allemagne de ne pas tomber de la récession à la dépression économique.

Un euro de l'heure

Pourtant depuis la mise en place des lois Hartz, au début des années 2000, la machine semble s’être enrayée. La libéralisation du marché du travail, destinée à rendre l'Allemagne plus compétitive, a d'abord eu pour conséquence de reléguer les chômeurs de longue durée dans la pauvreté.

    La réforme Hartz s’appuyait sur le slogan "Fördern und fordern" ["promouvoir et exiger"]. Avec son entrée en vigueur, tous les chômeurs de plus d’un an ont vu leurs allocations chômage diminuer jusqu’au niveau de la Sozial Hilfe, l’équivalent pour nous de l’ancien RMI. Pour ces chômeurs, la réforme signifiait une descente immédiate dans la pauvreté,

détaille Brigitte Lestrade, professeur de civilisation contemporaine allemande à l’Université de Cergy-Pontoise.

Les recherches de cette spécialiste des questions d’emplois* établissent aussi clairement un lien entre ces réformes et l’accroissement important du nombre de salariés précaires.

Afin d’"activer" les chômeurs, les lois Hartz ont choisi de s’attaquer en priorité aux "Anspruchdenker", les "profiteurs du système". En clair, les sans-emplois accusés de se complaire dans leur situation au frais du contribuable. Depuis 2005, le demandeur d’emploi doit faire des démarches "positives" bimensuelles, et peut surtout être contraint d’accepter un emploi moins payé que le précédent, plus éloigné ou en-dessous de ses qualifications sous peine de perdre ses subsides.

On a également assisté à la prolifération de deux nouveaux types de contrats:

1) Les Mini-Jobs: des contrats à temps partiel, payés 400 euros par mois, qui permettent aux employeurs d’être exonérés de charges mais prive ses bénéficiaires d’assurance maladie et travail. Ils n'ouvrent aucun droit à la retraite ou aux allocations chômage.
2) Les 1 euro-jobs, ces fameux contrats payé un euro de l’heure: généralement pour des travaux d’intérêt public.

L’équivalent de l’Insee en France, le bureau Destatis, rend compte de l’augmentation de la précarité et des formes qu’elle recouvre: entre 1999 et 2009, toutes les formes de travail atypiques se sont accrues d’au moins 20%.

Les mini-jobs tiennent le haut du pavé, avec une augmentation de 47,7%, simplement devancés par le boom de l’intérim (+134%). Ces formes de contrats sont également très répandus chez les retraités: 660 000 d’entre eux combinent leurs pensions à un Minijobs. [A lire, le 3ème volet de notre série: Ces retraités allemands obligés de retourner au travail]
"Dumping salarial" pour rester compétitif

En mai 2011, les statistiques officielles faisaient désormais état de 5 millions de mini-jobs. Plusieurs scandales ont éclatés en Allemagne ces dernières années, mettant en cause des grands groupes accusé de "faire leur beurre" sur ces salariés précaires.

Certaines entreprises ont voulu tirer profit du système, privilégiant, par exemple, deux ou trois mini-jobs, fiscalement neutres, à l’embauche d’un salarié en plein-temps. Ce fut notamment le cas de la chaîne Schlecker, leader des drogueries en Allemagne, accusée l’an passé par le syndicat Verdi de faire du "dumping salarial". A l’époque l’affaire avait fait grand bruit, obligeant la ministre du Travail, Ursula Van der Leyen, à monter au créneau.

Plusieurs rapports ont également mis en avant les dérives d’un système, qui s’apparentent à une déflation compétitive: quand l’amélioration de la compétitivité passe par une baisse des coûts salariaux.

    Au niveau international, l'Allemagne se distingue comme une société à deux vitesses en ce qui concerne le marché du travail (…) En Allemagne, encore plus que dans les autres pays membres, les employés sans emploi fixe sont les principales victimes de la crise.
concluait l’OCDE en janvier 2010.

2 millions de salariés à moins de 6 € l'heure

Les salariés occupant un mini-job ne sont en effet pas les seuls à être mal payés en Allemagne où aucune loi fédérale ne fixe de salaire minimum (chaque branche d'activité dispose de sa propre grille de salaire, négociée avec les syndicats). Une situation quasi unique en Europe. Résultat, les travailleurs pauvres représentent près de 20 % des employés allemands.

En août 2010, un rapport de l'Institut du travail de l'université de Duisbourg-Essen a en effet établit que plus de 6,55 millions de personnes en Allemagne touchent moins de 10 euros brut de l'heure - soit 2,26 millions de plus en 10 ans. En majorité d'anciens chômeurs que le système Hartz a réussi à "activer": les moins de 25 ans, les étrangers et les femmes (69% du total).

Par ailleurs, 2 millions d’employés gagnent moins de 6 euros de l’heure Outre-Rhin et, en ex-RDA, ils sont nombreux à vivre avec moins de 4 euros par heure, c'est-à-dire moins de 720 euros par mois pour un temps complet. Les allocations sociales permettent alors de compléter leurs ressources.

Un système contre-productif

En Allemagne, on les appelle les Aufstockers: ils travaillent en général moins de 15 heures par semaine, et vivent de leurs revenus du travail et des aides sociales. Début 2010, ils étaient aux alentours d’un million, nombre en constante augmentation.

Pourtant, avec le système Hartz censé les inciter à reprendre un emploi, ils n’ont pas intérêt à travailler plus. Contrairement à ce que Martin Hirsh a cherché à faire en France avec le RSA, le supplément de salaire gagné est annulé par une perte d’allocation chômage.

    Le système Hartz n’est pas incitatif, c’est un leurre. En analysant les chiffres, nous avons établi que pour 100€ de salaire, le travailleur perd 20% de ses aides, pour 800€ il en perd 80%,

Le "minimum vital digne" estimé à... 374 euros

A l’été 2010, en soustrayant le million d’Aufstockers aux 4,9 millions d’actifs bénéficiaires de Hartz, on arrivait alors à 3,9 millions de chômeurs longue durée, vivant exclusivement des allocations. Au sein de cette catégorie, deux populations sont en première ligne : les familles monoparentales et les seniors.

Le problème des conditions d’existence des bénéficiaires d’Hartz IV a pris un tour dramatique quand trois familles se sont portées partie civile devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. En février 2010, le tribunal a finalement déclaré la Loi Hartz IV constitutionnelle, mais de demandé au législateur de revaloriser l’allocation de base.

La Cour a notamment jugé que le mode de calcul retenu violait le droit au "minimum vital digne" garanti par la constitution. De 359 euros par personne, l’allocation minimum a depuis été revalorisée à 374 euros...
Aujourd'hui 404 euros....

Le miracle allemand, à quel prix?

Ces retraités allemands obligés de retourner au travail

Ils distribuent des journaux, rangent les étagères dans les supermarchés, font des sondages par téléphones… Plus de 660 000 retraités allemands doivent travailler à temps partiel pour compléter leur pension. Un nombre en hausse constante: la multiplication des mini-jobs et des faibles salaires donne nécessairement des retraites de misère.

Wolgang, 57 ans, sert des parts de gâteau à la cafétéria d’un centre de soins au coeur de Berlin. Cet homme jovial est pourtant à la retraite depuis plus de deux ans. Après deux crises cardiaques, il a du cesser son activité de chauffeur. Mais impossible pour lui de passer ses journées entre mots croisés et jardinage.

    En tant que retraité je touche 525 euros par mois. Je paye un loyer de 440 euros. Avec téléphone, le gaz, etc, il faut rajouter 150 euros. Et cela ne suffit pas. Il faut bien vivre de quelque chose c’est pour ca que je travaille ici.

Wolgang travaille donc 20 heures par semaine dans ce centre, et cela pour 390 euros par mois. C’est ce qu’on appelle un mini-job de ce côté du Rhin. Introduits par les réformes Hartz IV au début des années 2000, ces contrats permettent aux employeurs d’être exonérés de charges tant que le salaire ne dépasse pas les 400 euros par mois.

Paupérisation

Depuis, ils n’ont cessés de se développer dans tout le pays. Et nombreux sont les retraités à accepter ce genre de postes. Selon le ministère des affaires sociales, plus de 660 000 séniors de 65 à 74 ans auraient un emploi à temps partiel. Et si certains pensent que tous ces retraités continuent de travailler par plaisir, Ulrike Mascher les contredit fermement. Elle préside de l’association pour la défense des droits sociaux VDK.

    "Quand on voit dans quelles activités les retraités travaillent, ils portent des journaux à 5h du matin, ils rangent des étagères dans des supermarchés, ils font des ménages, ils travaillent comme portiers la nuit. Ce sont des activités qu’on ne fait pas parce qu’on veut rencontrer des collègues ou parce que cela nous plait mais parce qu’on a urgemment besoin d’argent parce que la retraite ne suffit pas."

Alors certes, 660 000 retraités qui travaillent, cela ne représente que 3,3% des personnes âgées de plus de 65 ans. Un chiffre que le gouvernement a vite fait de mettre en avant pour rassurer les masses . Mais le problème c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux à faire partie de cette catégorie de population menacée de paupérisation. Ils n’étaient que 416 000 en 2000. Leur nombre a donc augmenté de plus de 58% en dix ans.

[b] Baisse déguisée du niveau des prestations[/b]

Selon Ulrike Mascher, cette tendance s’explique notamment par une forte hausse du coût de la vie dans la République Fédérale: "Les prix ont augmenté dans beaucoup de domaines particulièrement importants pour les séniors, comme le chauffage ou la santé". Cette inflation ne serait pas un souci si le niveau des pensions suivait. Mais c’est là que le bât blesse, il a plutôt tendance à diminuer.

    "Les pensions de l’assurance retraite allemande ont perdu 10% de leur valeur durant les dix dernières années,"

précise la présidente de VdK. En cause: la hausse des mini-jobs, ou des emplois à très faible rémunération. Beaucoup de travailleurs ne réussissent ainsi pas à cotiser suffisamment pour s’assurer une retraite décente.

De plus, le gouvernement allemand a décidé en 2007 de relever l’âge légal de la retraite de 65 à 67 ans. Or l’âge effectif de départ à la retraite de ce côté du Rhin est de 62,1 ans pour les hommes et de 61 ans pour les femmes selon l’OCDE. Et le taux d’activité des personnes entre 50 et 65 ans n’est même pas de 70%. Une hausse de l’âge légal de départ ne revient donc ni plus ni moins qu’à une baisse déguisée du niveau des prestations.

La "honte de demander les aides sociales"

Les séniors en situation de précarité peuvent demander une allocation complémentaire à l’Etat. Mais beaucoup s’y refusent. "Les gens qui ont travaillé toute leur vie ont honte de ne pas s’en sortir et de devoir demander de l’aide", assure Ulrike Mascher. Sans compter que les conditions pour l’obtenir sont draconiennes.

Reingard, retraitée de 68 ans, fait partie des nombreux séniors qui renoncent à cette aide de l’Etat. Pourtant, après avoir travaillé 40 ans, elle ne touche que 704 euros par mois:

    "Je pouvais demander une allocation. Mais il aurait fallu que je n’ai aucune propriété, pas de petit jardin, par d’épargne, rien. C’est seulement sous ces conditions que je pouvais demander cette allocation."

Cette énergique grand-mère préfère donc travailler dans un centre d’appel. Elle fait des sondages par téléphone pour une filiale d’Ipsos. Elle peut ainsi garder son petit jardin ouvrier. Sans compter que l’allocation ne lui aurait rapporté qu’une centaine d’euros supplémentaires.

Toujours pas de salaire minimum

Or, pour Reinard, ce n’était pas encore suffisant. "J’ai trois enfants, trois petits enfants et un arrière petit fils. Et chacun attend d’une grand-mère qu’elle soit là et qu’elle donne un peu d’argent de poche pour s’acheter quelque chose. Là aussi on trouve une raison de travailler en étant grand-mère", confie-t-elle en souriant.

Selon les experts, la paupérisation des séniors ne va cesser d’augmenter durant les vingt prochaines années, notamment en raison du vieillissement de la population, particulièrement fort en Allemagne. Le gouvernement a donc annoncé l’ouverture d’un dialogue cet automne avec les représentants des retraités. Ulrike Mascher y sera.

Elle compte demander une hausse de l’allocation complémentaire car "pour le moment, elle permet à peine de couvrir les besoins de tous les jours". Mais sa première revendication est l’introduction d’un salaire minimum interprofessionnel. Car selon elle:

"Des salaires de misère ne peuvent entrainer que des retraites de misère."

je voit que tu as mis beaucoup d'articles ,mais tu a oublier de citer les sources ,c'est contraire á loi sur la propriétés intellectuel . donc je te prie donc de les indiquer .
  certains articles datent ,et certains chiffres et affirmation ne sont plus de mise ,mais l'essentielle reste valable .aussi j'ai déjas signaler depuis longtemps ses problèmes dans cette rubrique http://www.expat.com/forum/viewtopic.php?id=148913  .
pour faire plus court le taux de pauvreté  est de 16,1% en Allemagne  contre  15,4%  en France .les 2/3 des pauvres sont des étrangers car souvent ils ont aucune formation . oui   beaucoup de retraité travaille á coté ,si certains le font par obligation ,ce n'est pas le cas de tous . mais en France c'est la même chose aussi , le régime argic-arcoo est en faillite a partie de 2019 les retraite complémentaire serons revus á la baisse est servit un an plus tard . jean  Luc ;)

il y a une chose que l'on parle peu ,c' est la justice du travail  .il faut savoir que si les salariers (50%) des grands groupes ,réunit autour de puissant syndicats et avec leurs convention collectives sont bien défendu .Il en va autrement pour les autres .La justice du travail ,n'est en rien comparable  avec les prudhomme en France,ici elle est rendu par des juges professionnelle ,et devras rendre justice [large]en tenant compte de l’intérêt supérieure de l'emtreprise [/large] .il faut savoir que le patron après avoir pris connaissances de fait grave , a deux semaine pour convoquer la personne ,et la licencier ,ce délais permet  á l'avocat de ficelé l'affaire ,car il n'est pas nécessaire de prouver la faute ,mais simplement d'avoir le sentiment  qu'une faute a étais commissent ,cette notion est très importante ,car elle permet de se débarrasser d'un vieux salariés  pour peu de frais ,car avec un licenciement normale ,celui pourrais toucher 15-20 000€ de dédommagement ,en plus du chômage,lá rien á payer ,et si le salarier va au tribunal ,celui -ci devras rendre son verdit dans l'intérêt supérieure de l’entreprise ,et ne donneras que 2000-3000€ de dédommageant . certains patrons aurons aucun scrupules a monter des fausse affaires ,avec la complicité actives de leurs avocats ,car se sont eux qui vont conseiller leurs clients . la victime a trois semaine pour déposer son dossier au tribunal ,au de las il seras pas recevable . il est nécessaire d'avoir une berufschutzrecht (assurance défense recourt du travail) . dans les semaines qui suivent le tribunal convoque les parties  pour une séance de conciliation , qui est en fait une séance oú on met au courant le salarier qu'aller plus loin ne sert á rien ,si la faute n'est pas avérer ,on propose une somme ridicule en faisant comprendre qu'au procès se seras peut être moins ,85% des affaires s'arrête lá .moi j'ai jamais vu un salariers gagné contre un patron . :( .jean  Luc ;)

Très intéressant ton commentaire.
Je n'ai pas travaillé très longtemps en Allemagne mais j'ai eu le temps de me rendre compte à mes dépends que les petits patrons font un peu ce qu'il veulent et que, malgré les fantasmes de beaucoup de Français sur l'emploi en Allemagne, et bien c'est pas toujours bien.
Du coup je préfère travailler en déplacement en France pour des Français et retrouver ma famille le week end en Allemagne. C'est pas toujours facile mais comme ça je me sent beaucoup mieux.

HethalmiR :

Très intéressant ton commentaire.
, malgré les fantasmes de beaucoup de Français sur l'emploi en Allemagne, et bien c'est pas toujours bien.
Du coup je préfère travailler en déplacement en France pour des Français et retrouver ma famille le week end en Allemagne. C'est pas toujours facile mais comme ça je me sent beaucoup mieux.

ben non c'est pas toujours bien , je  connais un cas proche de moi ,donc le patron a monter un trac nard  , avec son avocat  qui lui a pas  hésiter une seule seconde  a aider son client a monter son affaire ..En Allemagne tout le monde n'est pas  loger á la même enseigne . jean  Luc ;)

13 millions de nouveaux pauvres en Allemagne
“Elle a 29 ans, elle est étudiante à Berlin, et elle fait partie des quelque 13 millions de personnes recensées en Allemagne comme pauvres ou proches du seuil de pauvreté”, résume le quotidien berlinois. Ce chiffre émane de l’Office fédéral de la statistique, qui relève deux grandes tendances : d’une part, être d’origine étrangère ou famille monoparentale ou nombreuse sont des facteurs de risque aggravants, d’autre part l’est et l’ouest du pays suivent une évolution inverse – la pauvreté diminue à l’Est, elle augmente à l’Ouest. Ce rapport, présenté le 22 septembre, s’appuie sur la définition de l’UE, selon laquelle une personne est pauvre ou menacée de pauvreté si elle dispose de 60 % du revenu net médian (décliné selon les régions allemandes). Ce calcul soulève toutefois un débat sur la qualification de “pauvre”, notamment parce que les étudiants y sont surreprésentés. L’organisation humanitaire Caritas souhaiterait par exemple que, grâce à une meilleure différenciation (pauvreté, pauvreté relative, niveau de vie précaire,…), les plus pauvres ne disparaissent pas dans la masse des “nouveaux pauvres”http://www.courrierinternational.com/une/societe-13-millions-de-nouveaux-pauvres-en-allemagne 
en plus intéressant   https://www.welt.de/wirtschaft/article1 … schen.html    jean  Luc  ;) 

PS: il s'agit pas de nouveaux pauvres ,mais de pauvre simplement ,mais doit on considérer l es étudiants comme des pauvres ?ils l e sont si on on ne retient que le salaire comme base , mais en réalité le  sont t'ils vraiment ?pour les apprenti la même question se pose? Mais la réalités est là la pauvreté a augmenter ,et elle va augmenter dans l es prochaine  année avec la crise des immigrants . jean  Luc  ;)

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