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Le syndrome paraguayen

Bonsoir Monsieur,

Nous sommes commerçants en France et souhaiterions partir sur l'Amérique latine et en particulier pourquoi pas le Paraguay. Reprendre un commerce existant ou en créer un .
Pourriez vous de par votre expérience nous envoyer le document dont vous parler, votre expérience nous sera je pense utile.
restant à votre disposition

Sébisa

Bonjour, JC
j'aimerez recevoir ton texte le syndrome paraguayen.
Car ayant,pour objectif de venir au paraguay avec ma famille(6). J'aimerez connaitre un peu mieux la réalité du pays selon ton expèrience.
Cordialement.
Voici mon adresse e-mail: nadege.vilain[at]gmail.com

JC ne passe plus par ici depuis un bon moment.

bonjour Jc et les autres
je suis sur le poing d'acheter 1ha avec une petite cabane au fin fond du Paraguay et évidement j'aurais plusieurs question  pour pas trop me faire arnaquer .
- puis-je faire confiance au notaire les yeux fermer ( pour la transaction )
-j'ai crus comprendre qu''il était difficile d’ouvrir un compte bancaire quand n'est -il ?
et j'aimerais bien-sur lire Le syndrome paraguayen , si Jc ou une autre personne pourrait me le faire passer par mail
merci

baronditfaveron[at]gmail.com

lebaronoir :

bonjour Jc et les autres
je suis sur le poing d'acheter 1ha avec une petite cabane au fin fond du Paraguay et évidement j'aurais plusieurs question  pour pas trop me faire arnaquer .
- puis-je faire confiance au notaire les yeux fermer ( pour la transaction )

Non ! Ce n'est pas pour rien que le  Paraguay à l'indice de corruption 150 (sur 175 pays). Bien sûr il y en a de corrects. J'en connais un à Asunción qui est sûr avec lequel j'ai acheté une maison et une dame notaire avec laquelle je l'ai revendue.

-j'ai crus comprendre qu''il était difficile d’ouvrir un compte bancaire quand n'est -il ?

Le problème n'est pas d'ouvrir un compte, mais qu'il fonctionne normalement (donc avec des virements internationaux). Au temps de la présidence Lugo j'avais ouvert un compte à la "Banco Continental", j'avais pu faire deux virements depuis la France de 10.000 EUR sans souci. Mais je n'y suis pas resté car j'avais demandé une carte VISA et c'était toujours "la semana proxima". Un mois et demi que ça durait ! En fait j'avais un compte bloqué. Je sais bien qu'il faut être patient au Paraguay, pero demasiado es demasiado. Donc j'ai déménagé mes sous pour les mettre à Vision Banco. Certes j'ai eu ma carte VISA (debito) gratuite au bout d'une demi semaine, mais pour les transferts internationaux ce n'est pas ça. Qu'à cela ne tienne, me dis-je avec une grande candeur, je vais ouvrir un compte dans une "vraie" banque (Vision Banco est plutôt une financière). Je ne sais pas si c'est dû à la présidence intérimaire de Franco, mais je me suis fait jeté de toutes les banques (BBVA, City Bank, Itau, Fomento).
Donc si je ne suis pas une exception spécialement visée (et je ne vois pas pourquoi je le serais) il s'agit bien d'un blocage anti étrangers (français en particulier). J'ai écris à la Chambre de Commerce franco-paraguayenne, mais, bien sûr, je n'ai eu aucune réponse.

Donc si la vie au Paraguay c'est juste pour retirer des sous avec sa carte VISA française (900 EUR/7 jours avec la VISA Premier), c'est peut-être bien en touriste mais sûrement pas en résident qui veut acheter de l'immobilier ou une tuture. Et, a fortiori, s'il veut monter une entreprise (chose que je ne conseillerais pas, mais c'est un autre débat).

et j'aimerais bien-sur lire Le syndrome paraguayen , si Jc ou une autre personne pourrait me le faire passer par mail
merci
baronditfaveron[at]gmail.com

Jean-Claude est aux abonnés absents. Je lui avais envoyé un MP car j'ai perdu son adresse e-mail pour l'inviter à un petit gueuleton athomique. De quoi rameuter un honnête français (et même un malhonnête paraguayen), mais je n'ai pas eu de réponse.

De mon côté je prépare un livre sur le Paraguay qui ne va pas être une volée de fleurs. Outre une partie théorique psycho-socio-ethnologique il y aura des témoignages vécus, et pas seulement le mien, bien sûr.

PS : Tiens, encore un toulousaingue, putaingue, cong ! Moi j'étais à Villeneuve Tolosane ce qui était déjà une expatriation pour l'ancien parisien que j'étais et nous avons aussi une quasi payse Maria qui vit à Bessières mais qui va bientôt revenir au Paraguay, ne fut-ce que pour s'occuper de son café.

merci
Williamhoustra pour ces petite précision , et n’hésite surtout pas à faire passer des liens pour la sortie de ton livre .

salut lebaronoir
au fin fond du Paraguay c'est dans quel coin ? car les prix varient beaucoup en fonction de la proximité de la route asphaltée .... la "ville" la plus proche... la ligne électrique ...
1ha c'est vraiment pas beaucoup, qu'est-ce-que tu veux y faire ?
une cabane? 4 murs de briques et un toit de tôle ... 2000 $ le tout et encore !!!!
y a t'il un puits ?
confiance les yeux fermés? certainement pas ... (mais pour moi l'indice de corruption n'y est pour rien, la corruption non-comptabilisée existe bel et bien en Europe )
à plus

salut Greenfred,
et bien s’était a la frontière de l'argentine a deux heures de Pilar non long d'un petit village ( villabin )
1000$ 1ha200 avec une maison rudimentaire  eau élec , mais on ne peut  plus l'acheter le problème c'est  qu'on n'a fait une petite erreur c'est bien 1000$ ha , mais l’erreur c'est qu'il n'y a pas 1ha200 mais 1200 HA  .
AHAHAH !
tu coup on cherche une petite cabane avec de 1 a  5 ha pour vivre 6 à 8 mois par ans la bas perdus dans la campagne si possible .
si tu connais fais passer l'info
merci

(modéré: pas de généralité et pas d'accusation svp) Laquelle m'a envoyé au trou un mois et demi parce que j'avais osé en chasser un de ma maison. Et le français qui était avec moi et qui se se faisait voler aussi, ce qui ne lui avait pas plus, était sur la liste pour aller en prison. Par chance il avait pris l'avion pour Buenos Aires une semaine avant.

Même les paraguayens, outre qu'ils sont casaniers et ne s'intéressent à rien, n'osent pas s'absenter de chez eux de peur de se faire voler. Donc "une petite cabane pour vivre 6 à 8 mois par an" niet ! Il faut un bunker avec portes et fenêtres métalliques avec de bonnes serrures (lesquelles sont introuvables ici, dans ce pays de voleurs ils ignorent même le classique verrou, ça doit être interdit d'importation, ça compliquerait trop la vie aux voleurs). Et pas isolé à la campagne ! J'ai visité une belle maison avec un grand jardin d'un couple de belges retraités qui s'imaginaient pouvoir vivre au Paraguay. Bien que l'homme fut armé et à réussi à en descendre un, les assaillants les ont tué tous les deux. J'ai vu les impacts de balles dans le patio.

Donc Pilar, OK, cette ville a une bonne réputation, mais dans la ville et avec des grilles à toutes les fenêtres et une porte solide.

Non mais c'est pas possible !! C'est vraiment comme cela Le PARAGUAY ?????  Williamhoustra ??

Est ce que quelqu'un d'autre sur la toile et vivant sur place et sans offenser William peu me rassurer ??? et contreduire ??

Sinon c'est vraiment chaud !!!

bin moi , je dois avoir de la chance, j'ai des voisins adorables, qui savent lire (!), s'intéressent à l'astronomie, savent regarder les étoiles, connaissent les plantes médicinales et les arbres, parlent 3 langues, cultivent leur terres, font de l'élevage, sont au courant des dérives de l'Occident (pollution, OGM, etc.... ), ont du respect pour leurs parents, leur famille, leurs voisins.... j'ai eu affaire à des artisans qui, certes, avaient leur méthodes, mais honnêtes, travailleurs, très à l'écoute de nos demandes.... des personnes croyantes et respectueuses ... mais c'est sûr, arriver avec ses certitudes d'Européen nanti, on peut tomber de haut et surtout ils ne se priveront pas de vous le faire sentir, à leur manière ... mais je préfère finalement que l'image ne soit pas bonne, ça retardera l'invasion !

Même si je ne suis pas aussi excessif, je confirme que pour un étranger, vivre en pleine brousse c'est pire qu'une tentation pour les paraguayens.
C'est une invitation à venir se servir.
Et s'ils soupçonnent ne serait ce qu'un petit pécule planqué sous le matelas, c'est la prise d'otage et tortures pour connaitre la cachette. Ou une fin prématurée comme pour le couple de belges précités.
Soit on vit en appartement gardé, soit dans une maison bien protégée en ville.

En pleine campagne, le chaco est peut être encore à l'abri des vols. Mais il faut pouvoir y vivre.

Greenfred :

bin moi , je dois avoir de la chance, j'ai des voisins adorables, qui savent lire (!), s'intéressent à l'astronomie, savent regarder les étoiles, connaissent les plantes médicinales et les arbres, parlent 3 langues, cultivent leur terres, font de l'élevage, sont au courant des dérives de l'Occident (pollution, OGM, etc.... ), ont du respect pour leurs parents, leur famille, leurs voisins.... j'ai eu affaire à des artisans qui, certes, avaient leur méthodes, mais honnêtes, travailleurs, très à l'écoute de nos demandes.... des personnes croyantes et respectueuses ... mais c'est sûr, arriver avec ses certitudes d'Européen nanti, on peut tomber de haut et surtout ils ne se priveront pas de vous le faire sentir, à leur manière ... mais je préfère finalement que l'image ne soit pas bonne, ça retardera l'invasion !

Ce n'est pas mes "certitudes d'européen" que j'ai vu mais des impacts de balles. Quand au Paraguay, je vais te le laisser sans remord pour aller vivre dans un coin plus "civilisé", au sens européen peut-être, comme au Chili.

SEBISA :

Non mais c'est pas possible !! C'est vraiment comme cela Le PARAGUAY ?????  Williamhoustra ??

Est ce que quelqu'un d'autre sur la toile et vivant sur place et sans offenser William peu me rassurer ??? et contreduire ??

Sinon c'est vraiment chaud !!!

Je te rassure, il y a pire ! Le Venezuela, la Colombie et certains coins du Brésil. L'Argentine aussi commence à mal tourner au dire d'un qui y vit depuis 15 ans à Salta (qui n'est pourtant pas la ville la pire).

Williamhoustra :
Greenfred :

bin moi , je dois avoir de la chance, j'ai des voisins adorables, qui savent lire (!), s'intéressent à l'astronomie, savent regarder les étoiles, connaissent les plantes médicinales et les arbres, parlent 3 langues, cultivent leur terres, font de l'élevage, sont au courant des dérives de l'Occident (pollution, OGM, etc.... ), ont du respect pour leurs parents, leur famille, leurs voisins.... j'ai eu affaire à des artisans qui, certes, avaient leur méthodes, mais honnêtes, travailleurs, très à l'écoute de nos demandes.... des personnes croyantes et respectueuses ... mais c'est sûr, arriver avec ses certitudes d'Européen nanti, on peut tomber de haut et surtout ils ne se priveront pas de vous le faire sentir, à leur manière ... mais je préfère finalement que l'image ne soit pas bonne, ça retardera l'invasion !

Ce n'est pas mes "certitudes d'européen" que j'ai vu mais des impacts de balles. Les paraguayens eux-mêmes considèrent que la délinquance sérieuse augmente. A la télé il n'y a que ça : les faits divers sanglants. Pourtant la population du Paraguay c'est Toulouse et les environs. Le Paraguay, je vais te le laisser sans remord pour aller vivre dans un coin plus "civilisé", au sens européen peut-être, comme au Chili.

ok

Ce qui ressort de toutes vos paroles n'est pas attirant mais si le pays parfait n'existe pas ! En France aussi il y a aussi des endroits où il ne fait pas bon y vivre. Mais là comme vous nous le décrivez çà ne sent pas bon !

Que pensez vous de l'Uruguay son frère voisin ? Avez vous des échos ?

Vous en remerciant

@ SEBISA > Pour vos questions concernant l'Uruguay, se serait mieux si vous pouviez créer une nouvelle discussion sur le forum Uruguay.

Merci

Priscilla

@Williamhoustra: Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Pour ta gouverne, la France (et l'Europe en général d'ailleurs) ce n'est pas si safe que ça...
La France Orange Mécanique

Greenfred :

mais c'est sûr, arriver avec ses certitudes d'Européen nanti, on peut tomber de haut et surtout ils ne se priveront pas de vous le faire sentir, à leur manière ... mais je préfère finalement que l'image ne soit pas bonne, ça retardera l'invasion !

Je plussoie! Et comme tu dis, tant mieux!

L'Uruguay est dans les deux pays "civilisés" d'Amérique du sud. je connais un peu et j'y avais commencé les "tramites" fin 2009 pour y être résident, mais, problème technique, mon bateau, resté au Brésil, avait fini son temps de séjour et il devait décamiller.

Effectivement c'est à traiter dans le forum ad hoc.

Il y à ceux qui s'accrochent à leur idéologie en faisant fi des expériences réelles. Ceux là n'auront pas droit à l'excuse de l'ignorance.

Bonjour,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt cette conversation. Je serai vraiment très intéressé de recevoir ce document " le syndrome Paraguayen" pour pouvoir ensuite rebondir sur les thèmes abordés.
mon adresse perso : guy.favreau[at]gmail.com
Avec mes remerciements anticipés.
Guy

Note à tous,

Coucou, me revoilou !
Mille excuses pour cette absence pleine d'occupations stériles qui m'ont bien pris la tête et qui sont propres au Paraguay, pays dans lequel rien ne se fait en une fois, ni en deux, ni parfois même en cinq fois.
Je voulais vous dire que j'ai été touché par la grâce à l'approche de la Semana Santa et je viens de poster 11 syndromes sur la discussion, dont certains avec beaucoup de retard, plus d'un an parfois... j'ai honte, mais j’assume... Demain, j'enverrai ceux des messages privés, qui sont au nombre d'une quinzaine
Ceux qui ne recevront rien à la date de mercredi devront savoir que je n'ai pas d'adresse mail exacte, comme toi l'ami Rouletaboss qui m'a envoyé un fabuleux «m[at]il:fabiuan[at]live.fr».
Tu fais fort, tu m'as mis deux arobas et un deux-points

On va faire un peu de cocoriquisme pour changer un peu des vicissitudes du Paraguay. Il y a un point sur lequel la France est très forte : piquer du fric. Vous allez me dire que c'est aussi le cas au Paraguay avec les ripous de la policia caminera, mais, p'tui, ce sont des amateurs. La France fait beaucoup mieux. Par exemple se servir sur mon compte bancaire et ce sans préavis pour empocher une "taxe foncière" que je n'avais pas à payer (plus de 1.000 EUR). Grosse gueulante qui leur a fait rendre gorge mais ils ont perturbé mon compte, provoqué des impayés, etc. Et ils viennent de remettre ça avec la taxe d'habitation (1.000 EUR itou) alors que je suis à la fois trop vieux et trop pauvre pour en être redevable. A croire que je suis plus qualifié au niveau fiscalo-juridique qu'eux. Aucune réaction à ma gueulante de protestation, ,ils se sont contenter de m'envoyer une "lettre de relance" avec majoration de 10 %. J'ai mis tout ça dans les pattes de mon avocat en lui rappelant que racket et extorsion de fonds est un délit pénal.
Les expatriés, même s'ils s'enquiquinent avec les administrations exotiques (à ce sujet c'est fou comme les anciennes dictatures anticommunistes raffolent de la bureaucratie soviétique) ne connaissent pas leur bonheur.

Bon, les gars;  JC et William;

Je suis en Argentine depuis 2011 ... Ici tout ne marche pas aussi bien que ça... ok ! On arrive quand même à vivre, avec de la débrouille ... Mais bordel à c.l  !!!!  mais que faites vous encore dans ce pays pourri ??? Willy, tu dis devoir des impôts locaux en France ? ça veut dire que tu as un point de chute en la Merdepatrie ? Et toi JC, est ce que ton croco triste est  t'il  bien le reflet de " vos, estas enclavado" (muy argentino) en este lugar del mundo ? ... Dites -nous POURQUOI  vous ne considérez pas, vous deux, la possibilité de vous sortir de ce ...marasme ...??
J'aimerai converser avec vous en MP.
Cordialmente,
Philippe

Salut Philippe,
Je réponds à une question similaire dans le syndrome, donc je t'en livre l'extrait
Dans le syndrome la question qu'on m'avait posée était :Si ce pays est si catastrophique, pourquoi t’y installer ?

- Parce-que depuis que je vis ici ma tension est passée de 16/17 à 12 sans traitement !
- Parce que le Paraguay est un pays à vivre, pas à visiter. Et si possible à y vivre en autarcie.
- Parce que le climat est presque idéal. Toute l'année de 6 à 12° de plus qu'à Buenos Aires ou Montevideo.
- Parce que les Paraguayens sont des gens attachants malgré tous leurs défauts, à condition de ne pas avoir d’autre rapport avec eux que des conversations banales, surtout ne jamais avoir avec eux de rapports d’argent, mettre tout sous clé - même les choses sans valeur - et ne pas laisser trainer ses chaussures devant sa porte le soir si on ne veut pas marcher pieds nus le lendemain. D’ailleurs fais gaffe, y’en a un qui est en train de fouiller dans ta poche !
- Parce que le Paraguay était un pays encore dans mes moyens. Je dis était, car ça l'est beaucoup moins aujourd'hui...
- Parce que le Paraguay est un pays attachant dans lequel on vit vraiment à la façon du Far West 1860, si ce n’est que les signaux de fumées sont remplacés par le dernier portable Nokia et les chevaux par des  4X4 !
- Parce que certes il y a d'autres pays, mais il faut bien se poser quelque part. C’est loin d’être parfait, mais quel pays l’est ? J’ai choisi, et je me sens bien surtout depuis que je parle aux murs et qu’ils me répondent en silence, je me sens moins enlisé dans ma solitude culturelle.  Comme quoi, à défaut de pouvoir encore parler, les murs ont des oreilles  !
- Parce que finalement il y a peu de pays qui offrent encore les possibilités qu'offre le Paraguay, même si celles-ci se réduisent d'année en année, mais il ne faut pas être alarmiste non plus sur ce plan. Il y a encore tout à faire, ça coûtera juste un peu plus cher qu'avant et restera sans comparaison avec les prix de chez nous.
- Parce que le gros point positif du pays est que quasiment tout ce qui existe est bâtard . Ca fonctionne certes, mais tout fonctionne très mal ...  Déjà il n'y a pas de professionnels, rien n'est vraiment bon ou bien fait. Le mot qualité ne fait pas partie du langage paraguayen.... donc tout reste à faire !

Enfin, et le plus important, j’ai trouvé ici ce que je suis venu y chercher : Un pays « brut de sciage », sans boite aux lettres ni courrier,  qui vit à l’heure du Far West comme je viens de le dire, sans les mille et une interdictions qui nous pourrissent la vie en France où tout est règlementé, tout est sujet à interdiction-punition-contravention. J'ai choisi de vivre une vie de Western, elle me convient et je m'y sens bien, même si j'ai parfois, et comme tout le monde, de sérieux moments de doute...  Mais qui n’en a pas, qui ne s’interroge pas sur sa vie, même dans son propre pays ?
Donc, 10 bonnes raisons de s'installer ici,! Ca te suffit ou je t'en rajoute quelques-unes ?

Non, j'ai tout liquidé en France, payé mes impôts, etc. L'ennui c'est que ces margoulins veulent me faire payer des taxes que je n'ai pas à payer. S'expliqueront avec mon avocat. La France c'est fini pour moi. D'ailleurs c'est impossible d'y vivre si on n'est pas pété de tunes car du travail il n'y en a pas, surtout pour ceux qui ont plus de 40 ans. Donc comme SDF ça ne me branche pas...
Au moins en Amérique du sud on peut trouver à louer pour pas cher, les impôts locaux sont très légers. Ceux qui veulent leur bicoque à eux peuvent acheter un terrain pas cher et y construire ce qu'ils veulent.

Je ne pige pas le "romantisme" de Jean-Claude envers le Paraguay. Non seulement c'est un pays géographiquement sans intérêt où il n'y a aucun espace public libre (les paraguayens sont répartis sur leur territoire comme des cellules épithéliales) rien à voir, rien à se promener. Même si je vis en solitaire intégral, je désire avoir un environnement naturel digne de ce nom. Ici tout est clôturé, barbelifié et les rares petits coins natures sont inaccessibles.

Les paraguayens s'en accommodent car ils n'ont aucune curiosité, aucun désir de se promener, même quand ils sont en congé (Rien à voir avec les argentins !). N'allez pas croire que leurs maisons, du coup, sont hyper soignées, bien au contraire ! Elles sont sales, mal conçues, les toits fuient toujours ainsi que les portes et les fenêtres car elles n'ont pas une véritable structure de fenêtres et l'eau de pluie ruisselle à l'intérieur et pourrit tout. De plus un paraguayen ne fait rien de ses dix doigts il sous-traite tout alors que, au contraire, c'est un pays où on ne peut prêter aucune confiance à un artisan car le résultat est désastreux et qu'il faut tout faire soi-même. Et si je rampe, malgré mes vertèbres rhumatisantes, sous ma camioneta pour changer l'huile moteur, ce n'est pas pour économiser trois sous si je le faisais faire, c'est que je n'ai aucune confiance dans ce qu'ils seraient capables de mettre dans le carter. Les maçons d'ici sont incapables de calculer une pente et de faire un béton armé élémentaire. Un tableau de fenêtre se fait ici en clouant quatre planches et en empilant des briques par dessus. Les fondations sont juste des pierres posées sur un fond sableux. Donc tout se fissure très vite. Et si la viande est correcte dans les supermarchés les fruits et les légumes sont un désastre. Mais les paraguayens qui disposent tous de terrain autour de leur maison n'ont pas idée d'y faire un jardin potager comme cela se voit dans les jardins français même s'ils sont petits dans les banlieues. Leur mode de vie est de glander pratiquement toute la journée en suçant leur téréré qui fonctionne comme une drogue. Je ne suis pourtant pas un forcené du travail et n'ai pas réédité pour rien "le droit à la paresse" de Paul Lafargue, mais cette oisiveté est débilitante à tous les niveaux.

Bon ma tension je la traite comme il faut et le résultat est aussi bon qu'en France même si ici je dois payer les médicaments de ma poche. Affaire de goûts mais moi vivre comme un paraguayen qui ne sort jamais de chez lui, très peu pour moi. Je constate d'ailleurs que les européens qui restent trop longtemps au Paraguay dégénèrent, perdent la curiosité, la sociabilité (je ne connais aucun français au Paraguay, je ne les recherche pas spécialement mais je ne les rejette pas non plus) n'ont plus envie de voyager et certains finissent comme de véritables épaves vu qu'il n'y a rien à faire ici professionnellement parlant. Donc je ne vois vraiment pas ce qu'il y a "d'attachant" dans ces gens. Je les échangerais bien volontiers contre les africains que j'ai connu dans les brousses en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso et au Sénégal. Eux au moins étaient aimables, accueillants, curieux et ayant le sens de l'amitié. Il y avait toujours un essaim de bambins réjouis autour de nous alors qu'ici les mères interdisent à leurs enfants de parler à un gringo.

"Les voyages donnent une très grande étendue à l'esprit : on sort du cercle des préjugés de son pays, et l'on n'est guère propre à se charger de ceux des étrangers." Montesquieu

Le mot de la fin sera philosophique : Alors que je bivouaquais à la Cala Victor (au N du Chili, juste avant Arica), un chilien, qui s'ennuyait tout seul est venu me parler avec ce genre de curiosité, envie de bavarder, que j'ai connu au Maroc, mais absolument pas au Paraguay. Expliquant ma vie actuelle il se mit à me citer "la parole de Dieu" quitte à faire grincer des dents et sauter trois plombages à l'athée que je suis. Mais la dite parole était qu'il n'était pas bon de vivre seul. Ce n'était pas l'apologie du petit couple hétéro reproduit, non, seulement de ne pas vivre seul car cela n'était pas bon, pragmatiquement, pour sa vie. Je dis à ce brave homme que, pour une fois, j'étais d'accord avec "la parole de Dieu". De retour à mon camp de base paraguayen je recherchai les sources de cette parole et les trouvai dans l' Ecclésiaste.
" ... Deux valent mieux qu'un : car ils retireront un bon profit de leur labeur.
10. S'ils tombent, l'un peut relever son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul ; s'il tombe, il n'a pas de second pour le relever.
11 De même, si deux sont couchés ensemble, ils ont chaud ; mais celui qui est seul, comment aurait-il chaud ?
12. Et si un assaillant l'emporte sur un seul, deux lui tiendront tête. Le cordon triple ne se rompt pas de sitôt". (Ecclésiaste, chap. IV)

Vous comprendrez alors, braves gens qui faites l'effort de me lire, que je n'ai pas encore, malgré mes 67 ans, atteint le stade du petit vieux qui ne sort plus de son trou (fut-il confortable comme un trou de hobbit) et le ghetto, très peu pour moi. Et si j'ai fait l'erreur de me fourvoyer, avec l'excuse de l'ignorance, dans un pays humainement pas intéressant je ne vais pas persister dans l'erreur comme certains.

L´état d´esprit du candidat à l´expatriation est bcp important.
Soit on choisi un endroit en consonnace avec nos valeur et désire, soit on risque de transmettre une image de fuyard et amére de notre maire patrie, mais aussi du nouveau local de vie !

Paul Delahoutre publie sur http://www.retraite-etranger.fr/ , un texte - "Vivre avec les Locaux : motivant… ou terrifiant ?" à lire, bien que dautres textes intéressante sur sa newsletter - http://www.retraite-etranger.fr/c/archives-newsletter
versant aussi sur l´Expat retraité versus l´expat entrepeneur ( qui doit travailler sur place pour y vivre) etc.

Au moins en Amérique du sud on peut trouver à louer pour pas cher, les impôts locaux sont très légers. Ceux qui veulent leur bicoque à eux peuvent acheter un terrain pas cher et y construire ce qu'ils veulent.

Europe trops de "régulation", amérique du Sud " aucun frein" est une image trops cliver.

De toute façon pour ceux qui soufre de l ´eloignement, vous pouvez toujours reçevoir la télé francaise par internet avec ce type de equipement - http://www.leboncoin.fr/informatique/76 … tm?ca=12_s pour adoucir vous séjours.

Suite pour Philippe,
Je suis par ailleurs dans la même situation que William sur certains points Et puis il faut bien  se poser quelque part. Je n'ai plus rien en France et j'ai investi mes quelques sous ici dans une activité qui commence à démarrer et qui aura demandé beaucoup de sacrifices et de pugnacité, ce n'est certainement pas au moment où je dois récolter les quelques fruits de 4 ans de travail que je vais abandonner. Il faut au moins 3 ans pour qu’une activité commence à équilibrer ses comptes au Paraguay, il faut donc pouvoir tenir 3 ans financièrement.
Et puis pour aller ou ? Le pays parfait ou est-il ? Si tu le connais, tu as bien de la veine... J’ai choisi ce pays sur un commentaire du guide du routard qui m’a interpellé « Le Paraguay, c’est une atmosphère, une douceur de vivre que sauront apprécier les routards au long cours. Pour l’instant, seuls quelques initiés le connaissent, mais ils hésitent à dévoiler leur secret de peur que le tourisme vienne transformer ce pays oublié, qui connut son heure de gloire au XIXe siècle. Le Paraguay offre surtout aux routards l’impression troublante de (re)découvrir le Nouveau Monde. »
Après 5 ans passés ici, le commentaire reste toujours d’actualité. Il n’y a pas ou peu de tourisme, et c’est bien normal, car il n’y a rien à voir, ou si peu...
Quand on décide de s’expatrier, il faut savoir ce qu’on fait et ne pas s’imaginer qu’on va arriver au pays des bisounours. Chacun de nous part avec des espérence, des attentes souvent très différentes, et chacun essaye de s’accomoder de la face cachée et souvent décevante du pays d’accueil qui se cache toujours derrière l’exitation du grand départ, ceci même pour les gens comme moi qui partent parfaitement préparés psychologiquement. Je sais par mes amis et ma famille que j’ai la chance d’avoir une force et une pugnacité peu commune, ce qui n’est pas le cas de tout le monde puisque l’ancien Consul de France m’a dit le jour de l’inauguration que j’étais le seul Francais à terminer un projet d’envergure (en tant que particulier, entendons-nous) sans repartir plumé la queue entre les jambes dans les deux ans qui suivent, souvent rapatriés par l’ambassade.
Je sais aussi que si j’avais eu la chance de tomber sur un document comme « le syndrome paraguayen » que j’ai écrit, je n’aurais jamais perdu bêtement par méconnaissance du pays et des hommes quasiment de 40% de mon capital.
Il ne faut pas se tromper de colère : même si je suis lucide dans mes écris, et parfois très dur pour certains, je n’ai pas fait ce travail pour vomir ma haine sur un pays et des gens que je ne déteste pas. Je l’ai fait uniquement pour que ceux qui veulent venir ici ne tombent pas dans les pièges qui m’ont été tendus, sans aucune arrière pensée.
Le principal est que pour l’instant je n’ai aucune envie de retouner vivre en France, même si j’adore mon pays. Ma vie est ici maintenant !

Je partage, globalement, le point de vue de Jean-Claude à ceci près que je ne trouve nullement les paraguayens "attachants". D'autant que l'un d'eux, un jeune de 17 ans qui bossait dans mon jardin et, profitant qu'il était dans la place pour tout me voler, s'est fait jeter de ma maison et... m'a dénoncé à la justice pourrie de ce charmant pays qui ne raisonne qu'en inquisition, au sens de Nicolas Eymerich, à savoir que seules les dénonciations comptent, les réfutations d'icelles ne sont pas recevables car il n'existe pas de droit de la défense et, a fortiori, de présomption d'innocence. Cela m'a valu un mois et demi de prison (tiens, pour Jean-Claude qui aime tant "l'exotisme" du Paraguay je lui suggère de faire un peu de tourisme pénitentiaire à Tacumbú...). Anecdote qui n'a rien d'exceptionnelle et qui n'est pas réservée aux seuls gringos. Bien sûr l'ambassade de France n'a pas levé le petit doigt pour demander des explications sur ces accusations fantaisistes me concernant, seuls les étatsuniens ont une diplomatie qui les défend. Et encore mes (rares) amis paraguayens (si ! j'en ai) trouvent que je m'en suis pas trop mal tiré.

Mais ce n'est pas cela qui m'a incité à ne pas poursuivre au Paraguay. Juste avant de me faire arrêter (et un jeune ami français à eu la chance d'être parti à Buenos Aires une semaine avant car il aurait été dans la charrette lui aussi, car c'est un grave délit ici de ne pas accepter de se faire voler, en l'occurrence dans son portefeuille à lui) j'avais décidé de vendre ma maison. Un an m'avait suffit pour observer et comprendre la mentalité de ce pays.

Car si certains expats se complaisent à rester enfermés chez eux il y a quand même des pays plus intéressants géographiquement pour y vivre (j'ai des échos favorables du Cambodge moins cher et moins pourri que la Thaïlande). Toutefois dans mon cas il y avait une nécessité économique qu'il est impossible à mener dans le SE asiatique car tout est verrouillé pour ne pas léser les locaux. J'ai donc cherché dans quel secteur d'activité et, compte tenu de mes moyens, je pouvais développer quelque chose.

Il y avait l'importation de tout ce qui manque comme produits basiques. Mais là on entre dans l'import-export, donc la douane, l'administration et le Paraguay est placé au niveau peu enviable 150 dans l'indice de corruption. Rétropédalage ! D'autant que si les géants de la distribution (dont les supermarchés français) présents en Argentine, au Brésil et au Chili sont inexistants au Paraguay, malgré sa monnaie stable, c'est qu'il doit bien y avoir une bonne raison.

J'ai pensé faire plus petit en services. En rénovation bâtiment car ici l'habitat est désastreux. Mais outre d'insurmontables problèmes d'acquisition de composants  et d'outils indispensables il aurait fallu que je travaille avec des paraguayens et je n'ai pas le masochisme de Jean-Claude. Car ici c'est simple : on ne peut rien dire aux adultes et leur apprendre à faire un meilleur travail que ce qu'ils font car on est un "gringo de mierda" et, avec les plus jeunes, c'est encore plus simple : ça ne les intéresse pas de travailler (voler, par contre et dénoncer après...). Un voisin paraguayen était catégorique : "un gringo ne peut absolument pas travailler avec un paraguayen". Un exemple qu'il me donnait, certes limite, mais significatif : sur un chantier l'allemand qui le dirigeait pousse une gueulante sur le rienfoutrisme de ses ouvriers et leur dit que la pose téréré c'est 15 minutes et non deux heures. L'un d'eux à sorti un revolver de son sac et a tué l'allemand.

Les allemands et les anglais (mais je ne sais pas si ces derniers sont bien nombreux au Paraguay) vivent en entités économiques fermées sur elles même et en ghetto de vie. Les français, à mon avis, sont meilleurs au sens où, dans un autre pays que le leur, ils aiment bien vivre avec la population locale sans renoncer à leur culture pour autant. Encore faut-il que les dits locaux soient accueillants, curieux et ayant un sens humain de copinage-amitié pour certains. Je ne parlerais pas de "niveau culturel" car, dans mon vécu, si j'échangerais volontiers deux barils de paraguayens contre un baril d'africains (tout au moins ceux de l'époque où j'étais avec eux) le niveau culturel des africains était presque nul mais il y avait une avidité à apprendre des choses, à connaître des histoires. Je me souviens de bambins qui étaient toujours fourrés avec nous et dont on n'a même jamais vu les parents. Impensable au Paraguay où les mères interdisent à leurs enfants d'adresser la parole à un étranger.

Donc, même en expatriés économiques comment voulez-vous espérer monter une activité si vous n'avez pas de bons contacts avec la population locale où vous trouverez vos collaborateurs ? "La question centrale c'est l'homme !" affirmait avec raison le pourtant peu recommandable Joseph Staline.

Pour ma part, et à la lumière de mon expérience, je vais plutôt utiliser une tactique plus naturelle et humaine : vadrouiller le nez au vent dans des coins d'Amérique du sud qui m'intéressent et je verrais si il y a un coin qui me parait valable et ce à tous les points de vue (géographique, humain et économique). Ce que j'aurais du faire en premier, et Jean-Claude aussi. Certes ça nécessite un peu de moyens financiers pour ce tourisme appliqué, mais moins que de le perdre, bêtement, ainsi que son temps, dans un pays comme le Paraguay.

William, le Paraguay a quand même de bons cotés, écoute cette histoire :
J'avais besoin d'acheter 250 m2 de géotextile pour faire mon aire de pierres plates et gazon entre l'escalier du patio et la haie de palmiers.Comme le géotextile est inconnu ici, je voulais acheter de la « media sombra » qui sert à protéger les cultures du soleil.  Pour ça j’entre dans une quincaillerie à l’entrée de LUQUE, quatre protagonistes sont dans la boutique : Le proprio, sa femme, son beau-père et le vendeur de comptoir, et je les connais tous très bien.
Je vais reconstituer à peu près le dialogue dans ses grandes lignes, sur les trucs qui m'ont marqué...Le beau-père (60 ans) m'emmène dehors pour me montrer un rouleau.
Moi : Combien ça coûte ton rouleau complet et quelle surface il couvre ?
Lui : Ca coûte 8000 guaranis le mètre.
Moi : Le mètre quoi ? Linéaire, carré ?
Lui : Le mètre linéaire !
Moi : Quelle est la longueur de ton rouleau ?
Lui : 50 m
Moi : Et sur quelle largeur ?
Lui : 2  mètres ou 4 mètres !
Moi : OK, tes 8000 guaranis le mètre linéaire, c'est pour 2 ou 4 m de large ?
Lui : Pour 2 m, en 4 m de large c'est 16.000 guaranis
Moi : Donc que je prenne 2 ou 4 m de large, l'ensemble va me coûter 4000 x 250 m2  =  1.000.000
Lui : Non !
Moi : Pourquoi non ?
Lui : Parce que ça ne se vend pas au mètre carré, mais au mètre linéaire !
Moi : Le patron se tourne vers moi
Laisse tomber, mon père n'y comprend rien ...
Je me tourne vers le rejeton :
Moi : Pouf pouf, je recommence : Tu me vends 1 mètre linéaire d'un truc qui fait 2 mètres dans l'autre sens. J'ai bien 2 m2  pour 8000 guaranis, ça fait donc bien 4000 guaranis le m2. et pour 250 m2, 1.000.000
Lui : Non, on ne peut pas calculer de cette manière, tu n'as pas le droit !
Moi : Pourquoi ?
Lui : Parce qu'on vend au mètre linéaire, tu n'as pas le droit de calculer au mètre carré !   (ah ben c'est pas d'jeu alors !)
Moi : Pouf pouf, on va faire simple , je vais t'acheter de suite un rouleau complet en 4 mètres de large, je verrai après, ça me fera déjà 200 m2
Lui : Comment tu sais ça ?
Moi : Quoi ?
Lui : Comment tu peux savoir que le rouleau fait 200 m2 ?
Moi : 50 m x 4m = 200 m2
Chérie (il appelle sa femme), passe-moi la calculette !
Elle : Qu’est ce que tu veux calculer ?
Lui : (il se trouve tout con) Le prix du rouleau !
Moi : Pas la peine,  ça fait 800.000 guaranis !
Lui : Comment tu fais ça ?
Moi : 200 m2 à 4000 guaranis= 800.000 guaranis !
Sa femme s'en mêle :
Attends, moi je veux calculer le prix du rouleau  à ma manière, et comme j'ai l'habitude de faire ! (dit-elle avec un mouvement des yeux qui veut dire : toi mon pote t'es en train d'nous embrouiller, mais avec moi ça va pas l'faire !)
Elle sort une calculette plus grosse qu'elle, et tape « 50 m x 16.000 le mètre linéaire = 800.000 »  Stupéfaite, bouche bée, K.O debout, elle se tourne vers les autres :
Incroyable, ça fait 800.000, mais comment il fait ?
Ils  se tournent tous les quatre vers moi :
Eux quatre : Mais comment tu fais, et sans calculette ?
Moi : J’ai été ordinateur dans une autre vie !
Je n'ai pas dit ce que j'avais envie d'ajouter : nous, on va à l'école, dans une vraie école, où il y a de vrais profs, tout ça !
Je fais mon chèque (150€ quand même) je le donne à  la patronne, et je sors pour charger... Arrive le père, qui me dit :
Excuse-moi, mais on ne va pas pouvoir vous donner le rouleau, seulement après demain le temps qu'on en fasse venir un autre.
Moi : Pourquoi ?
Lui : Il n'est pas complet, car on en a vendu pas mal !
Moi, histoire de me moquer un peu : Combien il manque en m2, à peu près ?
Lui : Je ne me rappelle plus combien il reste de mètres linéaires. Il faudrait tout dévider pour mesurer  !

Ah oui des comme ça j'en connais plein (on raconte dans expatblog nos petites histoires car ce matin il fait un temps pourri et j'hésite à aller chercher mon pain).

- J'achète un compresseur chez Petersen (considéré comme LE fournisseur professionnel en outillage). Et, puisqu'il n'est pas fourni avec, j'achète aussi le tuyau qui va bien. Arrivé athome je m'aperçois que les raccords du tuyau sont incompatibles avec le compresseur. Obligé de faire 50 km aller et retour pour rapporter la chose à un vendeur qui s'en fout royalement et n'a pas un mot d'excuse. "Mais oui William", m'expliquent patiemment mes amis paraguayens, "quand tu achètes quelque chose il faut tout déballer dans la boutique pour voir si ça va bien". Je dois dire que les vendeurs consciencieux sont les premiers à le faire. J'ai acheté un micro ondes à Casa Paraná. Le vendeur l'a déballé, testé avec un verre d'eau et réemballé. Là chapeau !

- J'achète chez le concessionnaire Isuzu une jante pour me servir de deuxième roue de secours (recommandé quand on va dans des coins paumés en Argentine ou au Chili). Le magasinier me la vend sans aucune question. Arrivé chez le monteur de pneus celui-ci déclare "Mais ça ne va pas ! C'est une jante 15" alors qu'il faut 16" !". Les jantes 15" étant utilisées par les anciens pickup à moteur 2,5 l alors que les modernes avec moteur de 3 l sont équipés en 16". Le vendeur n'a pas eu l'idée de me demander "C'est quoi votre moteur ?". Et c'était chez le concessionnaire (Automotor qu'il s'appelle) au service des pièces détachées sensé être tenu par des pros.

Et pour finir le niveau scolaire. Dans ces écoles ils perdurent jusqu'à 18 ans. A l'un d'eux de 19 ans je pose le petit problème concret suivant : entre deux murs, l'un de 3,50 m et l'autre de 4,50 m et distants de 4 m quel va être la longueur intérieure du tirant posé entre ces deux murs ? Un élève de 3e, normalement constitué, aura vite compris qu'il s'agit de faire un petit calcul basé sur le théorème de Pythagore. Sourire niais du questionné. Ce n'est pas Pythagore mais pitoyable. Plus vicelard je demande alors de calculer l'angle d'inclinaison de ce tirant. Sourire du même niveau. Je sors ma calculatrice marquée "Collège", ce que je lui fait remarquer et fait le petit calcul avec la touche arc-tangente. Questions diverses et élémentaires en chimie, sciences naturelles, physique, géographie. Rien ! Ils ne savent rien ! Une voisine me demandait même si j'allais rentrer en France avec ma camioneta ! Je lui ai répondu que Zuzu-la-Roja ne savait pas nager.

Au Paraguay, malgré que tout le pays est truffé de "escuelas basicas" qui doit être l'équivalent théorique de nos écoles communales, beaucoup sont illettrés et ne parlent même pas espagnol, juste le dialecte guarani pour leur vie courante.

Là aussi, pour les micro investisseurs que nous pouvons être, ce niveau éducatif tant désastreux est un frein pour faire quelque chose avec les paraguayens. Et, comme je le soulignais dans mon message précédent, il n'y a aucun moteur de curiosité et de désir d'apprendre comme avec mes petits africains. A 15 ans c'est foutu pour eux ! Les neurologues expliquent que si on n'a pas acquis le moteur intellectuel de la recherche de savoir avant la puberté ça sera pratiquement impossible plus tard d'acquérir des connaissances.

Mais l'essentiel, pour les dirigeants, n'est-il pas qu'ils aillent à l'église et votent pour le parti Colorado ?

Et bien ! Merci à vous Jean-Claude et Willy pour vos réponses édifiantes ...  vos points de vue somme toute différents sont formidablement intéressants pour les lecteurs (et le tout servi dans un français parfait) :top: . JC, ton histoire d'achat de toile est vraiment surréaliste !!  :dumbom: et je commence à saisir le fond du problème paraguayen ... Ici,en Argentine, les Paraguayens ont très mauvaise presse, effectivement dans l'idée qu'ils sont voleurs et paresseux, d'autant plus que "Argentine terre d'accueil " au bout de quelques temps de présence, leur attribue des "subsidios" non négligeables en rapport à leurs nuées de mioches, à tel point qu'ils préfèrent en grande majorité travailler ici au black, car être déclarés leur font sauter une grosse partie des aides ... Je sais de quoi je parle: ma belle-mère argentine très âgée  vient de décéder et on avait des personnes chez elle dans ce cas précis; Il va sans dire que malgré leurs années de black ça ne les a pas empêché de prendre un avocat pour réclamer une somme conséquente ... Ici, même au noir, un employé a TOUJOURS raison ! Et je ne parle même pas des tas de trucs qui ont disparu en huit ans de présence de ces "aides à la personne", dans l'appartement de ma belle-mère ...  :o 
Merci encore à vous deux !
Philippe

L'image qu'ont les Argentins des Paraguayens voleurs et paresseux est exagérée (je blague) : Comme le disait si bien Terrik dans un message précédent, détrousser un gringo est quelque chose dont on se vante auprès de ses amis et de sa famille. À un point tel que je connais un français marié à une Paraguayenne, qui se trouve actuellement avec un problème complètement insolite : ses deux enfants (mi-guarani, mi-français) volent simplement pour faire comme les autres, et par besoin ! Tu imagines un peu ? Il leur a demandé de ne plus voler, car c'est un délit, tout au moins en France. Les deux gamins (10 et 12 ans) lui ont répondu qu'au Paraguay, on n'était pas en France et que si c'est un délit en France ce n'est pas un délit ici puisque tout le monde le fait, même les parents de leurs copains... Trop fort, ces jeunes paraguayens... Le comble a été la réponse du professeur lorsqu'il a abordé le problème avec lui en lui disant que ça ne dérangeait profondément. Le prof lui a répondu « et où est le problème ? Ici c'est dans la coutume et tout le monde le fait, laissez donc votre enfant vivre sa vie tranquille »  Elle n'est pas bonne celle-là ?
Quand à la paresse, c’est simplement qu’ils n’aiment pas travailler, ça les fatigue, quoi de plus naturel ? Dès qu’ils travaillent 2h, il leur faut 4h de récupération à boire le téréré. En 3 jours de travail ( 3 fois 8 heures) il y a 16h de téréré et 8 h de travail réduit à cause de la chaleur. C’est ce qu’ils appellent les trois-huit !  Mais ne dramatisons pas la situation, il y en a certains qui sont plus résistants que les autres, donc qui se fatiguent moins. Le seul problème c'est que même ceux-là ne courent pas après le travail, et ce serait même plutôt le contraire ! Ce n'est pas de leur faute et c'est là où les Argentins ont tendance à exagérer, car le Paraguay, ne l'oublions pas, est le pays le plus chaud d'Amérique latine. Quelle tristesse quand je vois mes pauvres jardiniers complètement avachis sur le manche de leur râteau, avec la chaleur torride, en attendant 16h00 pour aller faire une partie de foot avec leurs voisins en plein soleil ! Tu vois comme les Argentins sont mauvaises langues ? Il faut être sacrément courageux pour faire un match de foot en plein soleil !
Quoi qu’il en soit, les Paraguayens sont chez eux et leur pays leur plait comme il est.
Ceux qui veulent vivre ici devront relativiser certains « détails de la vie » et penser que si le pays offrait les mêmes choses et les mêmes services qu'en France, nous aurions aussi les mêmes contraintes.
Dans ce cas, ce sera sans moi, je préfère m’accommoder des contraintes du pays !

... et c'est là où nous divergeons (un peu de polémique pour réveiller ce forum). Si retourner en France c'est exclu pour moi aussi pour un tas de raisons, je dois aussi ajouter que ce qui m'a incité à mettre 10.000 km entre l'amère patrie et moi n'est pas seulement économique. C'est que je n'avais aucun contact de copinage en France. C'était aussi mon "camp de base" où je vivais recroquevillé sur ma culture et ma connexion Internet (avec une Freebox à 21 Mbits/s alors qu'ici c'est un bête modem qui ne peut pas aller plus que 2,45 Mbits/s) entre deux grandes virées avec mon rafiot. Mais ce n'est pas la vie que je souhaite !!! Je veux bouger, voir des paysages, voir des gens et si j'avais un compagnon d'aventure ça me ferais bien plaisir. Celui qui dit que je suis bon pour la maison de retraite (que je n'aurais même pas les moyens de payer, de surcroît) se prend une cyber baffe dans la tronche. Je veux voir la Cordillère et ses volcans, la Patagonie et même l'Antarctique (même si les tarifs ne sont pas donnés). Il y a d'ailleurs une île que j'aimerais voir, une grande caldera, c'est Déception. Végéter au Paraguay c'est vieillir prématurément. Il y a un italien qui s'y traine depuis 12 ans, il a 5 ans de moins que moi et on lui donne 15 de plus. "Mourir cela n'est rien, Mourir, la belle affaire. Mais vieillir, oh, vieillir" chantait Maître Jacques (Brel).

Tu dis « Végéter au Paraguay c'est vieillir prématurément. »
Mais qu'est-ce que tu appelles végéter puisque tu vis de tes rentes ? A partir du moment où sors du système productif tu deviens forcément végétatif...
Et n'oublie pas que vieillir prématurément est en contradiction avec la maxime « on a l'âge de ses artères » comme disait mon boucher
Ton italien, il a une activité ? Parce que s'il ne fait rien de ses journées, il est normal qu'il se traine et qu'il devienne végétatif... Vois-tu quand on ne fait rien, la télé prend le cerveau en charge et on attrape le syndrome (encore un)  du « cerveau lent » pas mal non ?  Physiquement le cerveau devient mou, puis liquide. De l'air se forme dans la boite crânienne et l'humidité oxyde les neurones, le processus de dégénérescence végétative est alors entamé. Ce qui explique son état délabré !
Comme tu le sais, les Paraguayens sont à l'abri, car leur cerveau est toujours en ébullition. Ils ont tellement de choses à penser : Le foot, les femmes Bimbo aux seins énormes, l'asado de dimanche prochain, boire une bière avec la musique à fond, à leur prochain vol, et puis tous les jours la concentration sur la préparation et la dégustation du téréré. Ah, j’aime bien parler des distractions culturelles des Paraguayens, c’est mon sujet favori !

Je peux aussi raconter cette anecdote véridique également :
Je vois un quidam compter une à une des pêches rangées dans un cageot. D’un simple coup d’œil, je vois 5 rangées de 8 pêches chacune.
Pour abréger ses souffrances, je lui dis que son cageot contient 40 pêches.
Comment as-tu trouvé si vite, me demande-t-il, après avoir quand même continué son propre décompte pour vérifier.
Et bien ce quidam était mon sergent français, quand j’effectuais mon service militaire en France, il y a quelques années de cela.
Comme quoi, il faut relativiser.
Surtout quand on sait que près de la moitié de la population française est incapable de se repérer en visualisant un graphique orthonormé, que plus de 20% des français sont analphabètes fonctionnels, etc … (source un inspecteur académique de ma connaissance).

Toutes vos constatations sont vraies, puisque vécues, mais pour « tenter » de comprendre, il faut essayer de faire preuve d’un peu d’empathie vis-à-vis des paraguayens et de leur culture, comprendre n’étant pas « justifier » ni « excuser ».
Et ce que je décris ci-après ne sont que généralités, chaque paraguayen étant unique et différent d’un autre, comme tout être humain.

Tout d’abord un peu d’histoire (en survol).
Le Paraguay est la seule région en Amérique du sud où les espagnols et portugais n’ont pas effectué de génocides systématiques des populations indiennes. (Voir les jésuites et les missions à ce sujet).
Sitôt l’indépendance du pays, le premier président et dictateur (Rodriguez de Francia) s’est dépêché de replier le pays sur lui-même et d’imposer le guarani à sa population pour qu’elle puisse le moins possible communiquer à l’extérieur.
Par la suite, la guerre contre la triple alliance a donné lieu à un véritable génocide de la part des argentins et surtout des brésiliens. Tous les mâles de plus de 14 ans ont été systématiquement tués, les femmes violées, le pays pillé. (Sauf les indiens perdus dans les immenses forêts).
Même la Très Sainte Eglise Catholique a autorisé à ses fidèles dans les années qui suivirent la polygamie, pour repeupler le pays.

La résultante de la succession de ces évènements est que la culture indienne a été et est la culture dominante du Paraguay. Le seul pays, de tous les pays d’Amérique du Sud à ma connaissance, à être ainsi, hormis quelques régions andines.
Trivialement appelé guarani, le dialecte peut nous apprendre beaucoup de choses quant à la culture et vis-à-vis des comportements qui sont relevés dans ce fil de discussion.

La curiosité, les maths, l’envie d’apprendre...

Tout d’abord le système d’éducation est largement déficient et permet à lui seul d’expliquer beaucoup de choses. Récemment, les journaux se sont fait échos d’une « université » qui vendait les diplômes d’infirmière et de médecin, sachant que dans chaque branche (juridique, économique, professions manuelles, on va trouver le même genre d’arrangement).
Cependant, le guarani est un dialecte, uniquement oral (contrairement à une langue qui est aussi écrite), sa version écrite n’étant qu’un artifice développé par feux les jésuites.
Cette langue est uniquement descriptive et naturaliste.
Ainsi on va trouver plus d’une douzaine de noms différents pour décrire la lune selon son état (pleine, ascendante, descendante, brouillée, …) ou pour nommer un oiseau, qui aura un nom différent s’il est en vol, en train de couver, en train de chanter, etc…)
Mais ce dialecte ne peut pas décrire l’abstraction, base par exemple des mathématiques.
Forcément, les élèves paraguayens auront donc plus de difficultés que d’autres à comprendre tout ce qui relève de l’abstrait.
Par contre, la tradition étant essentiellement orale (difficile de faire écrire un paraguayen), ces élèves vont briller dans les matières qui font appel à la mémoire, et surtout à la mémoire auditive.

La paresse le travail le sens de l’effort

Le mot « travail » n’existe pas en guarani. Logique, dans une communauté chasseuse-cueilleuse, dans un environnement extrêmement riche en ressources végétales et animales, nul besoin de « travailler » pour se nourrir, et le climat ne demande pas davantage d’effort pour se protéger des intempéries.
Le mot « temps » au sens du temps qui passe n’existe pas non plus.
Demain n’existe pas Le futur n’existe pas. Seul aujourd’hui compte. (couplé à ce que le futur est également une abstraction et donc n’a pas de sens pour un paraguayen).
Donc si le paraguayen a un travail, c’est aujourd’hui uniquement pour répondre à ses besoins d’aujourd’hui. Il est très fréquent de ne plus voir un employé du jour au lendemain. Il devait avoir obtenu assez pour s’acheter la moto dont il rêvait, ou tout simplement suffisamment pour sa caisse de bières ou sa viande pour l’asado du samedi soir.
A propos du temps, il est à noter évidemment que tout rendez-vous relève du fantaisisme le plus absolu. Le dentiste ou le médecin par exemple, va débuter sa journée de consultation en contactant chacun des patients avec qui il a rendez-vous pour tenter de s’assurer qu’ils soient à peu près à l’heure. Un rendez-vous pris une semaine plus tôt est forcément oublié, puisque le futur n’existe pas.
A noter également que quasiment tous les dirigeants opérationnels (et non pas les propriétaires) d’entreprises importantes au Paraguay ne sont pas paraguayens.
Car diriger, gérer, c’est prévoir. Et qu’un paraguayen ne peut tout simplement pas se projeter dans l’avenir.

A suivre, …. (si ça mes réflexions vous intéressent bien sûr)

Je souscrit tout à fait aux analyses et descriptions de Terrik. D'ailleurs il met un point structuraliste sur le dialecte, modelant la pensée et donc la vision du monde. On retrouve exactement le même système de pensée en Afrique noire et la description de Terrik pourrait s'y appliquer parfaitement : le lendemain qui n'existe pas et, par généralité, le temps non plus. Ce qui limite les possibilités économiques car "times is money". Il apparaît de tout ça que cette vie est pauvre ne produisant rien intellectuellement parlant. Certains se réjouiront qu'ils ne sont pas "tombés dans le piège de la consommation spectaculaire marchande", je connais ce discours gauchiste et il est faux comme toute idéologie. Les paraguayens n'ont rien contre l'acquisition de la marchandise, ils ne veulent pas travailler pour pouvoir l'acheter, c'est tout et la nuance est importante, alors ils volent ou ils trafiquent. Jean-Claude montre à quel point le vol est une pratique culturelle indéboulonnable dans ce pays. Au point que ce n'est pas la loi qui s'impose sur les voleurs, mais les voleurs qui s'imposent sur la loi comme j'en ai fait l'expérience. Corriger cela est impossible. Autant expliquer à un renard de ne pas se servir dans le poulailler. Et encore ! Je pense que si vous apprivoisez un renard (voir la méthode du Petit Prince) et lui donnez ce qu'il désire manger, il me semble qu'il cessera alors de s'intéresser à votre poulailler. Mais un guarani, non ! Hébergez-le comme je l'ai fait avec mon jeune, donnez lui une rétribution correcte pour son travail de jardinier, il vous volera sans vergogne. Etant chez moi je me proposais de lui apprendre certaines choses qui auraient lui être utile professionnellement parlant, mais ça ne l'intéressait nullement.

En Afrique noire, c'était impossible ! Si vous gagnez l'amitié de quelqu'un qui travaille chez vous, en particulier un jeune auquel vous allez lui apprendre des choses, il est impensable qu'il vous vole. Alors que Maria-la-cafetière me racontait que, dans sa famille, ils devaient manger dans des assiettes moches, le beau service était sous clé, la mère expliquant que, s'ils s'en servaient, la bonne volerait tout. Et le vol n'est pas pratiqué ici avec ce qu'on pourrait appeler des bonnes manières façon Arsène Lupin, on agresse et on tue facilement au Paraguay pour voler, ne fut-ce qu'une broutille. Et c'est de plus en plus fréquent me disent mes amis paraguayens. Les candidats qui persistent à vouloir s'installer dans ce pays ne doivent pas le perdre de vue.

Renversant le dialogue de Diderot avec une marquise croyante et qui demandait au philosophe si un athée pouvait avoir une morale, je demandais à un ancien missionnaire comment ces gens aussi bigots pouvaient autant voler sans que cela leur pose de problème de conscience. Il me répondit que, bien au contraire, c'était parfaitement  compatible : Dieu leur envoyait une opportunité et ils seraient bien ingrats de ne pas en profiter. C'est que ces guaranis n'ont pas été élevés par des jésuites pour rien... "On peut succomber mais ne point faillir" explique Jean Ferrat dans "Une femme honnête".

Il y a aussi un pseudo discours économique gauchiste expliquant tout par la "pauvreté". Je m'inscris en faux contre ce discours, j'ai connu des pays beaucoup plus pauvres que le Paraguay (la moitié des véhicules qui circulent sont neufs, car, malgré leur flemme de travailler, ils ne manquent pas de pognon) où les gens n'étaient pas au niveau intellectuel et relationnel paraguayen.

Terrik avance aussi, et je suis bien d'accord avec lui, qu'une dégradation du savoir et du mode de vie relationnel se dégrade aussi en France et je dirais même dans tous les pays. Origine de cette dégénérescence à discuter. Le biologiste que je suis pense qu'il y a une dégradation neuronale globale due à toute sorte d'agents toxiques dans lesquels nous baignons, infirmant l'assertion de Nietzsche "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts". La différence est que si la France et les français partent de haut, les paraguayens eux, ne se sont jamais élevés.

écrivez-donc un livre, vous avez le style requis pour plaire aux gens. L'Uruguay m'est trop cher et devenu trop socialiste meem si les gens sont charmants, peut-etre que le Ghana ou la Cote d'Ivoire seraient un meilleur choix pour moi, vous voulez bien me donner plus d'informations ?

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