Accès à l'emploi des népalais

Bonjour,
J'ai commencé une étude à caractère géographique sur l'accès au travail des népalais. Je me doute que pour l'essentiel, c'est un accès direct à l'emploi et la formation est un apprentissage sur le tas. Mais j'ai compris qu'il y avait aussi des structures de formation à caractère professionnel qui existaient, y compris celles créées par des ONG. J'ai deux clichés à l'esprit : la formation des guides de montagne et l'expatriation de gens qualifiés ou pas voir les pays du Golfe et les mauvais traitements qu'ils y subissent (cf. articles de presse).
Pourriez-vous m'aider à dégrossir sommairement mon sujet : existe t-il des statistiques qui me permettraient d'avoir une idée de la population active et des jeunes en formation ? Pourrais je trouver une liste des structures de formation qui existent dans le pays (formations officielles ou ONG).. Même des éléments très partiel m'aideraient. J'ai l'intention de venir à Katmandou en 2016 pour faire une étude de terrain (rencontrer des responsables - interroger des gens). Cela vous parait-il raisonnable.
Merci de votre aide
:)

Pour compléter mon propos d'hier , pensez-vous que le développement de la formation professionnelle permettraient aux népalais de développer d'autres activités que l'agriculture - ce que les jeunes paraissent souhaiter et d'éviter l'expatriation ?  Les migrants rentrant au pays paraissent ne pas vouloir retourner à l'agriculture. Comment le pays pourrait il valoriser leur expérience professionnelle pour développer de nouvelles activités ?

Bonjour
Votre message m’intéresse. Je ne suis pas localisée au Népal et je n’ai qu’une vision, forcément étroite, de la vie au Népal mais je serai contente de voir votre demande aboutir. Si je peux vous aider de quelque sorte que ce soit, à partir de France, dans la mesure de mes possibilités, je serai ravie d'apporter ma contribution. Je pense aux contacts avec le consulat et/ou l’ambassade, les chambres de commerces, les missions locales, les ONG. Si vous souhaitez un peu d’aide, donnez-moi une feuille de route et je vous dirai si je peux ou pas vous aider.
Dans l’attente des suites qui seront données à votre message, bonne fin de journée,
Cordialement
Laurence

Bonjour,
Merci de votre proposition de collaboration à mon étude. J'ai commencé un premier travail de recherche en bibliothèque auprès de l'IRD et j'ai interrogé l'ambassade du Népal. Pour le moment je n'ai pas grand chose d'où mon appel à l'aide.
Mon premier objectif est d'arriver à décrire le marché du travail au Népal : comment trouve t'on du travail à la ville ? Est-ce qu'il existe des bureaux de placement ? Quelles sont les filières pour travailler à l'étranger (n'oubliez pas que la campagne népalaise est en surpopulation) ? Et puis essayez de rassembler des informations sur les structures de formation (on voit des choses en ligne : formation des moniteurs de trek etc..).. Je veux bien votre aide pour m'aider à agréger des informations..
Pour vous rassurer je vous précise que je suis un étudiant en reprise d'étude. Mon métier pendant plus de 30 ans c'était l'organisation  de la formation professionnelle. Par ailleurs, j'ai déjà fait un bref séjour à Katmandou.
Cordialement
Gérard

Bonjour

Pour compléter votre analyse, voici quelques impressions
Les campagnes ne sont pas saturées, elles semblent même très peu exploitées, plus on monte dans la montagne. De grandes étendues sont totalement vierges alors que la terre y est fertile et la culture possible, même avec les conditions météorologiques difficiles.
Le système d’héritage évite le partage des terres détenues par une même famille entre les différents enfants, même s’il est critiquable, mais, pour une raison que j’ignore, ce système ne permet pas d’étendre les parcelles, je n’y vois qu’un problème lié à la pauvreté. La taille de la parcelle permet à une famille de survivre mais ne permet pas de dégager du profit. On cultive pour se nourrir pas dans un but d’exploitation à des fins commerciales.
La taille des parcelles ne permet pas la mécanisation des exploitations. Les parcelles sont  bien trop petites pour permettre l’arrivée de moyens comme, par exemple, les tracteurs, même modestes. En plus,  aucune route ne permet le transport des denrées produites. Les produits agricoles ne circulent pas ou peu à dos d’hommes. Dans les montagnes, les cultures sont uniquement là pour subvenir aux besoins mais ne représentent pas une possibilité de travail rémunéré permettant de faire vivre correctement une famille. Des hommes louent leur bras mais ce revenu reste plus que modeste.
L’agriculture ne peut donc représenter une source de revenu suffisante ou un emploi stable. Les jeunes sont donc obligés de trouver un autre travail, pour s’assurer un revenu. Cela ne prend pas en compte la pénibilité du travail, l’isolement des campagnes, l’absence de moyens de communications, l’accès plus qu’aléatoire à internet ou au téléphone et le système d’héritage. Les jeunes comme partout, aspirent à une vie plus connectée, accentuée par l’activité touristique qui se développe. Notre modèle de société de consommation est totalement bouleversé, et son évolution ne se fait pas dans le même ordre que le nôtre. Il ne s’agit, bien entendu, pas d’une critique ou d’un jugement  mais d’une simple constatation. On accède à un téléphone portable avant par exemple le téléphone filaire, comme nous avons pu le connaître.
En descendant des montagnes, les cultures se densifient, avec essentiellement des cultures céréalières, en escalier. Là aussi, le mode d’exploitation ne permet pas la mécanisation du travail. Plus on s’approche de la capitale et plus les parcelles s’agrandissent. Là aussi, je n’ai pas vu d’engins agricoles.
A l’approche de la capitale, le réseau routier se densifie et permet l’acheminement des denrées. Mais, je n’ai fait que traverser très rapidement ces zones et je ne peux donc vous donner un avis.
Le secteur secondaire ou industriel est peu développé. Je n’arrive pas, par exemple, à obtenir la liste des sociétés implantées au Népal. Il y a une part d’opacité certaine, mais surtout une organisation très difficile à comprendre et très cloisonnée. Je n’ai obtenu aucune réponse aux questions posées lorsque j’ai fait appel à des administrations népalaises. Je n’ai pas trouvé le bon fil à dérouler. Sur les sites d’emplois, on ne trouve rien ou presque, en dehors du secteur touristique.
Je discute avec Chauhan, un guide népalais, qui souhaite faire une formation en mécanique. D’après lui, le secteur est porteur et la main d’œuvre recherchée. Je peux lui demander de prendre contact avec vous.
Je suis également restée en contact avec notre ancien et tout premier guide, Kiran.
Si Chauhan rêve de venir en France pour travailler, ce n’est pas le cas de Kiran, qui n’a pas émis de volonté de changer de pays.
Il existe des accords avec des pays. La Corée du Sud, par exemple, a lancé mi 2014 un plan de recrutement. Après passage d’un test et sa validation, démontrant l’apprentissage des premiers mots utiles de la langue Coréenne, les jeunes sont invités à se rendre dans le pays pour y travailler. Par contre, le job prévu n’est pas connu à l’avance et je ne sais pas comment se passe le placement.
En ce qui concerne les pays du Golf et leurs conditions, les jeunes qui rentrent ne reviennent pas avec un bon souvenir de leur séjour. Il semblerait que cela soit également vrai pour les retours de pays d’Asie comme l’Indonésie, la Malaisie… Les conditions de travail restent très dures. Les quelques échos que j’ai pu en avoir est une jeunesse qui préfère rester au pays plutôt que de repartir vers ces pays (hors Corée).
Durant mes différents séjours, je n’ai pas eu l’occasion de voir des usines. J’ai lu un article sur l’industrie du textile qui semble bien implantée mais je n’ai rien lu d’autre.
Le pays ne dispose pas ou peu de ressources minières exploitées et exploitables.
Je ne sais pas si vous êtes en accord avec cet écrit et si vous partagez ce point de vue mais n’hésitez pas à apporter toutes les corrections ou rectifications souhaitées,

Bonjour,

Merci infiniment pour votre superbe témoignage qui éclaire les choses d'un point de vue que je comprend mieux à propos de l'agriculture népalaise. En vous lisant j'ai des images qui me reviennent de la vallée de Katmandou qui corroborent ce que vous décrivez.

Pour ma part, j'ai commencé ma réflexion avec un article d'universitaires sur "l"agriculture népalaise et phénomènes migratoires" et la complémentarité qui s'est établit entre les 2. Voici ma référence : cairn.info/revue-autrepart-2012-3-page-141.htm. Les auteurs font des migrations de travail la deuxième source de revenu du pays, après celle de l'agriculture. Avez-vous ressenti une telle pregnance de la nécessité de migrer ? Partagez-vous cette analyse ?

Sur le plan du développement de la formation professionnelle au Népal, j'ai découvert un plan stratégique 2014 -2018 de leur CTEVT qui date de juin 2014. Voici mes références : ctevt.org.np/files/Final CTEVT Revised Strategic Plan.pdf
C'est un beau plan comme on aime les faire en Europe avec mise en place de NVQ (VAE pour nous). Dites moi votre ressenti sur ce document très officiel, si vous sentez l'intérêt ?

Merci encore de vous interesser à ce travail. Je viens  également de découvrir les travaux de leur Bureau de Statistiques, j'espère pouvoir poser bientôt les bonnes questions.

Cordialement

Gérard

Bonjour,
J'ai récupéré les deux documents sur Internet. J'en prends connaissance et je reviens vers vous dès que possible.
Bonne fin de journée et bon courage dans vos recherches
Cordialement
Laurence

Bonjour

J'ai avancé dans la lecture du premier document. Par fainéantise, j'ai débuté par le document en français Agriculture et Migration. Avez-vous une adresse email où je peux vous faire passer un mémo ?
Dans le cas contraire, pas de soucis, je ferai beaucoup plus court.
Bonne Journée
Cordialement,
Laurence

Bonjour,

Vous avez du courage. J'ai trouvé ce texte intéressant dans le lien que les auteurs développent entre agriculture et migrations.

Moi, il faut que je me lance dans la traduction de la monographie 2014 de la population du Népal de leur Bureau Central de Statistiques. Ils distinguent bien les activités formelles et les activités informelles qui jouent un rôle important dans l'économie des PVD.

Voici mon mail : geraubert1946[at]hotmail.com

Merci encore de vous passionner sur ce sujet.

Bien cordialement

Gérard

Bonjour

Mémo envoyé sur votre messagerie
N'hésitez pas à émettre tous les commentaires que vous souhaitez
Le Népal est un très beau pays, je suis revenue en France avec pour seule idée d'y retourner très vite.
Je suis intéressée par tout ce qui touche le pays, livres, articles de presse, alerte internet... et ce quelque soit le sujet
Ce n'est donc pas une contrainte d'aborder un sujet comme celui que vous proposez, c'est même plutôt très enrichissant.
Je reste bien entendu à votre disposition, si vous le souhaitez, pour vous aider (si cela vous aide !)
Bonne journée
Cordialement

Laurence

Bonjour,

Merci d'avoir pris le temps d'analyser le texte des universitaires sur agriculture et migrations. Votre commentaire permet mieux de comprendre la logique des migrations de travail, alors que les universitaires se sont contentés d'une approche démographique pour expliquer le phénomène. Il va me rester à essayer de quantifier les choses : combien de personnes partent ? Ca parait très lourd dans l'article, je vais voir si je peux y arriver en épluchant les chiffres de leur monographie de la population.

En regardant quelques chiffres on s'aperçoit que la population active népalaise n'est plus aussi agricole que j'en avais l'impression;,ainsi selon les recensements pour les 2 sexes :

Année         Secteur Primaire    Secteur secondaire        Secteur tertiaire
1971                   94, 4%                      1,2%                              4,5%
1981                   91    %                       0,1 %                            6,5%
2001                   65   %                      12,0  %                          22,2 %
2011                   64,3%                         9,2 %                           24   %

Ces quelques chiffres montrent que le décollage économique a eu lieu dans les années 90 (je n'ai pas 1991), que  les activités de service représentent 25 % de PA (tourisme - hôtellerie, mais pas seulement) et continuent sans doute de progresser.  Donc, il y a matière à une étude sur place pour voir comment cela se passe, quel est le rôle du développement de la formation professionnelle (le doc que je vous ai passé). comment se passe concrètement l'accès au travail, autre que familial. A moi de convaincre mon prof..

Désolé, je vous implique dans ma réflexion, mais en ce moment c'est vous qui me forcez à avancer. Merci à vous. Vos commentaires me permettent d'éclairer tout ça.

Je reviens vers vous rapidement.

Bonne journée

Gérard






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