COMMENT S'EXPATRIER EN INDE.QUI PEUT M'AIDER?...

Bonjour à tous,

Je suis nouvelle sur ce blog.
Avec tellement de questions à poser..
OK...Je me lance...
Voilà, c'est décidé, je vais partir vivre en Inde avec mon mari.
Notre départ est programmé pour Novembre ou Décembre de cette année.
Comment obtenir notre carte de résident permanent?
Eventuellement la nationalité indienne?...
Y a t-il des conditions à respecter?
Par exemple, doit on avoir un logement fixe, un travail?..
Et si oui, depuis combien de temps?..
Pour un déménagement avec un container, combien faut il compter?...
Pour amener notre voiture?..Y a t il une taxe à payer?...

Merci infiniment à ceux et à celles qui pourront nous apporter le maximum d'informations...

A bientôt de vous lire.

Namasté Maganavi,
avant de répondre à certaines de tes questions, je t'en pose une : es-tu déjà allé en Inde ? Ce n'est pas une agression, hein ! C'est vraiment une simple question.
C'est à cause de ta question sur ta voiture. Si tu es déjà venu en Inde, tu sais que conduire dans le trafic indien requiert d'être...Indien... Ou alors, de vivre à Goa (et même là il faut avoir une certaine pratique) où de ne se déplacer que dans un périmètre restreint et facile (certains quartiers de New Delhi par exemple celui des ambassades où les routes sont larges, bien entretenues et pas trop fréquentées, mais sorti de ces périmètres autant laisser sa voiture). C'est aussi possible dans des coins reculés , à la campagne, mais là encore, seulement dans un périmètre réduit parce que dès que l'on rejoint la grosse circulation, cela devient la roulette russe pour un nouvel arrivant. Pour te donner une idée, j'ai lu un jour sur le forum du guide du routard une réponse à une question concernant la conduite en Inde. Cette personne avait loué une voiture à la sortie de l'aéroport à son arrivée en Inde. Le guichetier de l'agence de location faisait tout pour l'en dissuader et lui proposait les services d'un chauffeur. Notre héro pense que le guichetier essaie de lui refourguer ce service pour se faire un peu plus d'argent ( en Inde les européens sont parfois trop paranos, il faut dire que parfois il y a de quoi!). Il prend possession de la voiture, s'engage dans le trafic...et fait demi-tour après les premiers 400 mètres ! A son retour au bureau de location, le guichetier hilare l'attendait avec un chauffeur...
De plus, faire venir une voiture de France n'est pas financièrement avantageux, il est bien plus facile de la vendre à votre départ et d'en acheter une sur place. Comme vous pourrez acquérir une voiture de qualité égale à moindre coût vous aurez fait une plus-value, alors qu'en amenant la votre vous aurez dépensé de l'argent. Enfin, même si vous êtes les enfants de Rémi Julienne (célèbre cascadeur français connu pour ses cascades en voitures) ou l'un des animateurs de « top gear » (qui ont fait une traversée en voiture en Inde (épique et hilarante) mais ce sont des fous!) ou encore l'inconscient Antoine de Maximi qui avait lui aussi fait un périple (en tremblant pas mal tout de même, mais il est évident qu'il n'avait pas conscience des risques qu'il prenait, il a eu de la chance, mais vraiment de la chance !), sachez que votre voiture prendra constamment des pets, c'est le minimum, et qu'en cas d'accident vous n'aurez pas le samu 10 minutes plus tard pour vous sauver la vie... Et la prise en charge des blessés en Inde est plus qu'à revoir vu que ce sont les personnes sur place qui s'en occupent et cela veut dire que vous aurez beaucoup de chance (1 sur 1 million au bas mot) de tomber sur quelqu'un ayant eu une formation de secouriste, ou même une vague idée de ce que c'est ! Et lorsqu'on connaît l'importance des premiers gestes...Malheureusement, les Indiens eux aussi ont des accidents, ce qui fait qu'en se faisant conduire par un autochtone le risque n'est pas zéro, mais il est moindre (à mon humble avis) que si l'on conduit soi-même.
Si vous êtes déjà venu et que donc votre question était faite en connaissance de cause, alors je m'incline et vous demande d'excuser mes propos alarmistes, chacun est libre de ses choix et je respecte donc le votre. Seulement, même si je suis quelqu'un qui encourage les expériences (même très folles) et que je n'écoute pas les personnes qui me donne un avis trop négatif sur mes propres projets, dans le cas de la conduite en Inde je ressens un fort besoin de jouer (une fois n'est pas coutume) l'oiseau de mauvais augure ; c'est presque un devoir, sinon on peut presque parler de « non assistance à personne en danger » !
Si vous n’êtes pas déjà allez en Inde, et que donc vous n'aviez pas envisager de vivre sans voiture, sachez que vous vous en sortirez très bien sans, et que l'usage des transports en commun et individuels ou même d'une voiture avec chauffeur n'est pas cher au regard de nos budgets d'Européens, même les faibles budgets.
En ce qui concerne les papiers, c'est encore une autre histoire. Pour ce qui est de la nationalité indienne, sache que (mis à part si cela a changé très récemment) tu devras abandonner la nationalité française. L'inde n’accepte pas la double nationalité contrairement à la France. Ce qui veut dire qu'en abandonnant ta nationalité française tu perdras tes droits, comme ta retraite, ainsi que les soins de sécu etc et que tu devras demander un visa pour aller en France... Tu va voir que je ne suis pas quelqu'un de frileux parce que j'ai moi-même l'intention de demander la nationalité indienne d'ici une dizaine d'années! Je perdrais donc ma nationalité française ce qui est un peu un paris de fou mais « même pas peur » ! Mais ! Pour demander la nationalité indienne il faut avoir longtemps séjourné en Inde et remplir certaines conditions que je ne connais pas bien vu que je ne me suis pas encore penchée sur la question sérieusement. Cela ne sert à rien puisqu'il faut avoir acquis, au préalable, un titre de séjour, une sorte de carte de résident qui est valable une dizaine d'années. Comme je n'ai pas encore obtenue celle là, je me focalise d'abord sur elle puisqu'elle est un préalable à la suite. De plus, je me dis que d'ici 10 ans je pourrais avoir changé d'avis et dans tous les cas les règles auront peut-être changé...
Pour obtenir un titre de séjour il n'y a pas 36 solutions, il y en a deux  à ma connaissance. La première : être marié avec un indien, vous n’êtes donc pas concernés. La seconde : être embauché par une entreprise indienne ou être expatrié par son entreprise en France qui a des succursales en Inde. Être un expatrié par son entreprise ne pose pas de difficulté particulière,  faut-il travailler dans une entreprise qui le propose. Pour les autres, ceux qui ont besoin d'être embauchés par une entreprise indienne, c'est plus compliqué. Pour que votre embauche soit approuvée par le gouvernement indien il faut que vous apportiez la preuve que votre embauche a été motivée par le fait que vous avez une spécialité particulière, suffisamment rare en Inde pour que vous ne piquiez pas le poste à un Indien. Être généticien ou  ingénieur dans le nucléaire par exemple ou encore que vous apportiez un savoir typiquement français: vous êtes boulanger ou cuisinier. Il faut aussi, et là ça se complique, que le salaire soit au minimum (aux alentours) de 800 euros ce qui est un très gros salaire en Inde (donc « quasi » impossible pour les métiers tels que boulanger ou cuisinier même dans un hôtel 5 étoiles). Ensuite, suivrons une grosse partie paperasse, lourde mais pas impossible. Dans tous les cas, vous ne pouvez pas trouver un boulot en Inde et commencer aussitôt, il faut retourner en France pour faire la demande de visa de travail.
Tout cela concerne une installation dans les règles de l'art. Après il y a le système D, l'usage de visas touriste de 6 mois que l'on va renouveler tous les 6 mois dans un autre pays. Il faut savoir que l'on n'a pas le droit de travailler en Inde sans être à jour de ses papiers de travail et que même si beaucoup le font, c'est très risqué. Tout d'abord, vous aurez été vite repérés et vous aurez à graisser bien des pattes pour qu'on ferme les yeux (le bakchich fait partie intégrante de la vie en Inde, il n'y a ni à s'en plaindre ni à s'en réjouir, il faut juste en être conscient et faire avec). Ensuite, même si on arrive à  s'installer dans ces conditions, on peut un jour se voir refuser un visa sans explication et donc devoir abandonner tout ce que l'on a construit sur place. Et on n'est pas non-plus à l’abri de nouvelle règles comme ce fut le cas ces deux dernières années où il fallait attendre 2 mois entre deux sorties de territoire et un mois supplémentaire pour un renouvellement de visa. Heureusement cette nouvelle règle a été abandonnée.
C'est donc risqué d'utiliser les visas touriste mais pas impossible, en tout cas c'est aléatoire. Pour ma part, c'est à un niveau de risque que je trouve acceptable (alors que la bagnole;-).
Je ne connais probablement pas toutes les ficelles, aussi je suis comme toi, j'attends avec impatience les autres réponses...
En tout cas, même si une installation en Inde n'est pas facile, cela reste possible et une expérience passionnante. Si toi et ton époux n'êtes jamais venu en Inde, je vous suggère fortement de venir faire un premier long séjour (un court séjour ne donne qu'une toute petite idée et loin de la réalité du quotidien) pour vous faire votre propre idée de ce qu'est l'Inde, parce que tant qu'on n'y a pas mis les pieds on ne peut pas imaginer ce que c'est réellement, et de plus chacun en aura sa propre vision/version. Je dis souvent que l'Inde est une autre planète sur notre planète. Êtes-vous près à vivre au milieu des Martiens ?  Moi, j'ai voté pour, mais je sais oh combien !c'est un pari un peu fou.
Voilà pour aujourd'hui, je ne connais pas les prix pour les containers et je suis moi aussi intéressée par les réponses à ce sujet. Je te remercie donc d'avoir lancé cette conversation sur ce blog.
A très bientôt et bonne préparation.
Victoria.

Namasté Victoria,



En effet, je n'ai encore jamais mis les pieds en Inde, mais, mon compagnon, lui, y séjourne depuis 1 mois maintenant et il me fait partager  plusieurs fois par jour ce qu'il vit à chacun de ces déplacements à travers cette autre "planète"...LOL
Oui, j'imaginais bien que ce serait de la folie de conduire là-bas, surtout dans les villes...Mais,c'était juste une question de curiosité...
Par contre, pour ce qui est de nous installer définitivement là-bas, je pensais que ce serait plus facile et moins contraignant...
En fait, je ne sais pas comment on va faire alors...?
Car, si tous les 6 mois, on doit quitter le territoire pour rentrer en France, pour refaire un nouveau visa touristique, on n'est pas sorti de l'auberge...
Sachant que mon compagnon est à la retraite et que moi j'aimerai cesser toute activité, si ce n'est faire du bénévolat, mais, sans contrainte aucune...Aider les gens, et qui sait, créer une petite entreprise, histoire de faire rentrer un peu de sous et d'en faire gagner aux plus nécessiteux par la même occasion...
Mais comment font donc tous ces gens qui émigrent en Inde?...
Ils ne font pas tout de même les vas et viens tous les 6 mois quand même?...
Surtout qu'à tout moment, on peut leur refuser cette autorisation...
Et, j'imagine qu'ils ne travaillent pas tous pour minimum 800 euros par mois...?
Moi qui voulait changer de vie et me consacrer aux plus démunis jusqu'à la fin de mes jours...

Merci encore Victoria pour ces renseignements...
Si jamais, vous entendez parler de quelque chose qui pourrait nous aider, merci de me le faire savoir.

A bientôt.

Re Namasté Maganavi,
je me doute que je t'ai un peu asséné une douche froide mais je continue tout de même à te dire que c'est possible. Il n'est pas obligatoire de rentrer en France pour un nouveau visa, mais il faut sortir du territoire indien, aussi la plus part des « expats visa touriste » se rendent au Népal. Là, en quelques jours fort agréables à Katmandou, le tour est joué et retour en Inde.
Le visa pour aller d'Inde au Népal peut s'obtenir à la frontière terrestre lorsqu'on passe par la route et cela ne prend que quelques minutes. On peut aussi se le faire établir à l'arrivée à l'aéroport de Katmandou. Il faut donc envisager sa vie avec l'idée que l'on part en vacances tous les 6 mois. Pas trop contraignant en fait vu de ce point de vue!;-) Beaucoup aussi se rendent en Thaïlande d'où ils reviennent avec un nouveau visa.
Le voyage au Népal par la route ne coûte presque rien et la vie à Katmandou, si elle est un peu plus cher qu'en Inde (et encore pas trop et pas pour tout), ne revient pas à beaucoup ce qui fait que ce « petit » voyage tous les 6 mois rentre parfaitement dans un budget pour vivre en Inde. Par avion ce n'est pas très cher non-plus d'autant plus que l'on peut prévoir longtemps à l'avance. Le seul hic, je l'ai signalé et tu l'as remarqué, c'est l'aspect aléatoire de l'obtention du visa. Les bruits les plus alarmistes courent régulièrement sur ce sujet, mais à ce jour, mis à part la règle des deux mois qui a sévit durant les deux dernières années et qui avait lourdement compliqué les choses, aucun soucis n'a été signalé. J'ai moi-même cédé à l'angoisse à plusieurs reprises par le passé mais j'ai arrêté de vivre avec cette parano. La règle des deux mois était la conséquence des attentas de Bombay et a été levée plutôt rapidement, je m'attendais à ce que cela perdure vraiment longtemps. La colère à ce sujet grondait sur tous les forums, beaucoup abandonnaient leurs projets de voyage en Inde. Est-ce que l'état indien en a eu vent et l'a pris en considération ? Je ne sais pas mais en tout cas ce changement de cap prouve, en fait, que même si l'Inde complique un peu les choses, elle veut tout de même conserver la manne financière importante que nous représentons. Aussi, je pense que le risque est faible de se voir refuser un visa, mais qu'en effet le risque existe.

Pour votre cas personnel, je pense à ceci : j'ai rencontré beaucoup de retraités français qui passent les 6 mois d'hiver en Inde et les autres 6 mois en France. Durant ces 6 mois en Inde, leurs dépenses sont moindres qu'en France, aussi économisent-ils durant cette période ; de plus, comme ils ne consomment pas de chauffage en France, leurs factures énergétiques sont bien plus faibles et permettent une économie substantielle sur leur budget annuel. Ainsi disposent-ils de plus de moyens durant leurs 6 mois en France.
Vous pourriez aussi avoir un pied à terre en Inde dans lequel vous passeriez les 6 mois de votre visa puis vous voyageriez en Asie le reste du temps si votre budget le permet. En fait, avec une retraite de Français, même faible, c'est possible. Si l'on ne veut pas vivre exactement avec le même confort qu'en France, il est possible de vivre avec peu en Inde. Il faut juste prévoir tous les à-côtés et ils sont nombreux, j'y viendrais plus tard si ça t'intéresse toujours.
Avec ce système d'un visa par an de 6 mois vous restez de « vrais » touristes et le renouvellement de visa devient beaucoup moins aléatoire.
Je poste ce message, un autre suit.

Pour les 800 euros par mois, c'est le salaire minimum que dois te payer une entreprise indienne qui t'embauche, et dans ce cas tu n'es pas concerné par les visas touriste de 6 mois puisque tu as un visa travail. Aussi, ceux qui vivent là avec les visas 6 mois se débrouillent autrement pour financer leur vie ici, beaucoup font du business de vêtements ou d'objets avec leur pays d'origine. Mais il y a tant de cas différents que je ne les connais pas tous (retraités, ou encore des personnes qui ont un bien à la location dans leur pays d'origine ce qui leur assure une petite rente mensuelle qui ne suffirait pas pour vivre en Europe mais qui est suffisante pour une vie en Inde, ou encore j'ai rencontré un espagnol qui avait une pension handicapé, il avait de gros problèmes au dos, et si ce budget est limite pour vivre en Espagne, en Asie il peut vivre très très correctement etc). Je connais aussi un couple qui a une guest house à côté de Pondi et qui fait les aller-retours au Népal depuis 3 ans (chacun leur tour...). C'est très risqué mais ça marche, ils sont jeunes, ils ont toute la vie devant eux, ils peuvent se permettre de prendre le risque de tout perdre, ils recommenceraient ailleurs et puis voilà.
Pour ce qui est de faire travailler des Indiens, voici mon conseil : attends de connaître les Indiens et vois après. Dès ton arrivée tu comprendras à quel point ce sont des Martiens pour nous et nous sommes des Martiens pour eux. Plus tu vivras à leur contact, plus tu verras le fossé culturel qui nous sépare. Pour ma part, je croyais avoir compris beaucoup de choses après une année complète en Inde... 5 ans plus tard, je vois encore plus de choses, j'ai compris que c'est un puits sans fond.
Par exemple, ils n'ont pas du tout la même logique que nous. Je croyais que le cartésianisme était une évidence universelle et j'ai appris en Inde que d'autres possibles existent. Un point très important lorsqu'on travaille avec les Indiens, c'est qu'ils n'ont pas du tout comme objectif de gagner du temps en organisant le travail dans ce sens. C'est en Inde que j'ai compris à quel point ! nous (les Européens) organisons tout dans l'objectif de faire le maximum de choses dans un minimum de temps. Nous pensons « efficacité » et nous voulons un résultat comme-ci et comme-ça. Or, en Inde, tout est possible, mais il ne faut surtout pas avoir d'attentes précises sur les résultats, ni sur les délais. Ils n'ont pas besoin de gagner du temps, eux ! Du point de vue européen, les Indiens n'ont aucun sens de l'organisation alors que c'est juste qu'ils sont totalement différents de nous.
Il faut se rappeler que nous sommes chez eux ! Ils faut donc « faire » avec eux ! Ne pas se comporter en colonisateur et surtout éviter de croire que nous savons mieux qu'eux et que nous avons la bonne parole à leur apporter. Croire que nous allons leur apprendre quelque chose et une illusion, c'est nous que devons apprendre d'eux !
« Chez-nous » nous n'acceptons pas que les immigrés conservent leurs racines de manières ostensible, nous exigeons d'eux qu'ils fassent « comme nous ». Lorsqu'on vit en Inde, on comprend à quel point c'est extrêmement difficile de vivre comme les habitants du pays d'accueil quand il y a une telle différence culturelle. Heureusement pour nous, les indiens sont beaucoup plus tolérants que nous et ferment les yeux sur beaucoup de nos comportements aberrants pour eux. Et ils ont une forme d'admiration pour les « blancs ». Aussi sommes nous parfois traités comme des demi-dieux. Mais ils ont un passé colonial et cela se ressent notamment lorsqu'on veut travailler avec eux. La plus part vont te dire oui, mais ils n'auront rien écouté de ce que tu leur aura demandé et n'en feront qu'à leurs têtes. Une partie de ce comportement est probablement lié au fait qu'ils ont été colonisés par les anglais et qu'ils résistent (inconsciemment) aux « ordres » de "l'homme blanc". Heureusement les Anglais ont été des colonisateurs plus « élégants » que nous et les Indiens leur sont gré d'être passés par là et de leur avoir permis de sortir du moyen âge (ce n'est pas mon point de vue c'est ce que j’entends de la bouche d'Indiens). Aussi n'ont ils pas de haine des « blancs », juste une sorte de défiance quand il s'agit d'être sous leurs ordres. Et surtout et avant tout, ils sont vraiment différents de nous et intègrent dans leur vie la fantaisie avec beaucoup de sérieux;-). Par exemple, l'un de mes beaux-fils (20 ans) ment tout le temps, pour le plaisir. Toute la famille le sait, pour autant on écoute tout ce qu'il dit avec le même intérêt que si l'on savait que c'était vrai. On va même tenir compte de ce qu'il dit et l'intégrer au milieu d'autres informations plus sérieuses. Alors-même que l'on sait que c'est faux ! Des Martiens je te dis ! J'ai des centaines d'exemples sur nos différences, et ces différences touchent les fondamentaux sur lesquels nous avons été élevés.
Alors pour vivre heureux en Inde, et apporter quelque chose aux Indiens, il faut être prêt à revoir tous nos fondamentaux, et voir dans cette expérience, un réelle expérience, un gros travail à faire sur soi. Je pense que c'est possible en ayant une très grande ouverture d'esprit. Je n'aime pas le mot tolérance parce qu'il sous entend que l'on juge qu'il y a une erreur mais que dans une grande mansuétude, on tolère. Je lui préfère l'acceptation. Accepter c'est accueillir. Et pour ma part, si je suis heureuse avec les indiens c'est que je les aimes tels qu'ils sont et que même si régulièrement ils me déroutent (voire m'agacent, mais les français m'agacent bien plus, et heureusement pour moi, je m'agace en fait très peu;-), ils me permettent aussi de voir la vie sous un angle radicalement différent et cela m’enrichit énormément. Je peux te dire que depuis 6 ans, lorsque je rentre en France, je ne vois plus du tout la France et les Français de la même manière !
L'Inde impose l'humilité !
Je reviens sur ton désir de faire de l'humanitaire plus tard.

Chère Victoria,

Tu m'as fait beaucoup rire tu sais?...
C'est drôle ce que tu dis mais, en même temps, c'est si intéressant...Si envoûtant...
J'ai toujours penser, que, moi-même et mon compagnon, étions vraiment des Extra-terrestres!
Car, nous n'avons que très peu de points communs avec les humains que nous côtoyons ici...
J'explique:Nous sommes des amoureux de la nature et des animaux, nous sommes des révoltés du système occidental, nous sommes végétariens à forte tendance végétalienne...Nous aimons vivre simplement, sans artifice, manger BIO...etc...
Du coup, l'Inde, est pour nous, devenue, une évidence...
Les Hindous bouddhistes sont sans doute ceux vers lesquels nous nous rapprocherions le plus..En sachant, que nous respectons bien-sûr, toutes les autres formes de pensées, à partir du moment où elle ne nous empêchent pas de vivre, tel que nous l'aimerions... Dans le respect, la compréhension, l'altruisme...etc...
Vivre en Inde ne me fait nullement peur.
Bien au contraire, je te rejoins pas mal sur ce point.
Plus je vis ici, en France et moins j'ai envie d'y rester...Et plus j'ai besoin de rejoindre ce pays qui m'appelle...
Je ne sais pas exactement encore, ce qui nous attend, mais, tu vois, Victoria, ce que je ressens au fond de moi, c'est que ça ne pourra jamais être pire qu'ici...
Si tu es d'accord, j'aimerais beaucoup que tu me fasses partager encore, tes anecdotes, car, en plus d'être marrantes, elles sont très enrichissantes pour moi.Elles me permettront de voir sous un angle nouveau, ce qui peut nous attendre quand nous viendrons enfin vivre en Inde...
Je te remercie par avance, du temps que tu pourras bien nous accorder et te remercie pour celui déjà gentiment offert.

A très bientôt de te lire Victoria.

Magali (c'est mon vrai prénom.. ;-)

Namasté Magali Ji,
je suis ravie de savoir que mes posts te sont agréables ! Je n'avais pas osé aller trop loin dans l'humour parce que je ne sais jamais à qui je m'adresse mais si ça te vas, je vais me lâcher ! Stimulée par ton enthousiasme, je te livre ici d'autres anecdotes. Je pense d'ailleurs que l'anecdotique est plus parlant que bien des discours.
L'une des difficultés à laquelle nous sommes confrontés lorsque nous vivons avec les Indiens, je te l'ai dit, c'est d'arriver à  ne pas avoir d'attentes sur les résultats.
Une anecdote pour illustrer mon propos :
Un artisan est venu chez nous durant 4 mois pour sculpter les murs en bois de l'un de nos houseboats. Il a d'abord réalisé les tracés au crayon (et parfois au gros marqueur noir) qu'il allait sculpter ensuite (évidage au ciseau à bois). Pour les parties qu'il devait laisser nues, il a tracé de grands zigzags en travers des panneaux (parfois au marqueur noir). Jusque là tout va bien...si ce n'est l'usage du marqueur...
4 mois passent, le chantier est fini...pour lui et ma famille (indienne)...
Je suis arrivée après: l'artisan était parti en laissant tous les tracés parfaitement visibles et aussitôt après... un peintre avait verni le tout ! On peut voir tous les nombreux restes de coups de crayons et marqueurs autour du travail d'orfèvre qu'il a exécuté et on ne peut louper les panneaux ( initialement prévus pour être laissés nus) zébrés d'un Z qui ne veut pas dire Zoro mais plutôt « zobi! ».
Sans compter quelques additions et soustractions gribouillées à même le mur et de préférence à hauteur d'yeux...
Tout ça, verni !
4 mois ! 6 jours sur 7 ! 10 heures par jour ! à mettre tout son cœur à produire un véritable bel ouvrage d'artisan, pour finir par livrer un travail qui, pour n'importe quel Européen, est un massacre, une aberration, un désastre. N'importe quel artisan français, même le plus abruti ou incompétent, ne pourrait livrer un travail massacré de la sorte ! Et aucun Français n'accepterais de payer pour ça ! Ça finirait même en procès !
Pourtant mon mari (Indien donc) était là à chaque étape du chantier, et n'a pas trouvé pertinent de demander à l'artisan d'effacer les tracés une fois son travail fini, pas plus qu'il ne l'a demandé au peintre venu vernir ensuite. Mon chéri a d'ailleurs été surpris par ma réaction, lui ne voyait pas vraiment où était le problème.
Je tiens à dire que je ne finance rien, mais il s'agit du gagne-pain de ma famille indienne et pour moi leur outil de travail venait d'être vandalisé (et en France, on sait quel respect on a pour son outil de travail...du moins c'est l'idée que nous avons de nous-même mais après avoir connu l'Inde on voit les choses autrement, je reviendrais là-dessus plus tard...).
Sur le moment, j'ai été stupéfaite. Puis en colère, dépitée, écœurée, bref, je virais grosse c...e. Et puis comme toujours, je me suis vue faire et je me suis reprise : si l'artisan et ma famille trouvent ça magnifique tel que c'est, qui suis-je moi ? pour juger qu'ils ont moins raison que moi ? Si cela leur convient tel que c'est, ainsi que pour tous les touristes Indiens qui viennent ici et qui trouvent ça merveilleux, alors c'est que c'est en effet convenable pour une partie de l'humanité : les Indiens. Et ils sont 1 milliard 200 millions au dernier recensement ! Ce qui correspond à un quart de la population mondiale. Donc, au moins ¼ de la population mondiale trouverait ce boulot tout à fait satisfaisant ! Qui a raison ? Moi ou eux ? Je m’efforce régulièrement à me rappeler que nous, les Français, ne sommes que 68 millions (et nous sommes « seulement » 500 millions d'Européens), soit un tout petit pourcentage de l'humanité, alors Indiens versus Français, si le nombre fait foi...hé bien ils ont bien plus raison que nous...ou nous avons chacun raison... mais chacun dans notre pays...
Pour la rigolade, une anecdote complémentaire :
C'est juste après l'histoire qui précède. Le peintre qui avait verni est resté avec un autre pour peindre l'extérieur du houseboat. Il reste de la peinture, mon mari demande à l'un d'entre-eux de peindre des chaises qui sont dehors, sur la terrasse. Nous avons une grande terrasse sur pilotis, à laquelle les bateaux accostent. Le peintre s'installe à l'endroit où les touristes et les visiteurs mettent le premier pied en arrivant. Là, sans disposé aucune protection sur le sol, il trempe sa brosse dans le pot de peinture verte, et directement, sans essuyer le trop plein sur le rebord du pot (comme même un enfant français de 8 ans le ferait), il badigeonne la chaise (on ne peut pas parler de peinture mais bien de badigeon puisqu'il va laisser pleins de vides). Le sol est aussitôt maculé de peinture. Mais cela ne l'empêche pas de continuer jusqu'au bout. Accroches-toi ! J'étais là, et j'ai laissé faire !
Mon mari lui aussi était là, ma belle-mère aussi, et à aucun moments ni l'un ou l'autre n'a trouvé utile de demander au peintre de protéger le sol. Avant qu'il ne commence le boulot j'avais tenté de suggéré de mettre une protection voyant par avance que cela n'était pas prévu au programme, mais si ma belle-mère avait l'air tout à fait d'accord avec ma suggestion, pour autant elle n'a pas réagi. En Inde on devient « philosophe », j'ai rigolé de la scène et voilà. Je venais de me prendre une leçon avec les sculptures...
Comme le peintre en avait mis partout, il a aussi marché dans la peinture et bientôt il y avait, en plus des grosses dégoulinades et de quelques flaques, des empreintes de pieds sur un bon quart de la terrasse...
Je te l'ai dit, l'une des clés pour vivre avec les indiens, c'est l'acceptation. Lorsque l'on est pris dans une mer démontée, si l'on résiste, que l'on se débat, on s'épuise vite et on se noie. Si on fait la planche, qu'on se laisse porté par le courant, on flotte et on fini par retrouver la terre ferme.
La suite sur le post suivant...

Je reviens à ce que tu m'as dit dans tes posts. Il y a un point qui pour moi est primordial pour une installation en Inde, c'est le fait d'y venir pour y vivre et non pour fuir. J'explique : fuir la France est risqué. Parce que si l'Inde est une autre planète peuplée de Martiens, ils n'en restent pas moins des humains. Ce qui fait que leur humanité a ses avantages et ses défauts. Comme chez nous. Alors après un temps où l'on est positivement bouleversé par le changement, l'exotisme s'estompe peu à peu et on fini par retrouver ici comme ailleurs la même dose de cons, la même dose d'injustices, la même dose de méchants, de pervers, bref, les mêmes raisons d'être malheureux.
J'ai croisé une américaine de 70 ans, ex hippie, qui était venu dans les années 70 et n'était jamais repartie (les étasuniens ont droit à des visas de 10 ans ! Et apparemment très facile à renouveler au Népal, ce qu'elle faisait). Si elle avait adoré l'Inde aux débuts de son histoire avec elle, aujourd'hui elle ne supporte plus les Indiens, mais elle ne peut pas rentrer aux États-Unis parce qu'elle n'a pas de ressources, juste une pension de 500 dollars que sa fille lui verse mensuellement. Elle reste donc en Inde, aigrie et malheureuse, pour des raisons économiques. Anecdote dans l'anecdote, elle se fait un peu d'argent en « escroquant » les touristes. Elle vit à Rishikesh où viennent faire du yoga ou suivre des traitements ayurvédiques beaucoup d'Européens. Elle se prétend psychothérapeute et fait des sortes de séances sauvages dans les restaurants où viennent les Européens. Ce n'est qu'à la fin qu'elle annonce que cela coûte tant...Si elle critique les Indiens, elle ne peut leur reprocher leur filouterie parce qu'elle-même a bien intégré cette manière de vivre en effet assez répandue dans les lieux touristiques...
Pour ma part, j'ai quitté la France en aimant la France et les Français ! En étant déjà heureuse et épanouie en France. Je voulais aller à la rencontre de mon rêve, vérifier ce que me disait mon instinct depuis mon enfance : je devais vivre en Inde. Je ne fuyais donc pas la France, mais continuais mon expérience de vie ailleurs. A mon départ, je déplorais tout de même certains défauts de la France, et lors de mes premiers retours, je nous trouvais de plus en plus cons. Je passais mon temps à comparer avec l'Inde. Et puis, plus j'ai séjourné en Inde, plus j'ai vu la France sous un autre jour. Aujourd'hui, je trouve autant de défauts et de qualités aux deux pays. Par exemple, si les Indiens sont souvent très jaloux des possessions des autres, le voisin, le beau-frère etc, ils sont pour autant beaucoup plus solidaires les uns des autres.
Tu me dis, et ça me rassure, que ce pays t'appelle, et pour moi, c'est la seule « bonne » raison de t'y rendre, mais pas la fuite ou le ras le bol.
Tu me dis que toi et ton compagnon vous êtes des amoureux de la nature. Ok. Saches qu'en Inde il y a des contrastes phénoménaux. D'un côté on va détourner un mur pour ne pas abattre un arbre (c'est fabuleux, j'adore!) mais de l'autre on jette tout partout, à un point qui est choquant pour nous européens récemment épris d'écologie. Si ils respectent les arbres, c'est parce qu'ils y voient une part religieuse ou encore par superstition (mon mari ne pisse jamais contre un arbre parce que des djinns y habitent et pourraient venir l'embêter durant la nuit pour se venger!), mais pas par soucis écologique. On ne peut leur reprocher de jeter tout et n'importe quoi par terre (ou comme chez nous au Kashmir dans le lac:-/). Premièrement, nous-même, il n'y a pas si longtemps nous ne faisions pas mieux. Ensuite nous payons des impôts (sois-disant trop. Ce n'est pas mon point de vue, mais là ça irait trop loin de l'expliquer...), ce qui fait que notre pays a les moyens de créer des infrastructures pour prendre en charge nos déchets (et là encore il y aurait beaucoup à redire!). Comment l'Inde pourrait-elle en faire autant ? Comment traiter les déchets d'1 milliard deux cents millions d'individus?! Alors même que presque personne ne paye d'impôts ou de taxes autres que la tva. Nous, malgré tous nos supers moyens et notre conscience écologique, nous n'arrivons même pas à vraiment bien faire alors que nous n'avons à traiter les déchets que de 68 millions de personnes... J'entends souvent les Indiens dire qu'il y a 3 problèmes en Inde : les 3 P : population, pollution, police (corruption). Alors si tu comptes vivre en accord avec la nature en Inde, attends-toi à quelques déconvenues, ou du moins à devoir faire un travail d'acceptation, travail que l'on peut avoir fait en France au sujet des Français...;-)))
Si la faune et la flore sont magnifiques en effet, pour ma part, plus le temps passe plus je me rends compte que la faune et la flore en France elles aussi sont magnifiques, juste moins exotiques pour nos yeux blasés, mais aujourd'hui je continu à m'émerveiller devant les lézards du jardin où je loge en France autant que sur les iguanes que j'ai pu croiser en Inde. C'est vrai, ni singe (mon animal préféré), ni paon (mon oiseau préféré et fétiche) s'ébattant en liberté dans nos jardins français, et je dois le dire, c'est pour moi déjà une bonne raison d'avoir envie d'Inde. Mais,si l'on voit de beaux animaux exotiques on croise aussi des animaux qui nous sont familiers: les chiens. Avant de venir pour la première fois en Inde, je n'étais pas « chien » du tout. Je ne supportais pas les roquets et que difficilement les gros. Les chiens me débecquetais (alors que j'adore les animaux, insectes inclus). Arrivée en Inde, j'ai été régulièrement submergée de pitié au contact les chiens sauvages (errants dans tous les coins de l'Inde où il y a des humains). Ils sont presque tous galeux, et parfois à un point inimaginable, ignoble, ils sont souvent faméliques, dans un état catastrophique. Ils ont un regard ! Bref, je me suis mise à les aimer, mais les aimer ! au point que pour la première fois de ma vie j'ai fait des câlins à des chiens (et pas propres et jolis!). J'ai compris qu'en France je ne les avaient jamais aimé parce qu'en fait ce ne sont plus des animaux sauvages mais transformés par leur relation intime avec l'Homme, et ils en ont trop souvent les névroses. Un chien indien, c'est une bête aux abois qui se méfie de l'homme tout en ayant besoin de ses poubelles. Et si les indiens sont capables de vénérés des rats, c'est comme pour les arbres, ce n'est pas par amour de la nature mais pour une raison religieuse. Aussi, comme le chien représente un mauvais Karma, les indiens les battent parfois, et personne ne trouve à y redire. En France nous aimons des chiens que nous avons pourtant dénaturés, en Inde ils détestent les chiens pourtant si naturels.
La suite sur le prochain post

Un jour à Varanasi, j'écoutais de loin un gourou qui parlait avec un groupe d'Européens sur les ghats. Non loin de là, un petit autel était dressé. Une chevrette était affalée devant et bêlait mollement. Mon instinct me dit qu'elle ne va pas bien. Je m'en approche et m’aperçois qu'elle est en effet en piteux état, elle écume de soif, elle paraît épuisée. Je comprends qu'elle s'est effondrée devant la nourriture et l'eau qui sont là en offrande devant une idole de pierre, et qu'elle n'a plus la force de se déplacer jusqu'à eux, à 10 centimètres. Je m'affole, cherche une solution, demande autour de moi un sac plastique, en voit un sur la berge. Je descends les marches jusqu'au Gange d'où je prélève de l'eau avec le sac. Je rejoins la chevrette, lui glisse le museau dans le sac. Elle boit goulûment. Repue, elle me lance un faible bêlement qui ressemble à un remerciement. Puis, dans l'offrande sur l'autel, je prélève quelques grains de maïs détrempés que je lui mets devant les lèvres. Elle attrape une bouchée qu'elle commence à mâcher, quand horreur ! j'entends de grands craquements, comme si elle avait des cailloux dans la gueule ; sa mâchoire était cassée. Elle continue pourtant à mâcher. Entre-temps, mon agitation avait attiré l'attention du groupe de touristes qui écoutait le gourou. Une femme m'avait rejoint. Après avoir donner une autre ration d'eau à l'animal, nous retournons vers le groupe. Là, le gourou me considère avec admiration et respect et me dit : comment est-ce possible que toi qui vient d'ailleurs, tu aies eu l'idée d'aller aider cette pauvre bête alors que nous qui vivons ici n'y faisons même pas attention ? Tu viens de me donner une belle leçon.
Je lui ai répondu ceci : non, je viens de faire une bêtise (je venais de le réaliser). Cette bête va mourir dans tous les cas, or, à cause de ma sensiblerie, je n'ai fait que prolonger son horrible agonie.
L'enfer est pavé de bonnes intentions...
En l’occurrence, les indiens n'accordent pas la même valeur à la vie que nous. Plus va, plus je comprends à quel point notre vie est perturbée par notre rapport angoissé à la mort et à quel point cela limite les « possibles ». Mais là encore c'est un vaste sujet que je n'aborderais pas ici. Je dirais juste que dans le cas de cette anecdote, si j'avais été une Indienne, je n'aurais pas apporté mon assistance à cette bête ce qui était en fait la meilleure solution, c'était son heure. Après je ne m'en veut pas, c'est ainsi, et je remercie cette chèvre de m'avoir permis de me rendre compte que vouloir « faire » le bien peut être très nocif...
Tu me parles d'artifices. Je comprends bien de quoi tu parles et je partage. Mais ! Attends-toi en Inde à côtoyer la plus belle et vraiment merveilleuse des simplicités, c'est vrai, mais aussi tous ces nouveaux riches indiens que l'on croise partout et qui « se la pète » un max ! La surconsommation a fait bien des émules en Inde et l'obésité est devenue une calamité là aussi. On voit de plus en plus d'enfants obèses ! Ils bouffent des chips à longueur de journée (et jettent les sachets vides dans la rue ou les cours d'eau...), mangent comme quatre aux repas. Bref, si l'Inde a longtemps résisté à l'invasion de notre culture, elle en a malheureusement adopté certaines tares.
Alors si l'Inde t'appelle, c'est une raison parfaite et suffisante, mais oublie l'idée de fuir la France, les Indiens ne sont pas mieux que nous, ils sont juste très différents.
Encore un post et j'aurais fini pour aujourd'hui.

Pour comprendre les Indiens, j'ai un truc ! Je penses « survie ». La plus part de leurs comportements de groupe et individuels sont motivés par la survie. C'est une notion qui nous ne nous concerne plus depuis plusieurs générations. Aujourd'hui en Europe nous sommes dans la sur-vie. Soit la surconsommation de tout. Il nous faut tout. Même si la classe moyenne indienne est devenue une surconsomatrice et que les pauvres commencent à avoir eux aussi des « besoins » nouveaux, leur culture de base c'est encore pour l'instant la survie.
Voici un exemple pour illustrer: au Kashmir, les mamans donnent le sein aux fils bien au-delà des deux à trois ans d'âges auxquels ont droit les filles. Dans ma famille un ado de 14 ans continu de téter sa mère pourtant aride depuis longtemps ! Lorsque j'ai constaté ce phénomène, j'ai été choquée. Et puis en repensant à la chose du point de vue de la survie, j'ai compris (du moins je le pense) ce que cela cache :
Lorsqu'une femme se marie, elle quitte sa famille pour s'installer définitivement dans sa belle-famille. Les hommes eux restent donc toute leur vie dans leurs familles. On trouve souvent trois générations sous le même toit. Lorsque l'épouse va être vieille et qu'elle ne servira presque plus à rien, elle sera en danger. On pourrait trouver qu'elle coûtent cher pour rien (réflexe issu de la survie, et vraiment la vie n'a pas la même valeur). En s'attachant leurs fils comme elles ont fait durant leurs enfances, les mères s'assurent leur avenir : un fils aimant ne voudra pas que l'on fasse de mal à sa mère et lui prodiguera les soins dont-elle aura besoin. Et plus le fils est dingue de sa mère plus il la considère comme une demi-déesse...
Si avoir une fille est un problème en Inde, on crois souvent que c'est seulement lié au fait qu'une fille coûte cher en dote, mais ce n'est pas la seule raison : un fils, c'est une assurance vie !
Ce sera tout pour aujourd'hui de mes anecdotes.
Maintenant quelques questions.
Comment ton compagnon vit-il son séjour ? A-t-il eu le coup de foudre ? Où est-il ? Ce mois lui a-t-il confirmé son désir de venir s'installer. Et combien de temps encore compte-t-il rester ? Comment vous situez vous du côté spiritualité ( si ce n'est pas indiscret, sinon zappe) ?
A très  bientôt Magali et bonne continuation de préparation et de méditation sur le sujet;-))

Namasté Victoria,

HOUAOUUUUUUUUUUUUUU!!!!!
Tu aurais pu écrire tes mémoires tu sais?...
Devenir un grand écrivain et philosophe par dessus le marché...
J'aurais tant de choses à te répondre par rapport à tout ce que tu m'as écrit...
Mais, je n'en aurais pas le temps cette semaine...
Je suis infirmière libérale et je bosse dur du matin au soir jusqu'à Dimanche inclus...
Je te répondrai dès que je le pourrai, par bribes et puis un peu plus longuement dès la semaine prochaine.
En tout cas, tu es une personne TRES intéressante et je ne me lasserais pas de te lire...
A très bientôt Vic.

Magali

Re Namasté Victoria,

Pour commencer à te répondre un peu...
Oui, Lionel, passe un agréable séjour depuis qu'il est arrivé.
Il a déjà pu voir pas mal de choses par lui-même...
Et oui, il a eu le coup de foudre pour l'Inde et cela n'a fait que confirmé notre désir de venir nous y installer.!
Il est actuellement à Delhi, et va rester en Inde jusqu'en Juillet.
Je le rejoindrai le 26 Juin et nous repartirons ensemble le 3 juillet.
Pour ce qui est de notre spiritualité..
Elle se rapprocherait de celles des Navis, ce peuple d'autochtones qui vit sur Pandora dans le film AVATAR, de James Cameron...
Notre mère est la terre, notre père sont les rivières et les océans, et, nos enfants sont tous les êtres vivants sur cette planète...
Lionel avec qui je partage tout, serait ravi de te rencontrer toi, ainsi que ta petite famille.
Il m'a dit de te donner son numéro de téléphone indien, au cas où, tu accepterais de lui parler de vive voix.
Je te le donne donc, c'est le 0 99 52 98 19 20

A bientôt Victoria.

Magali

Namasté Magali ji,
merci pour tes compliments et  ton enthousiasme ! Super que Lionel aie eu le coup de cœur. Je peux l'appeler, mais ce sera de France car c'est ici que je me trouve actuellement ! Je ne serais en Inde que dans le courant de l'été et pour une durée indéterminée.
Au sujet du téléphone vers l'Inde j'en profite pour donner un petit truc, sait-on jamais cela peut être utile : la plus part des "box" de téléphonie française offrent des tarifs avantageux vers l'Inde, qui vont de gratuit vers les postes fixes à quelques centimes d'euros vers les mobiles. Pour ma part, j'utilise aussi une carte sim Lebara pour mon mobile qui me permet de payer 1 centime vers les fixes et 6 vers les mobiles (plus 12 centimes à chaque mise en relation).
Tu ne m'as pas indiqué les endroits que Lionel a visité. Puisqu'il est à Delhi, je suppose donc qu'il a du « tourner » dans le Nord. Je te pose cette question parce qu'il y a une différence importante entre le Nord et le Sud et que pour avoir une idée de l'endroit où vous pourrez vous installer, il serait bon que vous expérimentiez les 2. Moi, je suis plus Nord, même si je trouve le Sud magnifique. Et je préfère nettement le climat du Nord qui est plus sec.
Tu écris que tu arrives le 26 juin et que tu repars le 3 juillet, ce qui voudrait dire que tu ne vas rester que 6 jours ? Y aurait-il une erreur ou est-ce vraiment ça ?
Je suis contente d'apprendre que tu es infirmière, c'est génial, là tu vas vraiment apporter quelque chose aux indiens. Moi j'exerce (entre autres) la profession d'auxiliaire de vie free-lance(je me suis spécialisée dans l'accompagnement de fin de vie au domicile des mourants) et mes petites connaissances paramédicales sont constamment utiles, ainsi que ma capacité à aller chercher les fiches techniques des médicaments sur internet. Les médecins Indiens ne donnent bien souvent que très peu d'indications  (pas de diagnostique ou à peine, une ordonnance souvent bien trop chargée et pas expliquée... et au suivant...) et comme les médicaments sont vendus sans boites et donc sans notices (les pharmacies délivrent le nombre exact de médicaments prescris, pas de gâchis comme chez-nous!), les patients ne savent pas ce qu'ils prennent. Je passe mon temps à faire des recherches pour tout le monde. Et je découvre des horreurs ! Un exemple récent : Ma belle-mère (+ ou- 80 ans) fait de l'hyper tension, mon chéri (+ou- 50 ans) a un peu trop de cholestérol, et ma belle-fille (19 ans) un peu de tachycardie. Pour ces raisons, ils sont tous les trois suivis par le même cardiologue. Et je me suis aperçue qu'il leur avait prescrit exactement les mêmes médicaments ! Et que dans le lot, il y avait un antidépresseur ! Alors qu'aucun d'eux ne souffrent de dépression (je connais bien cette pathologie et les divers symptômes!) ! Et bien sûr aucun d'eux ne savait prendre un antidépresseur. Le médecin doit se dire qu'en collant des antidépresseurs à tous ses patients, il couvre leur éventuel stress et donc les prémunis d'attaques cardiaque ?! Je ne sais pas mais quand je suis allée le voir pour lui demander de m'expliquer ces ordonnances, il l'a aussitôt très mal pris et m'a virée ! J'ai rarement vu un Indien s'énerver si facilement et si vite et autant ! Il faut dire que si je suis une fine diplomate la plus part du temps, là j'étais un peu trop excédée et ça a dû se sentir. Mais j'ai senti quelque chose du domaine de la mauvaise conscience et sa réaction ressemblait à celle de quelqu'un pris la main dans le sac...
J'ai une centaine d’anecdotes terribles sur la médecine indienne, c'est pour moi le plus gros point noir en Inde.
Les médecins Indiens se retrouvent face à une patientèle qui n'a aucune culture médicale, ce qui fait que personne ne leur pose aucune questions et qu'ils sont libres de faire ce qu'ils veulent. Quand je leur pose des questions, ou bien ils sont (presque) subjugués (ils me félicitent pour ma culture médicale, allant jusqu'à me proposer de les revoir à l'occasion d'un chaï pour discuter), ou ils se ferment comme des huîtres, se sentant en danger (et ils ne se trompent pas, je suis plus que méfiante à l'égard de la médecine en générale et de l'indienne en particulier). Je suis tombée sur une gynéco à qui je demandais pourquoi elle me prescrivait un traitement (un cocktail d'antifongiques et d'antibiotiques à larges spectres; alors que je n'avais, selon moi, aucun symptôme ni signe clinique et qu'elle ne m'avait qu'ausculté à la palpation !), elle s'en est offusqué et tout d'un coup m'a affirmé qu'elle ne comprenait pas mon anglais... anglais qu'elle avait très bien compris jusque-là...
J'accompagne les membres de ma famille chez les médecins pour justement suivre ce que les médecins font parce que je détecte sans cesse des trucs aberrants: 2 ans de Roacutane pour ma belle-fille !!!!! (En France il est préconisé de ne pas dépasser un traitement de 6 mois!) Sans qu'elle n'aie reçu aucune explications ni mises en garde. Cet été elle a eu de fortes réactions ( hallucinations, malaise vagal), c'est là que j'ai mené mon enquête et qu'en scrutant les nombreuses et diverses prescriptions qu'elle avait eu ces deux dernière années, je me suis aperçue qu'elle avait été sous Roacutane tout ce temps. Il n'était pas étonnant qu'elle aie eu de telles réactions ! On sait que l'un des effets secondaire du Roacutane est le suicide et en France le médecin doit informer le patient et sa famille (et il me semble que le Roacutane a été interdit l'année dernière, non ?) ; de plus, il suffit de lire la notice pour voir que parmi les effets indésirables il y a les troubles psychotiques, les hallucinations ; mais pas de notice en Inde... Le hasard a fait que le cardiologue l'avait mise sous antidépresseur, cela l'a probablement éloignée de la dépression qu'aurait pu provoquer le Roacutane, en revanche elle s'est bien payé les troubles psychotiques... Il s'agit bien de hasard parce que le cardiologue ne savait pas qu'elle était sous Roacutane : les patients passent d'un médecin à l'autre sans apporter de dossier autre que celui du médecin concerné, les médecins prescrivent donc sans savoir ce que prend par ailleurs le patient... Et ce n'est pas le patient qui va le leur dire !
La suite dans le prochain post.

Bonjour Magali, Victoria,
et bonjour à tous.

Tout ce que je viens de lire dans ce post me semble très intéressant (et très conforme à mon expérience de l'Inde!).
Pour ma part, je me rends en Inde 4 à 6 semaines par an depuis 6 ans (pour mon travail).
Avec ma compagne, nous avons aussi le projet de nous installer là-bas pour quelques années (si on y arrive).

Avant de nous lancer vraiment dans cette aventure, nous avons vérifié notre capacité à survivre de façon à peu près autonome en Inde (ceux qui connaissent l'Inde comprendront!). Ma compagne m'a rejoint et nous nous sommes efforcés de vivre quelques jours sans avoir en permanence un indien de notre entourage qui nous tient la main pour nous aider ou tout organiser à notre place.
Crois-moi: c'est un très bon test.
Nous avons "survécu"! Et nous travaillons maintenant à concrétiser notre projet...
Il reste une montagne de problèmes haute comme l'Himalaya à régler (essentiellement des problèmes administratifs).

Il est fortement recommandé d'avoir un bon réseau de connaissances sur place pour t'aider.


Quelques réponses à tes premières questions:
> La voiture: tu la laisses en France!
Conduire en Inde est quasi impossible pour un occidental. De plus, une voiture est taxée à 100% à l'import si elle est neuve et à 150% si elle est ancienne!

La nationalité indienne: tu as déjà eu la réponse (non compatible avec la nationalité française --> il faut choisir).
Tu peux demander la citoyenneté indienne... mais au bout de 10 ou 12 ans je crois...!
Les règles actuelles sont détaillées ici (site du gouvernement indien): http://www.boi.gov.in

Pour travailler en Inde, il faut un visa de travail.
Tous les détails sur les visas sont disponibles ici: http://www.vfs-in-fr.com/
Tu pourras y trouver le cas particulier des personnes qui veulent faire de l'humanitaire.

Pour déménager avec un container 20 pieds (standard), il faut compter entre 5000 et 8000€ environ avec des déménageurs internationaux (ex: AGS, Interdean, Gropiron...).
Attention aux frais de douane (voir http://www.cbec.gov.in/travellers.htm)


Un conseil:
Il faut avoir vu et vécu la frénésie indienne avant de se décider.
Tu sauras alors si c'est "oui oui oui oui oui" on y va, ou "non non non non" on reste en France!

Bonne chance, bonne découverte de l'Inde.

A suivre...

Nicolas

Il faut aussi savoir que les médecins disposent souvent de leur propre pharmacie qui délivre les médicaments aux patients, alors ils ont tout intérêt à en prescrire beaucoup et ils ne se gênent pas ! Pour autant, comme tout et son contraire est la règle en Inde je ne doute pas qu'il y ait des personnes qui ont une autre expérience de la médecine allopathique en Inde. Il ne s'agit que de mon expérience, et même si je retrouve cet avis chez de nombreux expats, ou touristes au long cours, j'ai pu lire ça et là des posts de personnes satisfaites, notamment celui d'une médecin ayant bossé 3 mois dans un (seul) hôpital à Bangalore. J'en conclus qu'elle avait dû intervenir dans un très bon hôpital, ce qui existe certes, mais, de mon point de vue et mon expérience, n'est absolument pas la règle. J'ai été hospitalisé deux fois en Inde, et j'ai accompagné des personnes à l'hôpital, l'horreur !!!!!!! Alors toi, en tant qu'infirmière, tu verras encore plus de choses que moi, tu vas te régaler !
Une petite anecdote, comme ça, pour te mettre en bouche :
prise de sang dans un cabinet médical. L'infirmier vient d'encaisser le patient précédent, il range les roupies dans un tiroir, puis, sans s'être lavées les mains, ni désinfectées, ni avoir mis en place des gants (des quoi ?), il roule entre ses doigts, dégueulasses donc, un tout petit bout de coton, et, à sec, me frotte la peau, puis me pique! J'ai serré les fesses pour l'assepsie et tout d'un coup j'ai réalisé que je ne l'avais pas vu prendre la seringue, je ne pouvais savoir si elle était à usage unique ou pas, j'ai prié... ( il faudrait toujours avoir sur soi un petit set de seringues IM et insuline ainsi qu'un désinfectant. Attention, je suis le contraire de quelqu'un de prévoyant et je crois en ma chance, mais là, je l'avoue, c'est comme pour la bagnole en Inde, je suis vraiment refroidie)
Allez, encore une petite pour rigoler :lieux : hôpital des reins de Srinagar, action : retrait de ma perfusion, heure : 7h du matin.
Le médecin vient m'ausculter, il m'informe que je vais pouvoir partir ce matin. Il cherche l'infirmière pour qu'elle me retire ma perf. Je le suis dans le couloir avec ma potence. L'infirmière dort encore ( elle est le seul personnel de nuit pour tout l'hôpital, c'est pourquoi il est d'usage d'être accompagné durant tout le cours d'une hospitalisation, c'est l'accompagnant qui assure tout le nursing, repas inclus). Il la réveille et lui intime l'ordre de me retirer la perf. Je retourne dans ma chambre où me suit l'infirmière. Elle dormait deux minutes avant (elle était donc totalement ensuquée), elle ne s'était pas laver les mains, ni gel, ni gants. Elle prend un minuscule bout de coton, le roule entre ses doigts (à croire que c'est un protocole que l'on apprend à l'école d'infirmière !). Elle le coince sur l'aiguille, la tire tout en me demandant de mettre mon doigt sur le micro bout de coton. Entre la taille du morceau de coton et son doigt à elle, je n'arrive pas à viser juste et alors qu'elle retire son doigt, le bout de coton tombe au sol. Du sang gicle. Nous nous retrouvons avec du sang sur les mains elle et moi. Elle court chercher un autre morceau de coton dans son bureau, revient avec, il est tout aussi petit que le précédent. Là, j'arrive à le coincer (pas d'adhésif..). Je lui demande si elle n'a pas peur du Sida, elle me regarde circonspecte et me répond un vague « pas de problème avec ça... »
Pour le reste je dois dire que si cet hôpital était plus que cracra, que le minimum d'hygiène n'était absolument pas respecté, le médecin a fait du bon boulot, et comme je suis Européenne, on m'a gratifié de plus d'attentions qu'en aurait eu un Indien...

Je souffle pour vous parce que tu vas pouvoir  t'occuper de vous deux et tu sauras détecter les différences entre les bons et les mauvais médecins ainsi que vous prémunir de beaucoup de soucis. Au fait, commence à stocker tout le matos possible pour les pansements. On trouve tout en médicaments (et petit matos type seringues. Les antibiotiques se délivrent sans ordonnance), mais c'est la misère pour les pansements, les adhésifs et les antiseptiques locaux, ne parlons pas de Mépilex etc... Tu auras souvent l'occasion de faire des pansements autour de toi. Quand tes voisins vont savoir que tu es nurss, tu vas pouvoir exercer...
Tu pourrais avoir toujours un peu de matos lors de tes déplacements, tu croiseras sans cesse des situations où tu seras utile. Si ça t'intéresse j'ai une amie qui a fait du bénévolat à Varanasi pour une assos qui soigne gratuitement les bobos des enfants et adultes des rues et des pauvres qui viennent là. Elle n'est même pas dans le paramédical, mais le simple fait d'être Française et un minimum cultivée fait qu'elle était apte à agir pour les pansements et autres petits soins. Alors une infirmière ! Ils seront ravis ! Elle n'intervenait que par demi-journée ce qui fait qu'il lui restait du temps pour flâner. Ce pourrait être une bonne idée pour vos débuts, car en restant dans un endroit dans la durée, on apprend plus sur l'Inde et les Indiens qu'en bougeant plus régulièrement. Et Varanasi c'est quelque chose d'énorme ! J'en profite pour dire qu'il faut impérativement séjourner loin du périmètre touristique et le mieux pour ne pas être non plus trop loin, c'est de s'installer dans le quartier d'Assi ghat.
Suite et fin dans le post suivant.

J'ai mille anecdotes croustillantes au sujet de la médecine en Inde, mais ce serait injuste pour l'Inde que je ne parle que des points noirs quand il y a tant de merveilles à dire sur elle. Et comme je ne veux pas te laisser avec une vision négative de l'Inde, je vais te brosser quelques petits tableaux, comme ça, comme ça me vient, en vrac donc :
Voir les paons voler, se poser dans la forêt qui est leur habitat naturel, et s’apercevoir que, malgré la flamboyance de leur plumage, ils se fondent aussitôt dans le paysage. En effet, si la queue des mâles sert à faire la cour quand elle est déployée, lorsqu'elle est repliée, elle sert, comme les autres plumes, à un camouflage très efficace. Chose que je n'aurais jamais imaginé avant de le voir.

Je discutais avec un homme d'une soixantaine d'année, une récente connaissance. Sa femme nous rejoint, je lis sur son visage qu'elle est bouleversée. Son mari s'en inquiète et l'interroge en hindi. Je ne comprends rien au dialogue qui s'engage, j'imagine qu'elle a reçu une mauvaise nouvelle au téléphone. L'échange est long, de temps à autre la femme écrase une larme sur sa joue. Le mari est lui aussi ému. Enfin il se tourne vers moi et en anglais m'explique ce qu'il se passe. Sa femme vient de voir un film à la télévision ! Le voilà qui me raconte une terrible histoire de trahison au sein d'une famille, ce qui lui arrache lui aussi des larmes ! C'est ça l'Inde ! Un pays où des hommes pleurent à la simple évocation d'un drame, même une fiction...Et où l'on ne se cache pas de pleurer, même quand on est un honorable commerçant de plus de soixante ans.

C'est l'hiver, il neige, nous sommes dans la chaîne himalayenne, sur la route menant de Srinagar à Jammu, dans une cherring jeep. Dix heures de trajet, 11 personnes dans l'habitacle dont un papa et son petit garçon de 2 ans. Dix heures durant lesquelles jamais le petit garçon ne va se plaindre ou pleurer. Dix heures durant lesquelles une des femmes qui a apporté un congri (une chaufferette chargée de braises) va le faire circuler parmi les autres voyageurs. Lors d'un arrêt le papa achète un paquet de chips à son fils. Lorsque revenu dans l'automobile le petit ouvre le sachet, sans que personne ne lui dise rien, il tend le paquet autour de lui avant même de s'être servi...2ans ! C'est ça l'Inde, un pays où les enfants apprennent dès le berceau à partager, ce qu'ils font toujours dans la joie ! Tu donnes une gâterie à un enfant (même le plus pauvre des mendiants) il va spontanément la couper pour la partager avec les enfants (et même les adultes) qui sont présents.

Pour finir, en Inde on passe son temps à être surpris, moi je dis parfois que je passe mon temps à halluciner parce que ce que je vois n'est pas possible ! Mais ce serait oublié qu'  « In India every thing is possible » ( c'est une maxime que les Indiens utilisent constamment et que les touristes reprennent en cœur parce que c'est tellement vrai!). Un exemple ? Si pour nous, Français, il est une évidence que les chats n'aiment pas l'eau, en Inde comme every thing is possible, et bien les chats nagent !
En découvrant qu'il y avait quelques chats qui vivaient sur les bateaux du lac où j'habite, j'avais demandé à mon mari comment faisaient-ils ? Passaient-ils toute leur vie à bord d'un même bateau ?  Mon mari m'avait répondu que non, ils allaient de l'un à l'autre en nageant. J'avais cru à l'une de ces réponses dictées par la fantaisie, jusqu'au jour où, circulant sur le lac dans une barque, j'ai croisé un chat en plein crawl !

Bonne journée !

Merci beaucoup Nicolas pour ta participation à cette conversation. Les points que tu soulèvent sont intéressant, et bien vus. Tu as raisons, se débrouiller seul est une étape importante et un sacré challenge hein ! Une fois qu'on sait faire ( ou  à peu près, et je pense surtout qu'on a appris à vivre dans le lâcher prise...), on n'est pas peu fier ! Mais il n'empêche que comme tu le souligne, il vaut mieux avoir un bon réseau, heureusement c'est l'une des facilités en Inde, on se fait un réseau facilement et rapidement. Que ce soit avec les « locaux » comme avec d'autres expats ou touristes au long cours. J'ai rencontré parfois des notables qui m'ont accueillie comme l'une des leurs alors qu'en France, je n'en ai pas l'occasion (il faut dire que je ne le cherche pas particulièrement, pas plus qu'en Inde, mais en Inde ça tombe tout cru dans le bec, et à foison). Les premières années je ne conservais pas méticuleusement les numéros de téléphone qu'on me donnait. Il y en avait trop, alors je sélectionnais les personnes selon un intérêt seulement affectif. Jusqu'au jour où mon mari et moi avons eu des ennuis avec la police à Delhi. Si j'avais gardé le numéro du directeur de la police de Delhi qui me l'avait donné une année plus tôt, je nous aurais évité des frayeurs et le versement d'un bakchich de 100 euros pour acheter notre tranquillité ( au début on me demandait 2000 euros (!), sans aucune raison, mais avec la menace d'amener mon mari en prison, sans plus de raisons, mais ça aurait été au moins 48 heures pour lui dans des conditions terribles). Alors que je palabrais avec les policiers, je me foutais des baffes mentales en fantasmant sur un coup de fil au directeur depuis mon mobile que j'aurais passé aux flics sans un mot. Voir leurs visages pleins de morgue se liquéfier et les voir trembler de peur !
Depuis, je conserve les numéros de personnes « à pouvoirs » et j'essaie d'entretenir la relation. Je suis devenue opportuniste, c'est une question de survie ( moi aussi j'ai adopté certains réflexes de survie;-)).
Mais ce qui participe à la magie en Inde, c'est la facilité parfois déroutante avec laquelle tout se met en place alors même que semble régner l'anarchie. On saute de coups de bol, en opportunités, de petits miracles en belles rencontres. Comme je l'ai déjà dit, tout et son contraire coexistent ce qui fait que parfois tout devient ou paraît très compliqué, inextricable, voire impossible. Mais il faut persévérer, parce qu'il y a toujours une solution, un rayon de soleil, un coup de main, un sourire.

Nicolas, as-tu déjà une idée de l'endroit où vous comptez vous établir toi et ta compagne ?
Merci pour ta réponse précise sur les containers. En fait pour ma part je n'ai pas grand chose à amener, à peu près un mètre cube contenant tous mes documents et quelques objets, as-tu une idée de la manière dont je pourrais opérer, le container ne semblant pas la solution pour si peu ? D'ailleurs j'en profite pour dire quelque chose à Magali : selon moi, il n'est pas très utile d'amener grand chose en Inde, non seulement tu veux démarrer une nouvelle vie, alors pourquoi t'encombrer de ta vie passée;-) ? Mais encore, si la société de consommation te dérange, tu vas voir que les Indiens ( le peuple) possèdent peu de matériel, de meubles etc et que c'est très suffisant. Quand je rentrais en France les premiers temps, j'étais à chaque fois surprise de constater à quel point nous accumulons...Tu trouveras en Inde le principal, alors peut-être peux-tu envisager de n'amener que l'essentiel. Et ce, après avoir assez longtemps séjourné et t'être confirmé que c'est bien oui oui oui comme le dit Nicolas...En tout cas ne t'encombre pas d'électro-ménager, même si ce n'est pas donné en Inde (surtout la qualité), ce n'est pas plus cher qu'en France, alors quand je vois que le container c'est entre 5000 et 8000 euros...Et pour les vêtements, la vaisselle etc, tu peux faire avec le local.  Moi j'achète mes dessous en Inde, pour 5 à 6 euros j'achète la marque Jockey qui fait de très bons soutifs;-), j'y achète aussi mes jeans (slims dernière mode), mes chaussures, tout en fait, je n'achète quasiment plus rien en France. Même les produits de beauté et d’hygiène. Au début on galère un peu pour trouver de tout. Mais à force, on sait qu'il faut parfois s'obstiner mais on trouve. Par exemple j'ai trouvé une machine à pain à Delhi. Ou une fois à Bombay j'ai trouvé  des produits de coiffure Tony and Guy (marque hype en France, vendue chez les coiffeurs), je n'en revenais pas. Ils étaient au même prix qu'en France. Pour la rigolade, toujours à Bombay, j'ai vu des stands de rue qui présentaient en vrac un peu de tout et n'importe quoi avec dressés au milieu des godemichés électriques ! Dans un pays si pudibond ! Incredible India ! ( slogan publicitaire de l'office du tourisme indien à l'attention des Indiens eux-mêmes pour les stimuler à visiter leur propre pays).
Allez ce coup si c'est le bon. A bientôt.

Je compte m'installer à Bangalore. L'essentiel de mon réseau indien se trouve dans cette ville que je commence à connaître (un peu). C'est là que j'allais jusqu'à maintenant pour mon travail (informatique/électronique). C'est la Silicon Valley indienne.

Mon entreprise à initié un plan social en France --> fin de la collaboration avec l'Inde.
Je cherche donc une opportunité en Inde par mes propres moyens.
Il me faut un contrat pour obtenir le visa de travail.
A suivre...

Le top du top pour moi serait une entreprise française qui souhaiterait avoir à Bangalore un français ayant une bonne expérience du travail avec les indiens.
Si vous connaissez quelqu'un qui a ce genre de besoin, n'hésitez pas à me contacter...
Toutes les informations me concernant sont disponibles ici:
http://nicolas.lurol.free.fr/


En ce qui concerne les containers:
Si tu n'as besoin que d'1 ou 2 m3, il existe des caisses de petite taille envoyées par avion. Tu auras tes affaires rapidement. En effet, les containers mettent environ 2 mois pour arriver en Inde.
Si tu n'es pas pressée, tu peux faire envoyer ta caisse par bateau (c'est moins cher!!)
> voir avec les déménageurs internationaux: ils offrent ce genre de prestation.


A bientôt,

Nicolas

Merci Nicolas pour tes précieuses informations. Le moment venu j'utiliserai le système de la caisse et comme il n'y a pas d'urgence ce sera par bateau.
Je vous souhaite à toi et ta compagne de trouver le poste de rêve que tu désires, et vite !
Je profite de ce petit post pour demander de m'excuser les nombreuses fautes d'orthographe et coquilles que j'ai laissé, sans compter celles que je ne sais pas corriger ( les accords notamment, j'y vais souvent au petit bonheur la chance)... Mais ce qui importe c'est le fond et pas la forme non ? Il n'empêche, je suis consciente de ce désagrément et vous demande l'indulgence. Merci.
A très bientôt.

Bonjour,

J'adresse ce message à Victoria et à Nicolas et aux autres futurs participants à la parole... D'abord je tiens à remercier Magali (qui posée la première bonne question) et Victoria (pour ses posts drôle et pertinents) et Nicolas (par son expérience et pour avoir fait avancer le "schmilblick") et aussi j'en profite pour remercier Emilie (elle se reconnaîtra dans ce blog). J'entre dans cette conversation parce que je la trouve tellement riche et souffle la camaraderie... Donc merci encore une fois.
Je cultive le même désir que Magali et j'ai envie de m'établir en Inde. Peut être début 2014. Je souligne "peut être" parce que je suis encore en mode "exploration". Je n'ai pas encore une vue très précise de l'endroit où je voudrais aller parce que je ne sais pas comment marche l’industrie locale dans le secteur qui le mien. Voilà pourquoi je m'intéresse aux conseils ou suggestions de ceux qui connaissent l'Inde ou qui y vivent déjà. J’exerce dans un secteur "assez particulier". Je suis réalisateur indépendant et je connais aussi bien le métier de la production. J'ai très envie de filer en Inde mais j'ignore quelle ville visée ! Victoria parlait dans son post de "réseau" en effet le cinéma ici en France fonctionne exactement par des réseaux ou "clan" si vous préférez. Mais en ce moment pour avancer des nouveaux projet, les "clans", qui existent déjà, sont frileux. Je me demande si ce cinéma d'auteur qui me plait bien ne va pas disparaître un de ces jours. Ni les producteur ni les chaînes TV ne développent plus l’esprit de la diversité culture. Alors j'ai décidé de partir, avec dans ma valise, mes deux ou trois scénarios, tout à fait adaptables pour un public indien et universel. Certains de mes copains partent avec leur scénario dans la valise vers L.A. dans l'esprit de décrocher le fameux "producteur". Moi, j'ai plutôt envie d'aller en Inde.
D'où ma question à Victoria et/ou à Nicolas, si vous avez eu l’occasion de croiser à tout hasard quelqu'un qui bosse dans mon secteur spécifique. Voici ma question : si je veux continuer à écrire ou réaliser des films, dans ville je dois viser pour m'établir ? Je pense que ce choix de la ville est déterminant pour pouvoir avoir l'opportunité de créer ou de pénétrer un réseau en Inde. Je sais que je vais redémarrer à zéro, et je n’ignore pas les difficultés la première année. Je n’ai pas vingt ans non plus mais j’ai déjà fait des films et donc une bonne connaissance du cinéma de A à Z. Je suis prêt ! D'où ma question (avant de quitter Paris) et pour pas me tromper du cible, car y a pas que Bollywood en Inde (si j'ai bien compris).
D'avance merci de vos avis et vos conseils.
Excellent week end à vous

Kamilus

Namasté Victoria,

Difficile de trouver du temps dans ces journées de folies...
Mais bon, bientôt, tout cela ne sera qu'un vieux cauchemar..
J'ai tellement hâte d'apprendre à prendre le temps de vivre " à l'Indienne"...
Cela viendra.
Aujourd'hui, j'en suis sûre.

Tu me disais de ne pas partir pour "fuir"?..
Je n'ai rien à fuir, si ce n'est le système qui ne me convient pas du tout. Payer, travailler, payer, et encore,et toujours de plus en plus cher...Je ne suis pas une consommatrice. Je n'achète pas de superflus, mais j'en ai marre de devoir payer et n'avoir rien en retour que du stress et de la fatigue.Je m'use petit-à-petit, physiquement et moralement.Les semaines, les mois, les années passent et je n'ai plus le temps de vivre...
Et puis, comme je te le disais,l'INDE m'appelle...

Bref, je n'y viendrai qu'une semaine cette fois ci.
Car, reprise du travail oblige...Lionel a commencé par le Sud Est, puis le Sud Ouest, puis, progressivement, il est monté vers le Nord.Et là, il est à quelques kms de la frontière pakistanaise, puis, il va redescendre vers le Sud tranquillement pour me rejoindre le jour J
Notre départ définitif est prévu pour la fin de cette année ou le tout début de 2014.
Je suis en train de faire l'inventaire de tout ce que j'ai chez moi, et dépose des petites annonces sur des sites gratuits.
Je vais suivre tes conseils et ne prendre que le strict minimum.
Reste à TOUT vendre...LOL

Tu m'as parlé des plmes des médecins et des traitements inadaptés aux diverses pathologies.J'ai tout compris...Merci de ces avertissements.

Tu m'as aussi parlé de Varanasi, de Assi Ghat, et de ta préférence pour le climat du Nord.
Peux tu développer un peu plus stp?..

Pour ce qui est de tes anecdotes, je suis partagée entre l'excitation et la frayeur...
En effet, je ne sais pas ce qui s'est vraiment passé avec ton époux et les policiers, mais, ça file la chair de poule...Brrrrrr
J'espère que vous n'avez plus eu de mésaventures de ce type...

Je te remercie pour tes anecdotes qui me font avancer un peu plus à chaque fois dans la vie de ce merveilleux et mystérieux pays qu'est l'Inde...


A très bientôt de te lire Victoria.

Magali

A propos du cinéma en Inde...

Oui, en effet, pratiquement chaque état a sa propre industrie et filme, ou fait des remakes dans sa langue avec des acteurs du cru. Certains acteurs ou réalisateurs sont tout-terrains et travaillent sur plusieurs états, parfois reprenant le même rôle de remake en remake.

A mon goût, à part Bollywood, c'est le cinéma du Tamil Nadu qui est le plus créatif et le plus prolifique. De nombreuses oeuvres originales sont reprises ensuite dans toute l'Inde, notamment à Bollywood (plus gros budgets, moins de risques, énormément de remakes ou adaptations plus ou moins libres...)

Nous vivons au Kerala, où nous avons quelques contacts (ma femme tourne un petit rôle prochainement ;) ). Production de qualité moyenne, mais de nombreux films produits.

Les indiens tournent en général très très rapidement. Il n'est pas rare que le scénario se limite à quelques pages... Un cinéma d'auteur de meilleur qualité, plus proche de nos standarts dans le soin accordé au jeu des acteurs et au scénario existe en parallèle, mais avec un succés incomparable à celui du cinéma populaire.

Comme dans tous les domaines, les étrangers éveillent la curiosité, il est donc plutôt facile d'obtenir des rendez-vous... Pour le reste c'est un milieu très fermé et les indiens sont connus, à juste titre, pour être durs en affaire. Un conseil basé sur quelques amères expériences: faites-vous payer d'avance, au moins une bonne partie de la somme convenue.

Voilà ce que je sais... Nous avons un ami qui est un acteur connu (sorte de Steven Seagal indien ;) ), surtout spécialiste des scènes d'action mais qui connait bien le milieu et a travaillé dans toute l'Inde. Si vous passez par Kochi, je devrais pouvoir arranger une rencontre si cela vous intéresse.

Bonne chance pour votre projet d'expatriation.

Benjamin

Bonjour Kamilus,

Je viens de lire ton message et plusieurs choses m'interpellent...

Tu dis n'être plus tout jeune, ok.
Etre réal indépendant, ok.
Connaitre aussi la prod, ok.
Et tu veux partir t'installer définitivement en Inde si tu trouves du boulot là-bas...
Car, tu as des scénarii dans tes poches qui n'intéressent plus ou très peu .
Car, film d'auteur...OK.

Et bien voilà,ce que je vais te dire, concerne en partie ton projet...
Mon fils, qui a 20 ans, qui est un passionné du cinéma d'auteur, qui a obtenu son Bac S en 2010, son BTS audiovisuel opt image en 2012.
Bref...Lui, rêve, comme toi, un jour, de pouvoir enfin réalisé ses propres films, avec ses propres scénarii...

Long is the road...

Alors, il se fait les dents en accomplissant un travail d'esclave et en étant largement sous-payés...
Car, depuis l'obtention de son BTS, il ne cesse de faire des stages sur des tournages de fictions pour France Télévision notamment...pour "acquérir de l'expérience" et "faire mieux"" sur son CV"...

Il réalise en parallèle une web série qui est diffusé sur YOU TUBE et mon appartement se transforme de temps en temps en véritable studio de cinéma...LOL

Le voilà qui se lance dans la réalisation d'un Clip pour un groupe d'inconnus...Travail titanesque en perspective par rapport au scénario qu'il a prévu...et au budget HYPER serré qu'on lui a proposé...
Il travaille dur pour réunir les meilleures conditions possibles pour ce tournage qu'il effectuera en Juillet de cette année.

Tout ça pour te dire Kamilus, que, si tu acceptes de prendre un peu de ton temps pour discuter avec lui, en tant que passionné et en tant que professionnel du cinéma, pour lui apporter quelques conseils, ce serait vraiment vraiment formidable de ta part.

Sachant, qu'au fond de mon coeur de mère, je rêve de le voir un jour débarquer chez nous, en Inde, dans notre futur pays...

Et qui sait?...Peut-être aurez-vous besoin l'un de l'autre à ce moment là?...

Merci d'avance pour ta réponse.

Magali (alias Maganavi)

Bonjour Benjamin,

Formidable ton message est très optimiste et je vais y répondre de suite. Avant je vais lire le message de Maganaivi.

A+

Namasté Kamilus,
merci pour ta participation à cette conversation et tes compliments... En effet le cinéma indien ne se réduit pas à Bollywood, le cinéma d'auteurs existe et c'est à Calcutta que ça se passe.  ( j'ai écrit ce post alors que tu recevais déjà une réponse de Benjamin, réponse complète et je confirme le fait qu'en tant que « foreigner » tu attires à toi des opportunités et des rencontres que tu ne t'attirerais pas en France avec autant de facilité.)
J'attire ton attention sur un point que tu dois probablement ignorer. Pour travailler en Inde il faut faire une demande de visa de travail et cela ne peut se faire depuis l'Inde, ce qui veut dire que si tu viens en Inde et que tu trouves du travail, tu dois sortir d'Inde pour faire une demande de ce visa. Un point que j'ignore et qui mérite d'être creusé, c'est est-ce qu'on peut faire une demande de visa de travail depuis n'importe quelle ambassade d'Inde à l'étranger (comme au Népal ou au Sri lanka) ou est-on obligé d'en faire la demande depuis la France ? (connaissant la complexité d'obtention de ces visas, je penche pour une demande depuis la France). Ensuite, et c'est là que ça se corse, une fois que tu as travaillé dans le cinéma en Inde tu n'as plus le droit au visa de tourisme de 6 mois comme tout le monde mais au visa de 3 mois. J'ai une amie qui a travaillé en Inde comme assistante réalisatrice (cinéma indépendant), une fois son visa expiré elle est rentrée en France et maintenant elle n'a plus droit aux visa touriste de 6 mois mais à ceux de 3 mois. Je la vois demain, je vais lui parler de toi et voir si elle est d'accord pour t'aider ou au moins te donner quelques contacts, je sais qu'elle connaît des personnes dans le cinéma à Calcutta et à Bombai. Elle a aussi fait une école de cinéma en Inde à Pune il me semble et a tourné en Inde deux cours métrages pour elle. Actuellement elle bosse dans le ciné en France.
Pour en revenir aux visas, un fois ton visa de travail expiré, il te faudra avoir sous la main une autre opportunité de boulot et alors sortir d'Inde pour refaire une demande de visa de travail. Si tu n'avais pas de boulot, tu ne pourrais donc y retourner qu'avec un visa de tourisme de trois mois. Il y a un régime spécial pour les métiers de la communication, tels que le journalisme, le cinéma, le reportage photo, l'édition etc. Lorsqu'on rempli un formulaire de demande de visa touriste, il est demandé la profession et même si un cinéaste ou un éditeur déclare que son voyage est à but touristique uniquement (le but du voyage est lui aussi demandé dans le formulaire), il se verra refusé le visa de 6 mois et n'obtiendra que celui de trois. En fait pour les personnes de ces métiers il y a un formulaire en PDF qui explique tout ça et tu le trouves sur http://www.vfs-infr.com/Journalistvisa_doc.html .
Je reprends, ou tu as un visa de travail, mais sa validité dépend de la durée du contrat de travail et a son issu tu dois quitter le territoire. Ou tu utilise le système D que j'ai décrit dans mon premier post. Et surtout tu ne déclares pas que tu bosses dans le cinoche lors de ta demande de visa tourisme parce que tu deviens d'une certaine manière « black listé » et tu passes en mode visa 3 mois.
C'est compliqué de s'installer en Inde hein ?
Mais il ne faut pas baisser les bras. Et garder à l'esprit que le bordel indien a ses avantages. On peut envisager de rencontrer sur place les personnes qui ont suffisamment d'influence pour nous obtenir des papiers de résident auquel pourtant on n'aurait pas droit... Every thing is possible !
Magali, je te réponds un peu plus tard...
A tout à l'heure ! (Chouette cette conversation s'étoffe!).

Excuse-moi Benjamin, je te riense de suite car le message de Magali m'a beaucoup ému.
Chère Magali, j'ai la même passion pour le cinéma depuis que j'ai décidé d'en faire mon metier à l'âge de trois (imagine!). Moi, j'ai eu plus de chance que ton fils (si je puis dire). Je suis sorie de l'université de Paris (ton fils doit connaitre) dans les années 90. Là c'était encore une époque très excitante. J'ai bossé un peu, j'ai connu aussi quelques bonnes personnes comme Claire Denis, Coline Serreau, etc. Après ma licence de cinéma et ma maîtrise d'économie du cinéma, j'ai réalisé des films (3 courts métrages, 1 long métrage, 2 documentaires), jusqu'au milieu des années 2000 le rêve était encore possible. Mais là maintenantenant ça coince vraiment. C'est toujours le même "clan" qui a le pouvoir de faire des films (tant mieux), mais avant (années 90 - 2000) il y avait une vrai diversité culturelle (des productions à pts budgets, c'était encore possible). Bref, si on commence à parler cinéma ça va prendre toute la journée et probablement toute l'année. Voilà, j'aimerais donc aller voir en Inde. Je sais écrire, je sais réaliser, je peux produire, bref je connais les métiers du cinéma de A à Z. J'ai même été membre des commissions de financements du cinéma. Mais ces deux voir trois dernières années, ça tourne en rond. Donc je prends mes scénario et j'ai envie de les adapter pour l'Inde parce que mes sujets son universel et il s'agit de fiction.
Voilà pour quoi j'ai dit je vais sans doute en Inde. Mais il faut que je m'établisse dans la bonne ville. C'est une question de "réseau".
Pas de souci pour discuter avec ton fils. Peut être que nous monterons notre propre SARL en Inde (rire!).
Très belle journée

Merci KAMILUS,

Voici mon adresse mail: natachamag[at]hotmail.fr

Je te donnerai ensuite celle de mon fils, qui, à mon avis, se fera une joie de converser avec toi...

A très bientôt.

Magali

PS: le @ est un arrobas...LOL


Magali

Salut Benjamin,

Ton message m'intéresse beaucoup parce que j'ai été invité il y a quelques années au festival de Kerala (mais j'étais pas dispo). Tu comprends donc maintenant pour quoi mon hésitation dans mon premier message Kerala, Bollywood ou Pune (oui on m'a dit qu'il y avait une université de cinéma dans cette ville).
Je dois sérieudsement relire ton message. Pourquoi parce que ta femme à un pied (sinon 2) dans le metier et ton ami. Donc nous vavons l'actrice et l'acteur, il nous manque plus que le producteur pour tourner (rire!).
Allez soyons sérieux. Tu sais Benjamin, en France il n'y a pas beaucoup d'argent pour le cinéma mais tout de même, c'est le seul cinéma qui nous reste en Europe. Même s'il n'y a plus d'argent, le producteur se décharge des droits du scénario. C'est le premier contrat qu'on signe quand on fait du cinéma "contrat de cession de droit d'auteur". Ici en France les réalisateur son protegés par la SACD (je pense que tu connais)... Alors si tu me dis qu'en Inde il faut se faire payer avant,sinon... J'ai connu une fois cette situation quand j'ai réalisé mon premier court métrage. Donc n'y a t'il pas des avocats spécialisés dans le droit audiovisuel en Inde?
J'ai aussi beaucoup entendu et lu sur cette "histoire" remakes dans l'industrie cinématographique indienne. Où les "histoires" de piratage en Inde. Mais avec quelles sources de financements l'industrie produit les films en Inde ?
Ton message est à la fois très intéressant pour et troublant à la fois.
Je vais discuter longuement avec toi plus tard et à tête reposée, si tu es d'accord.
A+

Salut Victoria,

Si tu permets « tu une montage de générosité », l’Inde te va si bien que tu trouves encore du temps pour les autres.
Comme je disais dans mon premier message, je suis en mode « exploration » donc ton message et celui de Benjamin vont nourrir ma réflexion. Hier en lisant pots adressés à Magali, j’ai compris le système de visa. Je t’en remercie encore une fois de tes explications lumineuses. Mon but dans premier temps c’est de proposer mes trois scénarios déjà écrits aux producteurs en Inde (je ne sais pas si c’est une bonne idée, je compte sur Benjamin pour m’éclairer). Je pense que si je me décide de venir, je vais sans doute avoir des séances avec un co-auteur local d’adaptation des scénarios. Même si un producteur est intéressé, je dois quand les faire traduire en anglais. Je pense ta copine sortie de l’école de Pune institut pourra être un bon partenaire pour moi. Ici en France nous avons une convention collective avec des grilles de répartition des auteurs. Elle et moi on pourra même déposer notre scénario à la SACD avant de trouver un producteur. Bref, j’aime bien régler les « histoire » de cinéma en amont. Bref, si elle passe par Paris ça me plairait bien de partager un café avec elle (si elle est d’accord). Elle pourra même passer dîner ou déjeuner à la maison. J’habite dans Paris, c’est pratique.
Pour en revenir au visa, j’ai consulté ce matin, le site du Centre de visa. Il se trouve rue du Paradis à côté de la gare de l’Est. Donc proche de chez moi. Je t’en parle Victoria parce que j’ai lu la procédure mais bien de m’avoir signalé les « 3 mois ». Mais pour ne rien te cacher si j’ai des opportunités de pouvoir réaliser… c’est pas gênant pour moi  de revenir en France pour en refaire une demande. De toute façon, je n’abandonne pas mon appartement parisien si je suis en Inde. Pas tant que les choses ne se passeront pas en « grand ». Je parle bien entendu d’opportunité de pouvoir bosser régulièrement. Donc dans un premier temps un pied à Paris et un pied en Inde jusqu’à ce que les choses vont mieux. Je connais la précarité de l’industrie mais je pense que c’est le moment d’aller ce qu’il y passe. L’Inde est dans une dynamique insolente et dans tous les secteurs (je pense).
A+
Bien à vous tous.

Merci Magali, je viens de t'envoyer un signal. Donc ton fils peut échanger avec quand il veut.
Bon week end

K

Kamilus,

je connais bien le cinema francais pour en avoit tater dans ma jeunesse... Comme pour la plupart des business, l'important avec l'Inde me semble etre de laisser ses habitudes francaises en France! Les droits d'auteurs en Inde ne sont a peu pres jamais respectes, les lois existent mais sont floues, et les tribunaux indiens ont bien d'autres chats a fouetter. Si tu arrives avec tes scenarios sous le bras et que tu leur montres gentiment, je parie malheureusement fort qu'ils vont prendre ce qui leur plait et voila! Deja en Occident le scenariste ne vaut pas grand chose, en Inde c'est pire. Se faire une place comme realisateur, en revanche, pourquoi pas, d'autres expats ont reussi dans la mode, deco, architecture...

Pour ce que j'en sais, les films sont finances tres largement par des fonds prives, ainsi que par la pre-vente aux distributeurs et bien sur aux tele/cable/satellite (un nombre considerable de chaines en anglais et dans toutes les langues d'Inde... on parle souvent du cinema indien, mais la tele, c'est enooooorme aussi). Pour la pre-vente il faut surtout un casting vendeur, mais ca c'est partout pareil.

Desole pour les accents et autres cedilles, je suis sur un clavier qwerty.

Si je peux, je serai content de repondre a tes questions.

Tu peux m'ecrire en direct sur benjamincovo[at]aol.com

A bientot,

Benjamin

Namasté Magali ji,
je suis contente de lire que tu as décidé de t'alléger;-) Pour te dire, moi lorsque je suis partie la première fois, c'était pour une année et avec le projet de vérifier que l'Inde était bien (comme je le pré-sentais) le pays de ma future installation. Si l'Inde n'avait pas été ce pays, je serais aller voir ailleurs, je pensais à l'Andalousie. Bref, je changeais de vie puisque je voulais faire l'expérience de vivre ailleurs qu'en France (même si j'y séjourne encore de temps à autres, je n'y ai plus de chez moi depuis 6 ans). Aussi, à mon départ, je me suis allégée au point de ne plus posséder qu'un mètre cube de ma vie passée (le fameux mètre cube dont je parle plus haut). Et ce mètre cube dort depuis dans un garage. Comme quoi ! Même cette partie dont je ne peux me déposséder (documents familiaux et photos, plus quelques petits objets), je n'en ai, en fait pas besoin puisque cela fait 6 ans que je m'en passe... Je vis avec deux valises, une d'hiver et une d'été, et encore, plus ça va, plus je les vides ! Et j'ai au Kashmir l'équivalent d'un grand sac. Ce qui fait que lorsque je vais m'installer à Rishikesh cette année, je vais tout avoir à acheter, et sachant par avance vivre avec peu, je ne vais pas abuser...Petite parenthèse, je n'avais passé que trois jours en Inde quand ma conviction était faite que c'était bien le pays où j'allais m'établir... J'avais aussi comme projet de vie de vivre l'expérience « mariage » et j'ai rencontré mon (futur) mari aussitôt;-) Et lors de cette première année en Inde ma vie a été merveilleuse et les miracles ont déferlés en pagailles, je n'ai presque pas toucher terre.
J'aborde maintenant le sujet Nord Sud. Je trouve le climat du Sud trop humide alors que j'adore la sécheresse du Nord. Je préfère cent fois vivre à 40 degrés à l'ombre mais au sec, plutôt qu'à 28 mais dans une région humide comme à Bombai (ne parlons pas de 40 à Bombay, l'horreur!). Au Kashmir, les étés sont agréables (chauds et secs, parfois très chauds mais c'est qu'il fait encore plus chaud dans le reste de l'Inde) alors que dans le reste de l'Inde les étés sont toujours « un peu » durs. En revanche les hivers au Kashmir sont terribles et vu l'isolation à l'indienne, c'est à chaque fois une épreuve (2000 mètres d'altitude). J'ai choisi Rishikesh pour mon installation parce que c'est la ville qui m'attirait (m'appelait) depuis la France et qu'en y allant j'ai compris que je pourrais y créer mon petit paradis perso. Le climat y est agréable avec des hivers un peu frisquets mais ensoleillés. Pour l'été, je continuerais à le passer dans ma famille au Kashmir. La mousson sévit dans tous le reste de l'Inde.
Lorsque je te parlais de l'Assi ghat c'était pour te donner le coin où s'installer à Varanasi, les autres ghats autour du Gange sont plus touristiques et on y subit une pression importante des requins à touristes qui voguent dans les parages. Varanasi est à mon avis un lieu assez incontournable, à visiter donc, voire, y séjourner un mois ou deux dans le cadre de l'assos pour se poser un temps et sentir l'Inde de l'intérieur. Mais ça reste très touristique et l'Inde touristique n'est pas la plus agréable à vivre au quotidien, j'en sais quelque chose... ( je ne connais pas Pondi où beaucoup d'expats s'installent, peut-être est-ce différent) En fait, dans votre cas, il faudrait que vous preniez le temps de vous laisser vivre dans divers endroits sur des séjours d'au moins quinze jours. Vous pourriez ensuite faire votre choix. Je suis certaine qu'à un moment ou à un autre vous aurez un coup de cœur pour un endroit et vous saurez alors que c'est là.
Ensuite pour ce qui est du choix entre le Nord et le Sud il ne s'agit pas que de climat, il s'agit aussi d'attirance, et moi j'aime la folie et la « dureté » du Nord. Le Sud est plus sage, plus calme. Ce que je dis est réducteur, en fait il faut aller voir soi-même...L'Inde est tellement diverse !
Je comprends que mes anecdotes te fassent des chauds et des froids ! Je crois que pour vivre heureux en Inde il faut être positif, vraiment ! Qu'il ne faut pas avoir un fond parano, il faut être capable de lâcher prise, de savoir se réjouir de petites choses, d'aimer vraiment l'humain, d'être vraiment ouvert d'esprit, de savoir se laisser porter sur la mer déchaînée...;-) En possédant ces qualités (même si il arrive quelques pannes) on s'assure de profiter de la magie de l'Inde, et là, c'est miracles sur miracles, coups de bol sur coups de bol, rencontre merveilleuses sur rencontres merveilleuses. L'inde, dans ces conditions peut être un vrai paradis
Mais elle devient vite un enfer si l'on succombe à l'énervement, à la parano etc, bref, quand on devient négatif. En devenant négatif, on produit du négatif et l'Inde renvoie du négatif. Mais c'est pareil partout ailleurs ; pour moi, nous sommes les créateurs de notre réalité (vaste, très vaste sujet que je n'aborderais pas sur un blog), nous récoltons ce que nous semons, et en Inde les bonnes graines produisent de très beaux fruits (exotiques;-), mais les mauvaises graines produisent des fruits bien amers, voire empoisonnés. Aussi en étant négatif on récolte du négatif alors qu'en semant du positif on s'assure une moisson miraculeuse. Alors face à une situation comme celle que je t'ai décrite avec les policiers de Delhi, je suis restée confiante dans la Vie et dans ma chance et nous nous en sommes tirés très bien in fine ( je sais 100 euros à refiler à des policiers ça peut paraître un échec, mais vraiment ça aurait pu être bien pire) et grâce à cela, j'ai pu ajouter une anecdote croustillante supplémentaire à mon dossier déjà bien fourni d'anecdotes indiennes ;-) ! Je suis donc contente d'avoir vécu cette mésaventure, puisque je l'ai transformée en aventure (oh, une petite aventure, mais rigolote quand on rentre dans les détails). Il m'en est arrivée une autre similaire, mais moins terrible, là il s'agissait plus de policiers qui s'ennuyaient et qui par curiosité nous ont fait aller à leur bureau pour un interrogatoire séparé. Ils se sont entre-autres inquiétés de savoir si ma famille en France savait que je venais de me marier à un indien, et surtout si elle m'avait donné la permission ! Je leur ai rétorqué qu'en France la famille n'a pas son mot à dire sur un mariage, et qu'à mon âge ( 42 ans à l'époque !), je n'avais besoin de la permission de qui que ce soit pour faire quoi que ce soit de ma vie (non mais!) (réaction de conne, qui ne supporte pas d'être considérée comme une mineure, parce que je suis une « vielle » qui a roulé sa bosse et que née dans un pays qui est passé par mai 68 j'ai encore des réflexes « féministes ». Seulement en Inde il faut revoir ses fondamentaux...) Ce jour là aussi nous avions eu chaud, mais là encore, je croyais en ma chance et je vivais l’événement comme ci il s'était agit d'un jeu. Et une fois encore cela a produit une anecdote de plus pour mon dossier;-)
Suite et fin dans le prochain post.

Pour être franche, mon euphorie des premières années tend à s'effriter, mais je trouve encore de la magie en Inde, et je sais que c'est en moi que réside la source de mon bonheur. J'ai aujourd'hui plus conscience qu'aux débuts des difficultés de la vie en Inde, cela ne m'empêche pas de m'y trouver bien et je te l'avoue, à chacun de mes passages en France, les premiers jours de mon retour son durs, ça ressemble à un atterrissage forcé !
Je continue à trouver la vie plus facile en Inde dans certains de ses aspects et plus dure pour d'autres, mais je trouve encore l'Inde supérieure dans sa capacité à m'aider à rester positive notamment parce qu'il y circule une énergie plus positive. Dans mes posts, je te donnes à voir les aspects négatifs, parce que ce serait malhonnête de ne pas en parler. Je n'aime pas faire circuler des pensées négatives, je pense que c'est très nuisible, mais une part de la réalité est à prendre en compte, d'où mes posts en chaud et froid. En conclusion, l'Inde peut être un paradis pour quelqu'un qui sait s'amener le mieux, qui a confiance dans la vie et les humains, quelqu'un qui sait vivre heureux quelques soient les conditions et circonstances.
Pour finir sur une touche légère, une « petite » anecdote ? (Moi, faut pas me pousser!;-)
Orchhâ petite ville du Madhya pradesh. C'est le soir, je suis à la terrasse d'un restau avec des amis. Une voiture « familiale » s'arrête au milieu de la ruelle, un papa en descend avec un bébé dans les bras, il se dirige vers moi. Arrivé à ma hauteur, il me demande respectueusement de bénir l'enfant. Je me trouve pour une part surprise, une autre honorée, une autre amusée et une dernière impliquée parce que pourquoi pas ? Selon moi, nous sommes tous des parts de Dieu qui s'ignorent (la plus part du temps), alors si ces personnes voient en moi une déesse, ils ne se trompent pas vraiment. Je béni donc l'enfant en lui touchant la tête. C'est alors que toutes les portières du véhicule s'ouvrent et que déboulent tous les occupants, soit une famille indienne en déplacement : ce qui revient à dire le couple propriétaire du véhicule, plus une sœur et un beau-frère, plus une tante ou une grand-mère et toute une ribambelle d'enfants (en Inde une voiture dite familiale ne vol pas son nom!). Et là, la foule (j'exagère à peine, ils étaient au moins 12 !;-) se rue sur moi, pour me présenter le front de tous les bambins présents. L'un des petits dort et se réveille alors que je suis en train de lui administrer mes sacrements (ça y est, je m'y crois;-). Voyant ma face de blanche, il se met à hurler et à pleurer ! Merde ma carrière de demi-déesse vient de s'arrêter aussi vite qu'elle avait commencée me suis-je dit ! Mais, non ! Tout le monde était ravi, et une fois que j'ai eu fini mes bénédictions, tout ce joli monde est tranquillement retourné prendre place dans la voiture, les visages éclatant de bonheur (bon, sauf le rejeton pleurnichard qui continuait sa complainte:(.

Durant la rédaction de ce texte j'ai vu qu'il y avait eu de nouveaux posts, mais là aujourd'hui j'ai abusé de mon temps alors ce sera pour une autre fois, en attendant, bonne journée les amis !

Bonjour ou bonsoir Benjamin,

Je passe en mode "boite" email privé... pour pas ennuyer tout le monde avec "mon" cinéma, ça m'arrange.
A très vite

K

Namasté Kamilus ainsi qu'a tous les participants et les nombreux lecteurs muets ( plus de 400 visites !...),
Tout d'abord merci Kamilus pour ta généreuse formule concernant ma soi-disant générosité, mais je ne la mérite pas. Parce je vais être honnête, si je suis généreuse, c'est surtout avec moi-même. Si je consacre ce temps a répondre, c'est que j'en tire une satisfaction toute « égoïste ». En ce moment j'ai du temps de libre et comme l'écriture est l'une de mes activités préférées (et je l'espère, elle deviendra prochainement ma principale activité), et que je me régale à parler de moua (et de l'Inde tout de même), ces posts sont en fait des petits cadeaux que je me fait. Évidemment j'aime rendre service et je suis quelqu'un pourvu d'une forte capacité à l'empathie, mais si j'aime faire circuler de jolies choses (tant matérielles qu'abstraites) je le fais surtout pour moua !  Partant du principe que nous sommes tous une partie du Grand Tout, ce que je donne je me le donne (par le biais de la circulation), et je sais que plus je donne, plus je reçois. C'est pour moi l'une des clés du bonheur. Par exemple j'ai toujours aimé aider les touristes que je croise à Bordeaux (où j'habitais avant mon départ en Inde et où je retourne lors de mes passages en France) en me proposant spontanément lorsque je les vois empêtrés dans une carte, ou allant jusqu'à passer un long moment à jouer les guides pour mon plaisir. Je partage un moment chouette avec des inconnus, je leur montre des endroits qu'ils n'auraient pas trouvé dans les guides ce qui provoque des oh ! des ah ! et des sourires. C'est déjà très satisfaisant, ça me nourrie. Mais depuis que j'ai pris conscience de la juste circulation de ce que l'on donne, j'ai pu constater le phénomène suivant : je trouve moi aussi toujours des personnes prêtes à m'aider : une Espagnole en Espagne à qui je demande ma route et qui m'amène à destination en « sacrifiant » une demi-heure de son temps, du stop dans les montagnes Suisse où dès la première voiture quelqu'un se propose, et plusieurs fois les personnes faisant un détour (de 10 km) pour me rendre service, bref, partout où je me trouve, je trouve l'accueil que je donne moi-même... Alors ce que je donne aujourd'hui a déjà la vertu de me procurer un grand plaisir et c'est déjà beaucoup, mais encore je sais par avance que le jour où j'aurais besoin de quelqu'un dans un cadre similaire, il sera là, pour moi...
Sinon, j'ai parlé de toi à mon amie, c'est quelqu'un de très généreux;-) mais tout le temps overbookée, elle est d'accord pour partager son expérience mais pour un premier contact elle propose la boite mail, alors peux-tu me laisser ton adresse mail et ton nom complet (elle ira voir sur Google ta carte professionnelle, elle est curieuse;-) en message privé. Je lui transmettrais. Je lui ai déjà envoyé un copié/collé de tes posts pour qu'elle se fasse une idée de ce dont tu as besoin et de ce qu'elle pourrait t'apporter.
A tous, je dois apporté quelques petites précisions : pour le renouvellement des visas dans les pays limitrophes de l'Inde il y a aussi le Sri lanka qui est en fait la destination des personnes vivant dans le Sud, les Nordistes ont plus tendance à se rendre au Népal, et comme je suis Nordiste, j'avais oublié le Sud.
Maintenant un joli cadeau à tous : je vous suggère d'aller lire l'Excellent blog de Nabolo. C'est un aventurier de la Vie, voyageur, mais pas que, qui écrit des textes hilarants et édifiants. Il a passé deux longs séjours en Inde, dont un pour un stage à l'ambassade de France à Delhi, expérience dont il a tiré un excellent livre, il a aussi été figurant et acteur à Bollywood... Je pense que ça va en intéresser plus particulièrement certains, mais c'est à se tordre de rire pour tout le monde. Au moins allez lire ces textes sur l'Inde ! J'attends vos réactions;-). http://www.nabolo.com/bonsbaisersdebombay/
Son aventure en Inde commence avec ce texte, d'autres suivent, mais pour les curieux ne vous contentez pas de ceux sur l'Inde, sachez que tout le blog est de cette qualité. ( ah oui, svp, si vous lui laissez un commentaire, dites-lui que c'est Victoria la bienheureuse qui vous a indiqué son adresse, il me versera un backchich en Nabolo point;-) vous comprendrez en lisant l'Excellent Nabolo blog. Merci!).
Je vous souhaite un excellent weekend (en compagnie de l'Excellent Nabolo blog;-) (comment-ça du bourrage de crânes et du forcing?! C'est de l'amour!)
Victoria.

Comme tu es belle Victoria!

Tu fais partie de ces personnes que j'appelle des "êtres d'exception".
J'adore te lire et ne me lasse pas de tes histoires.
J'ai même l'impression parfois, de me retrouver, à l'époque où j'étais encore une petite fille et qu'on me lisait des contes...
Merci, oui, merci pour ce que tu nous fais partager.
J'espère vraiment qu'un jour, nous aurons l'occasion de nous rencontrer, et, d'échanger encore des tas de choses.

Kamilus, je n'ai aucun moyen de te parler si ce n'est par l'intermédiaire de ce forum,alors, je te souhaite de réussir en Inde et de trouver toutes les personnes qui seront prêtes à t'aider.

A bientôt tout le monde.

PS: Merci Benjamin.

Bonne chance à tous. Une dernière chose: malgré les hauts et les bas nous n'avons jamais regretté notre choix d'expatriation en Inde, espérons que cela dure, c'est une belle aventure.

Merci Benjamin.
Pense à nous donner de vos nouvelles.

A bientôt.

Magali

Magali je te remercie beaucoup, ce que tu me dis me touche et m'évoque un séjour en colonie où à l'âge de 11 ans j'animais les soirées de la chambrée en racontant des contes que j'inventais au fur et à mesure. Je me régalais en régalant mes cothurnes qui semblaient ne jamais vouloir que cela cesse... Aujourd'hui j'écris, mais je me le suis longtemps interdit du fait de mon orthographe défaillante qui m'apparaissait être un handicap insurmontable. Je suis passée par dessus ce complexe en me disant que le principal est le fond, et j'envisage dorénavant de consacrer la plus grosse partie de mon temps à l'écriture (je me suis déjà accordée deux années au cours de ces 6 dernières). Je n'ai pas la prétention de faire de la littérature, je n'en ai ni le talent ni le savoir, et ça ne m'intéresse pas en fait. Écrire des livres n'est pas le pré-carré des seuls écrivains, cela peut avoir pour simple vocation de raconter des histoires, et c'est ce que je fais, je me considère donc comme raconteuse. Tes compliments me vont droit au cœur et me confirme ce que je sais déjà : il y a des personnes sensibles à ce que je raconte, il y a donc un potentiel lectorat pour mes productions (si un éditeur passe par là, qu'il n'hésite pas à me contacter!;-). Et tu vois, encore une fois, ce temps que je passe à écrire ces posts n'est pas du temps donné « gratuitement » puisqu'en dehors du plaisir que cela me procure (en plus du fait que ce sont de petits exercices d’entraînement) cela me fourni, par le biais de tes compliments et de ceux de Kamilus, une motivation supplémentaire pour mon projet de concentrer une partie de ma vie sur l'écriture. Alors c'est du gagnant/gagnant. Youpi !
Je n'ai pas téléphoné à Lionel pour le moment, penses-tu que ça lui serait encore utile ? Si oui, ce sera avec plaisir. Tu disais qu'il était près de la frontière pakistanaise, je suppose qu'il devait être à Amritsar...
J'interviens peut-être trop tard, mais si il est toujours dans les parages, je lui conseille vivement d'aller à la cérémonie de clôture de la frontière qui a lieu quotidiennement et qui est un de trucs les plus fous que j'ai vu en Inde (au milieu de milliers de trucs fous). On peut trouver un « tour operator » aux alentours du Golden temple qui affrète quotidiennement des bus pour aller sur place à une trentaine de kilomètres de là. Il y en a plusieurs et ils recrutent les clients dans la rue, il n'y a pas besoin de chercher longtemps. Ce n'est pas cher du tout et c'est énorme ! Indescriptible ! J'ai même acheté un dvd de la cérémonie sur place tellement je trouvais ça dingue ! On trouve là la démonstration de la « folie/fantaisie » indienne, et le plus fou c'est que cet aspect fait aussi partie des institutions !

Autre chose. N'hésites pas à me poser des questions supplémentaires, et n'aies pas honte de poser ce qui peut sembler être des questions bêtes ou un peu trop terre à terre. J'ai eu moi aussi à préparer un premier voyage en Inde et je me souviens avoir été régulièrement traversée par des questions à la con mais qui pourtant étaient importantes pour moi, du genre où achète-t-on tel ou tel truc, comment fait-on pour ça ou pour ci. Il est vrai que Lionel est sur place et qu'il doit déjà avoir débroussaillé le terrain mais je sais d'expérience que comprendre l'Inde prend du temps. Et je pense que comme je te l'ai déjà dit plus on connaît l'inde, plus on s’aperçoit qu'on ne la connaît pas...En revanche avec l'expérience on sait à-peu-près où trouver telle ou telle chose, ou comment faire tel ou tel truc.

Au fait, tu as raison, je suis un être d'exception !;-) Comme tout un chacun !
Selon moi, nous sommes tous exceptionnels, personne sur terre n'a de double parfait. Et je crois que nous avons tous notre juste place ici-bas. Nous participons tous à faire l'Humanité et pour qu'elle soit complète elle porte en son sein le monstre comme le saint. Je crois au Grand Équilibre, c'est à dire que pour qu'existe une Mère Térésa il faut à l'autre bout de la chaîne un Staline. C'est tout un concept, concept avec lequel je vis en harmonie et qui me permet d'évacuer le ressentiment ou le jugement que je ressens parfois à l'égard de certaines personnes. Et il est bien plus productif en terme d'épanouissement de ne pas nourrir de sentiments négatifs. Alors je m'efforce de me rappeler sans cesse que chaque humain est un élément du Grand Tout (l'Univers, Mère Nature, Dieu, chacun peut lui donner le nom qu'il veut), qui a sa place au même titre que moi, qui participe comme moi au Grand Équilibre de la Nature. Je nous considère comme autant de cellules qui produisent un gigantesque corps. Alors comme ce que je fais aux autres, je me le fais aussi à moi-même, autant « faire le bien » vu que je me veux du bien. Ceux qui font le « mal » ne se veulent pas du bien. Je les remercies de se taper le sale job, il faut quelqu'un pour s'en occuper pour une raison de Grand Équilibre, et je leur laisse. Égoïstement, j'ai compris que plus je fais le bien, plus le bien me revient, alors je ne m'en prive pas ! En fait c'est encore plus complexe que ça et il me faudrait une centaine de pages pour aller jusqu'au bout de mon concept. Ce n'est pas le lieu pour le faire, je m'arrête donc là sur ce sujet.
Allez, pour finir aujourd'hui, je sens qu'une « petite » anecdote serait la bienvenue, non ?
Pour une raison de caractères disponibles, je la poste dans le post suivant.
modification: En fait je viens d'envoyer le post suivant mais il a eu l'air d'apparaître dans une nouvelle page mais je ne trouve pas le moyen d'y accéder. Je vais voir ça de plus près et si je ne trouve pas je retenterais un envoi.
deuxième modification, ça y est j'ai trouvé le petit carré en bas de page pour passer à la deuxième page. Ouf!

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